L'ÂGE DES AIGLES (FIRE & FURY NAPOLEONICS)

L'ÂGE DES AIGLES (FIRE & FURY NAPOLEONICS)

Royaume de Bavière


Organisation de l'armée

La Bavière, gouvernée par les Wittelsbach, avait traditionnellement pratiqué une politique diplomatique d'équilibre entre la France, l'Autriche et la Prusse. Au cours des guerres précédentes, elle s'était alliée alternativement à l'une de ces trois nations. Cependant, vers la fin du XVIIIe siècle, les relations avec l'Autriche s'étaient tendues à cause du projet de l'Autriche d'échanger ses possessions belges contre la Bavière. Pour éviter cela, la Bavière avait formé une alliance avec la France et la Prusse.

 

L'armée bavaroise avait subi des réformes importantes dans la dernière partie des années 1700. Celles-ci avaient été confiées au comte Rumford (un Américain). Les efforts pour reconstruire et moderniser l'armée se poursuivirent au début des années 1800 sous la direction de l'électeur Maximilien-Joseph. À cette époque, l'infanterie était modelée sur l'armée prussienne.

 

1805

La Bavière refuse de rejoindre la 3e Coalition contre la France, et, en fait, signe un traité secret d'alliance avec la France. À ce moment, ses forces disponibles étaient :

 

12 régiments d'infanterie

6 bataillons d'infanterie légère

 

2 régiments de dragons

4 régiments de chevau-légers

 

1 régiment d'artillerie

 

Infanterie

L'infanterie de ligne et les bataillons légers étaient identifiés à la fois par le nom de leur propriétaire et par leur numéro séquentiel.

 

 

Cavalerie

Chaque régiment comprenait 6 escadrons d'environ 100 hommes chacun, bien que l'effectif théorique ait été de 180. Pour la campagne de 1805 en l'occurrence, seulement 4 escadrons par régiment furent mobilisés, soit un effectif régimentaire de 400 hommes. Les 2 autres escadrons servaient de dépôt.

 

Artillerie

Le régiment d'artillerie était composé de 3 bataillons pour un total de 11 compagnies d'artillerie et 1 compagnie d'ouvriers, soit au total 1.837 hommes. Les calibres de campagne employés étaient le 12, le 6, le 4 et le 3 avec des obusiers de 7. Il n'y avait pas de batteries à cheval à cette époque. Pour la campagne contre l'Autriche, la Bavière engagea 4 batteries de campagne, chacune à 2 pièces de 12, 8 pièces de 6 et 2 obusiers. Quand Vienne fut occupée, la Bavière obtint 2 batteries à cheval autrichiennes qui furent rééquipées en batteries à pied de 6 pieces de 6. À la fin de 1805, un bataillon de transport fut créé, comprenant de 8 compagnies totalisait environ 1.000 hommes.

 

1806-1808

Avec le traité de Pressbourg, mettant fin à la guerre de la Troisième Coalition, la Bavière reçoit des territoires supplémentaires, y compris le Tyrol et le Vorarlberg, pris à l'Autriche. Cependant, la Bavière doit également céder Wurzburg et d'autres territoires du nord, pour créer le duché de Berg. Cela entraîne la perte des 11e et 12e régiments d'infanterie, ce dernier licencié pour mutinerie. La force des compagnies d'infanterie est augmentée à 185 hommes. La Bavière rejoint la Confédération du Rhin le 12 juillet 1806. En récompense de son adhésion au parti de Napoléon, Maximilien-Joseph est élevé au rang de roi.

  

En 1807, le 11e régiment d'infanterie est reformé, et un bataillon de chasseurs tyroliens est levé. Celui-ci reçoit le n°7, organisé en 5 compagnies, pour un effectif total de 888 hommes. Mais cet effectif théorique ne sera jamais atteint, en raison de l'impopularité de la Bavière au Tyrol. De plus, 2 corps de sécurité de montagne sont créés dans les régions alpines. Chacun contenait environ 1.000 chasseurs et 25 cavaliers. Une réserve de 6.000 hommes et 150 cavaliers est également organisée.

 

Un arrêté royal du 3 avril 1807 institue une garde nationale. Chaque cité et chaque ville doivent former des compagnies de 60 hommes. Quatre compagnies dont une désignée comme grenadiers forment un bataillon.

 

1809

Dans la perspective d'une reprise des hostilités avec l'Autriche, la Bavière devait faire face à deux problèmes :

a) défendre sa frontière avec l'Autriche et tenir jusqu'à l'arrivée du gros des forces françaises ;

b) défendre le Tyrol et y maintenir l'ordre, la province étant stratégiquement importante, et sur le point de se révolter contre la Bavière. En outre, le Tyrol contrôlait les communications avec l'Italie et menaçait le flanc d'une avance française en direction de la vallée du Danube.

 

La contribution de la Bavière à la Confédération du Rhin sera fixée à 30.000 hommes. En plus des garnisons, elle mettra en service 32.525 hommes en 34 bataillons, 26,5 escadrons et 13 batteries avec 78 pièces.

 

L'armée bavaroise consistait alors en :

 

13 régiments d'infanterie de ligne

6 bataillons d'infanterie légère (y compris les chasseurs tyroliens)

8 compagnies de garnison

 

2 régiments de dragons

4 régiments de chevau-légers

 

1 régiment d'artillerie

1 bataillon du train d'artillerie

 

Infanterie de ligne

Les hommes de la garde nationale furent triés pour fournir 6 (plus tard 12) bataillons de réserve, destinés à augmenter les effectifs des régiments d'infanterie de ligne. Chaque bataillon avait 4 compagnies de 135 hommes. Les bataillons de ligne et légers furent réorganisés comme décrit ci-dessous. Les régiments de ligne étaient numérotés de 1 à 14 (le numéro 12 vaquant) et les bataillons légers de 1 à 7.

 

 

Infanterie légère

Les bataillons légers étaient numérotés de 1 à 7, et étaient également connus sous le nom de leurs propriétaires. Quatre compagnies de fusiliers, une de grenadiers et une de Schutzen (élite) constituaient un bataillon de campagne. Pour la gestion administrative, une compagnie de dépôt était également considérée comme faisant partie du bataillon. L'effectif d'une compagnie était également de 150 hommes.

 

 

Cavalerie

Tous les régiments avaient quatre escadrons de campagne et deux escadrons de dépôt. L'effectif d'un escadron en campagne était d'environ 120 hommes.

 

Artillerie

Le régiment d'artillerie était divisé en 3 bataillons, chacun composé de :

 

1 batterie à cheval

2 batteries à pied

1 batterie de 12

 

Chaque batterie contenait 4 pieces de campagne et 2 obusiers, sauf celle de 12 qui disposait de 12 pièces. Un dépôt fut créé dans chaque bataillon.

 

Troupes auxiliaires

Au cours de la campagne, de nouvelles unités durent être levées, la situation dans le Tyrol se détériorant, et les unités de ligne envoyées loin à l'est. Ces nouvelles unités étaient :

 

1 bataillon de chasseurs volontaires (Freiwillige Jäger)

1 corps de fusiliers de montagne (équivalant à un bataillon), augmenté à 7.500 hommes par 3 bataillons supplémentaires

2 compagnies de pontonniers, chacune de 73 hommes.

 

Les Jäger et fusiliers de montagne étaient organisés comme l'infanterie légère.

 

1811-1812

En 1811, plusieurs changements eurent lieu dans l'armée.

 

Infanterie

Les 7e et 11e régiments d'infanterie furent dissous et un nouveau 14e régiment prit le numéro 13. La structure régimentaire était maintenant de 2 bataillons de campagne (chacun à 6 compagnies comme en 1809) et d'un dépôt de 4 compagnies. Les bataillons légers étaient également à 6 compagnies. L'effectif d'une compagnie était d'environ 150 hommes. Les chasseurs Tyroliens furent dissous. Enfin, 5 compagnies de garnison furent levées.

 

Cavalerie

Les 2 régiments de dragons furent convertis en chevau-legers, ce qui donna un total de 6 régiments. L'effectif régimentaire était de 1.068 hommes et 875 chevaux.

 

Artillerie

L'artillerie fut réformée en un Corps Royal d'Artillerie composé d'une brigade d'artillerie, d'un bataillon de transport et d'une compagnie d'ouvriers. La brigade d'artillerie comprenait 4 bataillons de 5 compagnies (1 à cheval et 4 à pied), 1 compagnie de réserve et 1 compagnie de sécurité (de 50 hommes) chargée de protéger les pièces.

 

1813

Après le désastre de Russie, la Bavière prit immédiatement des mesures pour reconstruire son armée.

 

Infanterie

Les dépôts et les 2e bataillons furent utilisés pour reconstruire les 1er bataillons des régiments de ligne. Les bataillons d'infanterie légère n'avaient plus que 3 compagnies, la première formée avec les meilleurs soldats survivants. La garde nationale fut rappelée pour constituter des bataillons à 4 compagnies de 165 hommes chacune.

 

Cavalerie

Les régiments n'avaient que 2 escadrons de 100 hommes chacun. Un nouveau régiment de cavalerie nationale (2 escadrons de 136 hommes) fut levé et renommé plus tard 7e chevau-légers.

 

Artillerie

Le régiment d'artillerie fut reconstitué à 20 compagnies, avec des hommes anciennement libérés des obligations militaires.

 

Changement d'alliance

Pendant l'armistice (du 4 juin au 20 juillet), le contingent bavarois quitta l'armée française, puisque la Bavière planifiait secrètement de changer de camp. Les Bavarois rentrèrent chez eux pour être remis en état. Un contingent autrichien les rejoignit. L'armée ne participera pas aux combats de la campagne de 1813, y compris Leipzig.

 

De nouveaux bataillons, de Landwehr cette fois, furent levés et incorporés dans les régiments de ligne. Ces bataillons comptaient 4 compagnies d'environ 120 hommes chacune.

 

L'artillerie fut une fois de plus réorganisée pour produire 4 batteries à cheval, 4 batteries à pied et 4 batteries de 12. En réserve, 2 batteries de 12, 1 batterie de 6 obusiers lourds et un train de pont.

 

En décembre, 3 nouvelles unités seront créées :

 

1 régiment de hussards (n°1)

1 régiment de chasseurs à cheval volontaires

1 régiment de uhlans à 8 escadrons de 125 hommes chacun.

 

À l'origine, les hussards et les chasseurs n'avaient chacun que 4 escadrons, mais furent augmentés plus tard à 6.

 

Enfin, un parc de siège sera formé comprenant 4 pièces de 24, 8 de 18, 12 de 12, 6 de 10, 4 de 7, 4 obusiers de 60 et 4 de 30.

 

1814

De nouvelles unités firent leur apparitions, mais aucune après l'abdication de Napoléon :

 

14e régiment d'infanterie de ligne

Régiment des grenadiers de la Garde royale

 

Le régiment des grenadiers fut organisé en 3 bataillons à 6 compagnies chacun, à partir des compagnies de grenadiers des régiments de ligne. Celles-ci seront remplacées dans les bataillons par une 5e compagnie de fusiliers.

 

Avec la récupération de Wurzbourg, le 12e régiment de ligne fut rétabli.

 

1815

De 1813 à 1815, l'organisation des unités de l'armée restera celle de 1809. Mais avec le retour de l'île d'Elbe et les 100 Jours, le risque d'être impliquée dans une nouvelle guerre amena la Bavière à mobiliser, mais l'opération ne sera pas achevée avant Waterloo. Néanmoins, de nouvelles unités avaient été formées :

 

1 régiment de ligne (n°15)

2 régiments de chasseurs à cheval

1 régiment de hussards (n°2)

1 régiment de cuirassiers

1 régiment de gardes du Corps (à cheval)

 

Tous les régiments de cavalerie étaient passés à 6 escadrons.

 


28/06/2018
0 Poster un commentaire