L'ÂGE DES AIGLES (FIRE & FURY NAPOLEONICS)

L'ÂGE DES AIGLES (FIRE & FURY NAPOLEONICS)

Armées nationales


Les bataillons de grenadiers dans la campagne de 1809

 

Source : Alfred Umhey, « Les grenadiers autrichiens, 1805-1815 », in TRADITION Magazine n° 191

 


12/06/2018
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Les échelons : de quoi s'agit-il ?

Les échelons, c'est-à-dire les unités dépendant de chaque officier d'un rang de commandement déterminé, composant les armées de cette période, étaient tous organisés selon des règlements semblables. C'est pourquoi les appellations de ces échelons étaient les mêmes. La question se posant souvent aux débutants et parfois même aux joueurs expérimentés, voici une tentative de définition générale de tous les échelons rencontrés pendant les guerres napoléoniennes. Nous évoquerons superficiellement les échelons inférieurs au régiment (bataillon et compagnie) qui n'ont aucune existence dans L'ÂGE DES AIGLES. Les règles de niveau tactique et sub-tactique en traitent généralement avec clarté et compétence.

 

LE RÉGIMENT

Placé au niveau intermédiaire de la chaîne de commandement, le régiment était généralement l'échelon de base des forces armées nationales, composé d'une seule arme : infanterie, cavalerie ou artillerie. Il était aussi l'entité administrative la plus adaptée à la gestion des hommes et du matériel. Le recrutement et les approvisionnements étaient géré par les régiments. Chaque régiment était par exemple en garnison dans une ville, laquelle était le point de destination de tous les conscrits qui avaient reçu leur feuille de route. C'est là qu'ils étaient formés et en temps de guerre, qu'ils attendaient de partir rejoindre leur régiment, formant en attendant un bataillon dit "de dépôt", réservoir de troupes destinées à combler les pertes de leur unité. Dans les régiments de cavalerie, c'est également là qu'étaient stationnés les chevaux de remonte, la remonte étant la réserve de bêtes formées au combat qui attendaient de rejoindre, exactement comme les hommes. Dans les régiments d'artillerie, c'est là qu'étaient stockées les pièces de rechange, les chevaux d'attelage et les personnels formés au service des canons. En campagne, le régiment d'artillerie n'avait pas d'utilité, sinon administrative, car les compagnies d'artillerie ou batteries, opèraient et étaient affectées individuellement un peu partout dans l'armée.

 

Le chef de corps du régiment était en général un colonel. Avant la Révolution française, et dans la plupart des armées monarchiques européennes, le régiment était acheté par un noble qui prenait le titre de colonel, et qui en qualité de propriétaire, avait la charge de son entretien. Celui-ci espèrait ainsi obtenir des faveurs du monarque. Ce système permettait aux monarchies de faire des économies importantes sur l'entretien des troupes. Le colonel-propriétaire ne paraissant pour ainsi dire jamais au régiment, le commandement étant délégué à un lieutenant-colonel, appointé par le colonel-propriétaire pour gérer et commander sur le terrain. Certains régiments étaient mieux entretenus que d'autres, les colonels-propriétaires et les colonels étant plus ou moins généreux avec leur bien, les économies, détournements et malversations étant monnaie courante.

 

En France, à partir de la Révolution, le système fut aboli. Les régiments, baptisés du nom révolutionnaire de "demi-brigade", étaient propriété de la Nation, qui en confiait la gestion à des commissaires des guerres, officiers publics et payeurs du Trésor, qui détennaient les fonds nécessaires, ou estimés nécessaires, à l'entretien des troupes. Napoléon aura toujours des démélés avec ces gens-là, généralement avares, corrompus, escrocs et truands de tout acabit, n'hésitant pas à détourner sans vergogne les fonds publics. Plus d'un y perdra sa tête pendant la Révolution, ou sera fusillé sous l'Empire. Malgré tout, le système perdurera au détriment des pauvres troupiers. Ce qui expliquera la réputation des soldats français : chapardeurs et voleurs, malheureux en guenilles et crevant de faim, réduits à vivre sur le pays. Napoléon fondera du reste le ravitaillement de ses troupes sur la débrouillardise bien connue du soldat français, à défaut de pourvoir compter sur un système logisitique à la hauteur. Partout où passeront les armées françaises, les campagnes seront vidées de tout ce qui ce mange, y compris la viande sur pieds.

 

Les régiments français portaient sous l'Ancien Régime le nom de leur propriétaire, exception faite des "petits vieux", régiments les plus anciens appartenant au roi et portant des noms de provinces (Picardie, Navarre, Champagne, etc). La Révolution leur attribuera des numéros. En Grande-Bretagne, les régiments portaient un numéro et un nom de comté ou de "parrain", généralement un membre de la famille royale ou affilié, parfois le nom du fondateur du régiment (les Anglais sont attachés à la tradition et ces régiments existent toujours). Partout ailleurs, le régiment portait le nom de son colonel et parfois un numéro, mais généralement il n'était pas utilisé. C'est nous aujourd'hui qui utilisons ces numéros plus ou moins officieux, afin d'identifier plus facilement les régiments qui changeaient assez fréquemment de propriétaire et donc de nom. C'était l'un des inconvénients de cette identification nominative. La Russie donnait à ses régiments des noms de villes ou de provinces, et à de rares exceptions des noms de personnes ou d'institutions.

 

LES RÉGIMENTS D'INFANTERIE

Le régiment était constitué de bataillons, en nombre très variable selon le pays et l'année, généralement de 1 à 6. Par exemple, en Grande-Bretagne le régiment ne comprenait en général que deux bataillons, parfois un seul voire même jusqu'à 8. En France on en comptera 3 à 5. Le régiment était commandé au combat par un colonel, un lieutenant-colonel voire un major. Son effectif variait de 500 à 1500 hommes. Les manuels tactiques étaient fondés sur le bataillon et non sur le régiment. C'était le bataillon qui était la pierre angulaire de la manoeuvre sur le champ de bataille.

 

Les bataillons étaient composés de 3 à 10 compagnies. La compagnie était placée sous les ordre d'un capitaine et comprenait de 50 à 200 hommes. La tactique de manoeuvre des compagnies reposait principalement sur les évolutions destinées à délivrer un feu de salve aussi efficace que possible. Les compagnies étaient à leur tour subdivisées en échelons plus petits qui sortent largement du cadre de cet article. Dans la plupart des armées, l'association de deux compagnies était fréquente sur le terrain et était appelée "division", à ne pas confondre avec la division échelon constitutif du corps d'armée.

 

LES RÉGIMENTS DE CAVALERIE

Les régiments de cavalerie étaient organisés en escadrons. Un régiment pouvait en compter 2 à 10, dont l'effectif variait de 60 à 200 cavaliers. L'escadron était l'échelon de manoeuvre tactique de la cavlerie. Le régiment était commandé au combat par un colonel, un lieutenant-colonel voire un major comme dans l'infanterie. L'escadron était normalement commandé par un major ou commandant, et se décomposait en pelotons, dont nous ne parlerons pas, mais qui étaient les équivalents des compagnies dans l'infanterie. Dans la cavalerie aussi, l'association de deux escadrons était fréquente sur le terrain et était appelée "division", comme dans l'infanterie.

 

LES RÉGIMENTS D'ARTILLERIE

Dans l'artillerie, l'unité de manoeuvre tactique était la batterie à pied ou à cheval, qui alignait entre 2 et 12 pièces, organisées pour emploi en sections de 2 à 4. La batterie était servie par une compagnie de canonniers et déplacée par une compagnie du Train d'artillerie. Cette dernière était formée des hommes les moins bien entraînés, les plus robustes, courageux et calmes. Le service du train était particulièrement pénible, la manoeuvre d'un attelage demandant de la force physique et un grand courage pour affronter, souvent à l'arrêt, le bombardement de l'artillerie ennemie, privilégiant les cibles imposantes qu'étaient les caissons de munitions, dont l'explosion causait évidemment de nombreuse victimes. Pendant le temps où la compagnie était mise en batterie pour tirer, les hommes du train se tenaient à l'arrière et souvent, aidaient au service des pièces. En temps de paix, la compagnie du train était réduite à son encadrement. La compagnie d'artillerie au contraire était maintenue à plein effectif. Le but de cette réduction drastique des effectifs était de faire des économies de maintenance. Mobilisée, la compagnie du train était formée de conscrits et affectée à une compagnie d'artillerie pour en assurer le transport. L'usage était courant de désigner l'ensemble batterie + compagnie de canonniers + compagnie du Train par le terme de "compagnie d'artillerie".

 

Au début des guerres de la Révolution, la plupart des armées européennes conservaient la pratique de distribuer des sections de 2 pièces dans les régiments d'infanterie pour augmenter leur puissance de feu. Ces canons régimentaires devaient être manoeuvrables à bras, raison pour laquelle leur calibre était de 3 ou 4 livres. Mais la pratique française d'emploi de l'artillerie en batteries entières pour les regrouper en masse aux points critiques, démontra l'inanité des canons régimentaires. En 1809, l'emploi de l'artillerie en batteries sera universelle. Ce qui n'empêchera pas Napoléon de réintroduire les canons régimentaires pour la campagne de Russie ! L'augmentation du nombre des pièces disponibles le permettait et cette dotation n'impacta en rien celle des corps d'armée.

 

Napoléon utilisa aussi l'artillerie en grandes masses, les "Grandes batteries", capables de délivrer une puissance de feu énorme sur un objectif limité, telle la Grande batterie de Senarmont à Friedland ou celle de Drouot à Waterloo.

 

LES ÉCHELONS SUPÉRIEURS

 

La brigade - La brigade, placée sous les ordres d'un général de brigade, était formée de 2 ou 3 régiments, en général de la même arme. Les brigades devant opérer indépendamment se voyaient dotées d'une batterie d'artillerie. Certaines armées comme la Suède, en raison d'une mission particulière ou de la faiblesse des effectifs engagés, constituaient parfois des brigades rassemblant les 3 armes. La plupart du temps, l'infanterie composait la majorité de l'effectif. Leur mission était en général la reconnaissance ou l'avant-garde, mais pouvait parfois être une opération à mener de façon autonome.

 

La division - Dans la plupart des armées la division, placée sous le commandement d'un général de division, était l'unité de manoeuvre opératique de base. C'est à son niveau que les joueurs de L'ÂGE DES AIGLES doivent penser et réaliser leur plan de bataille. Elle regroupait deux à 4 brigades, généralement de la même arme, appuyées par une batterie d'artillerie. Mais les divisions interarmes étaient monnaie courante.

 

Le corps d'armée - La France fut la première à créer des corps d'armée permanents. Ces grandes unités étaient l'échelon de manoeuvre stratégique ordinaire de Napoléon. Commandés par des maréchaux, les corps d'armées regroupaient 2 à 4 divisions, dont une de cavalerie et une réserve d'artillerie de plusieurs batteries de calibre différents et complémentaires et notamment de 12. Chaque division était accompagnée d'une de ces batteries selon son arme. D'autres armées ne procédaient pas de la même manière. Par exemple les Autrichiens et les Russes préféraient constituer des corps d'infanterie et des corps de cavalerie séparés. Le corps français était une armée miniature capable d'opérer et de combattre seule pendant 24 heures, temps généralement suffisant pour permettre l'arrivée des renforts. Avant l'institution du corps, les armées étaient constituée d'un assemblage de divisions, plus ou moins nombreuses selon la mission.

L'armée - L'armée éatit placée sous les ordres d'un maréchal et constituée de plusieurs corps. Contrairement à toutes les autres nations, la Russie utilisait l'armée comme un échelon opératique regroupant plusieurs corps, et plusieurs armées étaient regroupées sous le commandement d'un généralissime, à Borodino par exemple.

 

La légion - La légion était un échelon supérieur mais d'une structure hybride. Elle pouvait être constituée de très diverses manières, regroupant une ou plusieurs armes réparties en bataillons et/ou régiments. La plupart du temps elle était un groupement de bataillons, escadrons et batteries. Les légions étaient en général recrutées parmi des étrangers qui cherchaient à combattre un ennemi commun avec leur nation d'accueil. Ces légions d'étrangers, formées de volontaires extranationaux qui adhèraient aux principes de 1789 et voulaient combattre aux côtés de l’armée française ou, dans le cas des Polonais par exemple ou des Hanovriens, continuer la lutte contre les puissances qui se s'étaient partagées leur pays. Appararurent ainsi, les légions batave, helvétique, germanique, belge, liégeoise, polonaise, grecque, italique. Mais elles ne resteront pas toujours constituées de leurs nationaux. La légion irlandaise par exemple, constituée en 1803, sera renforcée par 1.800 Polonais en 1806, puis de prisonniers de guerre de nationalités diverses à partir de 1809. Autre exemple : en 1803, le royaume de Hanovre fut envahi par les troupes françaises. L’armée hanovrienne fut dissoute mais de nombreux hanovriens voulaient continuer la lutte contre Napoléon et émigrèrent en Angleterre. Ils furent regroupés en une Légion allemande du Roi (la King's German Legion ou K.G.L.). À sa création, elle comprenait quatre bataillons d’infanterie, deux régiments de dragons et cinq batteries d’artillerie. Ces effectifs continuèrent à augmenter par la suite jusqu'à atteindre leur maximum en 1812, avec 18.000 hommes répartis en deux régiments de dragons, trois de hussards, huit bataillons d'infanterie de ligne, deux d'infanterie légère et six batteries d'artillerie. La K.G.L. était une unité d'élite.

 

Les articles consacrés aux armées nationales reviendront sur le sujet et examineront en détail les structures et tactiques des différentes armes.

 


08/04/2018
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Organisation de l'armée

1805

L'armée électorale de Bavière alignait :

- 12 régiments d'infanterie de ligne à 2.671 hommes. Chaque régiment était composé de 2 bataillons de guerre à 1.000 hommes, et un bataillon de dépôt à 671 hommes. Chaque bataillon de guerre comprenait 5 compagnies de fusiliers et une compagnie de grenadiers à 155 hommes ;

- 6 bataillons d'infanterie légère à 1342 hommes. Chaque bataillon comprenait 4 compagnies de chasseurs à 250 hommes et une compagnie de dépôt à 342 hommes ;

- 2 régiments de dragons à 1.080 hommes. Chaque régiment était composé de 6 escadrons de guerre à 180 hommes ;

- 4 régiments de chevau-légers à 1.080 hommes. Chaque régiment était composé de 6 escadrons de guerre à 180 hommes ;

- un régiment d'artillerie à 1.837 hommes, composé de 3 bataillons totalisant 11 compagnies d'artillerie à pied et une compagnie d'ouvriers. Les pièces étaient des 12, 6, 4 et 3 livres mélangées dans les compagnies. Après la victoire sur l'Autriche, la Bavière obtiendra de quoi former 2 batteries supplémentaires équipées de pièces de 6 ;

- un bataillon de train levé fin 1805, composé de 8 compagnies pour un effectif théorique total de 1.000 hommes.

 

1806-1808

- un régiment d'infanterie de ligne supplémentaire est levé, identique aux autres ;

- un bataillon de chasseurs tyroliens est levé à 888 hommes, répartis en 5 compagnies de chasseurs à 177 hommes, jamais atteint en raison de l'impopularité de la Bavière dans sa province du Tyrol nouvellement annexée ;

- 2 corps de chasseurs de montagne à 1.025 hommes chacun, répartis en 5 compagnies de 200 hommes et un peloton de 25 cavaliers ;

- Une milice civique est levée en avril 1807, chaque ville devant lever des compagnies de 60 hommes. 4 compagnies dont une de grenadiers formaient un bataillon. La milice civique totalisera 37 bataillons, 19 compagnies de carabiniers, 18 escadrons et 5 compagnies d'artillerie.

 

1809

La Bavière devenue un royaume et membre de la Confédération du Rhin, devait contribuer à l'effort de guerre avec 30.000 hommes. Avec les garnisons, elle fournira en fin de compte 32.525 hommes en 34 bataillons, 26 escadrons et 13 batteries dotées de 78 pièces. L'ensemble était alors constitué par :

- 13 régiments d'infanterie de ligne à 2.436 hommes. Avec l'apport de 6 puis 12 bataillons de réserve tirés de la milice civique (chacun à 4 compagnies de 135 hommes), chaque régiment était composé de 2 bataillons de guerre à 900 hommes, et 2 compagnies de dépôt à 318 hommes. Chaque bataillon de guerre comprenait 4 compagnies de fusiliers, une compagnie de grenadiers et une compagnie de chasseurs 150 hommes ;

- 6 bataillons d'infanterie légère (y compris les chasseurs tyroliens) à 1224 hommes. Chaque bataillon comprenait 4 compagnies de chasseurs, une compagnie de carabiniers et une compagnie de tirailleurs à 250 hommes et une compagnie de dépôt à 342 hommes ;

- un bataillon de chasseurs volontaires à 4 compagnies de fusiliers, une compagnie de grenadiers et une compagnie de tirailleurs à 150 hommes ;

- 3 bataillons de chasseurs de montagne à 4 compagnies de fusiliers, une compagnie de grenadiers et une compagnie de tirailleurs à 416 hommes ;

- 8 compagnies de garnison ;

- 2 régiments de dragons à 720 hommes. Chaque régiment était composé de 4 escadrons de guerre et 2 escadrons de dépôt 120 hommes ;

- 4 régiments de chevau-légers à 720 hommes. Chaque régiment était composé de 4 escadrons de guerre et 2 escadrons de dépôt 120 hommes ;

- un régiment d'artillerie à 1.837 hommes, composé de 3 bataillons totalisant 5 batteries à pied, une batterie de 12 et une compagnie de dépôt. Chaque batterie était dotée de 4 canons et 2 obusiers ;

- un bataillon du train composé de 8 compagnies pour un effectif théorique total de 1.000 hommes ;

- 2 compagnies de pontoniers à 73 hommes.

 

1812

Quelques changements se produisent :

- Les 7e et 11e régiments d'infanterie de ligne sont licenciés et un nouveau régiment est levé qui prend le numéro 13 ;

- Le bataillon de chasseurs tyroliens est licencié ;

- 2 régiments de chevau-légers sont convertis en régiments de dragons portant leur nombre à 6. L'effectif théorique des 6 régiments augmente à 1.068 hommes et 875 chevaux chacun ;

- 5 compagnies de garnison nouvelles sont levées portant leur total à 13 ;

- Le régiment d'artillerie devient Corps d'artillerie royal à 1.837 hommes. Il est composé d'une brigade d'artillerie, du bataillon du train de composition inchangée et d'une compagnie d'ouvriers à 146 hommes. La brigade d'artillerie comprend 4 bataillons à 5 compagnies chacun (1 à cheval et 4 à pied), une compagnie de réserve et une compagnie à 50 hommes chargée de protèger les pièces.

 

1813

Au retour de Russie, l'armée bavaroise comme les autres, est en piteux état. Des mesures sont prises pour la reconstruire :

- Pour l'infanterie de ligne, les 2e bataillons et les bataillons de dépôt sont versés dans les régiments pour former leurs 1er bataillons ;

- Les bataillons d'infanterie légère sont réduits à 3 compagnies, les hommes d'élite étant versés dans les 1ères compagnies ;

- Le corps des chasseurs volontaires est porté à 3 bataillons de 4 compagnies de chasseurs, une compagnie de grenadiers-chasseurs et une compagnie de tirailleurs-chasseurs à 150 hommes ;

- Les régiments de cavalerie n'alignent que 200 hommes en 2 escadrons ;

- Un 7e régiment (national) de chevau-légers à 272 hommes en 2 escadrons est levé ;

- Un régiment de hussards à 500 hommes en 4 escadrons de 125 hommes, augmentés par la suite à 750 hommes en 6 escadrons est levé ;

- Un régiment de hussards volontaires d'abord à 625 hommes en 5 escadrons de 125 hommes, puis augmentés début 1814 à 1.000 hommes en 8 escadrons est levé ;

- Un régiment de uhlans à 500 hommes en 4 escadrons de 125 hommes est levé ;

- Le régiment d'artillerie est remonté à 20 compagnies en rappelant les hommes ayant terminé leur temps de service ;

- Un parc d'artillerie de siège rassemblant 4 pièces de 24, 8 pièces de 18, 12 pièces de 12, 6 obusiers de 10, 4 obusiers de 7, 4 obusiers de 60 et 4 obusiers de 30 est levé ;

- La milice civique est rappelée et formée en bataillons à 4 compagnies de 165 hommes.

 

1815

Entre 1813 et 1815, l'armée bavaroise ne change pas. Avec les Cent-Jours, elle augmente comme suit :

- Un 15e régiment d'infanterie de ligne est levé ;

- Le corps des chasseurs volontaires est porté à 2 régiments à 3 bataillons ;

- un 2e régiment de hussards à 750 hommes en 6 escadrons de 125 hommes est levé ;

- un régiment de cuirassiers à 750 hommes en 6 escadrons de 125 hommes est levé ;

- un régiment de Gardes du Corps à cheval à 750 hommes en 6 escadrons de 125 hommes est levé.

 


09/04/2018
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Organisation de l'armée

1806

     Le duché de Brunswick était un allié très proche de la Prusse, si proche que le duc, qui était un remarquable général, fut chargé du commandement en chef de l'armée prussienne.

     L'armée brunswickoise alignait à ce moment 2 régiments d'infanterie et 1 régiment de dragons. Ces unités étaient organisées sur le modèle prussien.

     Le duc fut tué à la bataille d'Auerstadt. Au cours de l'effondrement de l'armée prussienne qui s'ensuivit, les terres du duché furent envahies et incorporées au nouveau royaume de Westphalie. Le prince héritier Frédéric-Guillaume, dût chercher refuge en Autriche.

 

1809

     Frédéric-Guillaume, le « duc noir », vit une opportunité de récupérer ses terres quand l'Autriche mobilisa en vue d'entrer en guerre contre la France. Au début de 1809, il leva une « légion noire » en Bohême, qui comprenait :

 

1 régiment d'infanterie

1 régiment de hussards

1 escadron de uhlans

1 compagnie de carabiniers

2 pièces de 6

2 obusiers de 7

 

Le régiment d'infanterie comprenait 3 bataillons, 1 léger et 2 de ligne. Chaque bataillon comprenait 4 compagnies de 120 hommes en moyenne. La compagnie de carabiniers avait un effectif de 150 hommes. Le régiment de hussards comprenait 4 escadrons de 135 hommes environ. L'escadron de uhlans était à 80 hommes.

     Avec cette troupe, il envahit la Saxe et occupa temporairement Dresde. Le duc envisageait d'inciter les états d'Allemagne centrale à se rebeller contre la France, mais il dût se retirer précipitamment par où il était venu, jusqu'en Bohême. Quand l'Autriche fut forcée de négocier des conditions de paix, le duc se dirigea vers la côte de la mer du Nord, espérant soulever la Hesse et le Brunswick à son passage. Mais il n'y parvint pas, aucune révolte ne prit forme, et il résolut alors de quitter les territoire des alliés de la France pour chercher refuge en Angleterre. C'est ainsi qu'en août, lui et ses hommes voguèrent vers l'Île de Wight à bord des vaisseaux de la Royal Navy.

     La Légion noire fut réorganisée en :

 

1 régiment d'infanterie légère

1 régiment de hussards

 

Le régiment d'infanterie légère comprenait 2 bataillons, chacun à 6 compagnies d'environ 80 hommes. Le régiment de hussards  comprenait 6 escadrons.

     L'infanterie fut envoyée en Espagne en 1810, ses compagnies affectées à l'armée britannique, d'abord dans la division légère puis dans la 7e division avec laquelle elle combattit jusqu'en 1814.

     Le régiment de hussards fut quant à lui adjoint à l'armée de Murray, sur la côte est de la Péninsule.

 

1813

     En fin d'année, le Brunswick était libéré par les armées alliés. Le duc reprit immédiatement possession de son duché, où il commença à recruter une nouvelle armée à partir des vétérans brunswickois de l'armée française, rentrés chez eux. Cette armée alignait :

1 brigade de 3 bataillons d'infanterie légère

1 brigade de 3 bataillons d'infanterie de ligne

1 brigade de 5 bataillons d'infanterie de Landwehr

1 régiment de hussards

1 batterie à pied de 9

1 batterie à cheval de 6

 

1814

     Cette armée rejoignit les armées alliées en 1814 mais trop tard pour prendre part aux opérations. Plus tard dans l'année, les vétérans d'Espagne rejoignirent le duc et furent organisés en un bataillon de la Garde et un bataillon d'avant-garde. Tous les bataillons d'infanterie comptaient 4 compagnies de 140 hommes chacune.

 

1815

     Les Brunswickois furent assignés en tant que contingent allié, et placé dans la réserve générale de l'armée anglo-alliée des Pays-Bas, stationnée en Belgique sous les ordres du duc de Wellington. Ce contingent comprenait :

 

Bataillon de la Garde

Bataillon d'avant-garde

3 bataillons d'infanterie légère(672 hommes chacun)

3 bataillons d'infanterie de ligne (672 hommes chacun)

1 régiment de hussards (690 hommes)

1 escadron de uhlans (232 hommes)

1 batterie à pied de 9

1 batterie à cheval de 6

 

     Ils combattirent fort bien aux Quatre-Bras, où le duc trouva la mort, puis à Waterloo sous les ordres du colonel Wachholtz.

 


26/05/2018
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Organisation de l'armée

La Russie mise à part, l'Autriche-Hongrie dispose de l'armée la plus importante capable de s'opposer sérieusement à l'armée française. Issue d'un empire multi-national, parlant plus de cinquante langues, avec une population nombreuse, elle alignait des contingents tirés de toutes les provinces de son vaste territoire, principalement slaves. L'allemand y était la langue vernaculaire. Ses soldats, surnommés « Kaiserliks »par les français, étaient braves et pleins de ressources, toujours capablesd'un retour offensif même après une défaite. Si leur meilleur général était l'archiduc Charles, ils souffraient de défauts rédhibitoires :

 

1. un commandement médiocre, sinon mauvais, pour la raison que les officiers de haut rang étaient choisis selon leur naissance et non en considération de leur talent ; de plus, leurs moindres décisions devaient être approuvées par le Conseil Aulique, sorte de grand-état-major des forces armées, système aberrant, surtout face à des adversaires aussi rapides que les Français. La lenteur autrichienne en était devenue proverbiale ;

 

2. un sens de l'économie poussé à l'extrême ; la démobilisation était couramment suivie d'un arrêt pur et simple du paiement des arriérés de solde ; l'entraînement réduit au minimum et la plupart du temps complètement supendu ; la mobilisation retardée et ralentie par souci d'économies sur le temps de service ;

 

3. des tactiques surannées, datant du siècle de Frédéric ; des formations rigides, manoeuvrant mal et trop lentement ; des trains de bagages immenses pour ravitailler une armée qui avait l'interdiction de se nourrir sur le terrain ; une stratégie de cordon, voulant tout défendre et ne protégeant rien.

 

Toutefois, la cavalerie autrichienne était de haute qualité et passait pour la meilleure d'Europe, tant par l'excellence de ses montures, que par la discipline et la science équestre de ses cavaliers. Exception dans l'armée : ils étaient parfaitement entraînés.

 

1801-1804

Pendant cette période de paix relative, l'armée austro-hongroise alignait :

 

- 60 régiments d'infanterie de ligne

- 17 régiments frontaliers ou Grenzer

- 1 régiment de chasseurs à pied

- 21 bataillons de grenadiers

- 3 régiments de garnison

- 12 régiments de hussards

- 6 régiments de dragons

- 6 régiments de chevau-légers

- 8 régiments de cuirassiers

- 3 régiments de uhlans

 

L'infanterie

           

 

Les régiments étaient identifiés d'une part selon leur ordre numérique d'ancienneté, d'autre part, avec le nom de leur colonel-propriétaire. Traditionnellement, le colonel-propriétaire était membre de la noblesse, et si cette charge était honorifique, elle était accompagnée d'une pension. Cette charge n'était jamais héréditaire et cessait avec la mort de son titulaire. D'où les fréquents changements de nom des régiments. La seule exception concernait l'empereur, toujours colonel-propriétaire du premier régiment de chaque arme. Celà ne conférait aucun statut particulier à l'unité. En pratique, le commandement effectif du régiment était assuré par un lieutenant-colonel.

 

Chaque régiment était recruté dans une zone déterminée dans chacune des régions de l'empire, parmi les habitants de cette zone. Il en résultait que le régiment épousait les caractéristiques particulières de ses recrues, en particulier la langue. L'empire comptant pas moins de 15 langues, l’allemand est la seule langue de commandement, même si les officiers doivent être polyglottes afin d’être compris de leurs hommes.

 

Ceux des régiments recrutés dans les province d'Autriche, de Bohême, de Moravie et de Silésie, étaient « allemands » ; leur effectif était différents de celui des régiments hongrois.

 

Les régiments issus des provinces se répartissaient comme suit :

 

 

Les effectifs réglementaires des compagnies sur pied de guerre étaient les suivants :

 

 

Les compagnies de grenadiers restaient casernées avec leur régiment en temps de paix. En temps de guerre, elles étaient regroupées par 4, 5 ou 6 compagnies dans des bataillons de grenadiers. Ces bataillons constituaient des divisions de réserve.

 

Les régiments de garnison numérotés comme les autres ne comprenaient que 2 bataillons. 2 étaient stationnés en Italie et 1 au Luxembourg. Ils seront rapatriés avec la perte de ces provinces.

 

La montagneuse province du Tyrol jouissait d'un statut spécial dans l'empire. Les Tyroliens étaient un peuple courageux et indépendant. Comme il était impossible de leur imposer un système de conscription, il fut convenu que les Tyroliens assureraient eux-mêmes la défense de leur province. Des unités de milice étaient donc levée à proportion des besoins. En outre, un régiment d'infanterie de ligne et l'unique régiment de chasseurs à piedde l'armée austro-hongroise, portant le n°64, étaient recrutés parmi les volontaires tyroliens. L'effectif réglementaire des compagnies de ces deux unités était moindre que les autres, puisque de 120 hommes seulement sans compagnie de grenadiers.

 

Les chasseurs à pied et les frontaliers assuraient le rôle d'infanterie légère.

 

Les régiments frontaliers comprenaient 2 ou 3 bataillons sur pied de guerre permanent. En campagne, ils rejoignaient l'armée, et leurs postes aux frontières étaient assurés par des régiments de réserve recrutés parmi les hommes les plus jeunes et les plus âgés. Les régiments frontaliers n'avaient pas de grenadiers, mais formaient une compagnie de Serezaners de 100 hommes, toujours musulmans, assurant des missions de courriers et de police militaire. Chaque compagnie disposait d'un

groupe de tireurs d'élite armés d'un fusil à canon rayé.

 

Les régiments frontaliers étaient considérés comme impropres au service en ligne de bataille, car incapables de se plier aux réglements de service et indisciplinés. Toutefois ils étaient unanimement reconnus comme excellant dans le rôle d'infanterie légère, aptes aux coups de main et aux embuscades. Leur courage et leur cruauté étaient bien connus, et leur conféraient une inquiétante réputation.

 

Les régiments frontaliers étaient issus de 4 provinces, dans les proportions et les effectifs suivants :

 

 

 

Le bataillon des Tchaikistes, fort de 1.200 hommes, était recruté parmi les populations vivant sur les rives des tributaires du Danube. Ils devaient fournir des canonnières avec leurs équipages et fournissaient leur expertise aux opérations de franchissement.

  

La cavalerie

La cavalerie autrichienne était d'une excellente qualité, bien montée, bien enraînée et respectée dans toute l'Europe, dont elle avait la réputation d'être la meilleure. La plupart des unités étaient recrutées en Hongrie, où les bons cavaliers et les excellents chevaux ne manquaient pas.

 

Les dragons et les cuirassiers formaient la cavalerie lourde. Chaque régiment était organisé comme suit :

 

 

Le régiment comptait 1.200 hommes en 8 escadrons de 150 hommes.

 

La cavalerie légère regroupait les hussards, les chevau-légers et les uhlans. Les régiments comptaient 1.580 hommes en 10 escadrons de 158 hommes. Les régiments de hussards étaient tous hongrois puisqu'ils formaient également leur cavalerie nationale.  Les régiments de uhlans provenaient de Galicie, ancienne province polonaise. Comme leurs homologues de l''infanterie, les régiments portaient un numéro de séniorité dans leur arme, et le nom de leur colonel-propriétaire. 

   

L'Insurrectio

La contribution de la Hongrie et des territoires qui lui étaient assimilés était faible par rapport à sa population. Les Magyars ou Hongrois, étaient sujets de la Couronne hongroise. Mais les territoires militaires frontaliers faisaient également partie des terres de la Couronne hongroise. Par conséquent, les Croates, les Serbes et les Roumains nés dans ces territoires, étaient assimilés aux Hongrois (à cette époque, le nationalisme n'existait pas), bien que dans les faits, ils n'étaient que des Grenzer, des sujets militarisés de ces terres.

 

La Hongrie répugnait à envoyer une trop grande part de ses hommes à l'étranger, laissant dépeuplées son territoire. Elle devenait une proie tentante pour les Turcs. Afin de contribuer à la défense des frontières, les princes de l'Église, les barons royaux et les barons héréditaires (propriétaires fonciers), devaient lever leurs propres troupes, ou Insurrectio. Les hommes appelés étaient organisés en bataillons d'infanterie et régiments de hussards. Par convention, la Hongrie devait fournir un certain nombre d'unités quand l'Autriche était en danger ; mais ils n'étaient pas destinés à combattre loin des frontières de la Hongrie.

 

Le processus de mobilisation était lent et compliqué, et suivi d'une période nécessaire à l'équipement et à l'entraînement sommaire des recrues. Les campagnes napoléoniennes se caractérisant par leur vitesse, l'Insurrectio était prête quand la guerre prenait fin. Elle ne fût donc jamais d'une grande utilité.

   

L'artillerie

Chacun des 4 régiments d'artillerie était organisé en 4 bataillons, chacun à 4 compagnies. Ce qui faisait au total 64 compagnies. Il n'existait aucun rapport structurel entre ces compagnies et les unités tactiques utilisées sur le terrain. Ces compagnies étaient des unités administratives en temps de paix ; en temps de guerre, elles étaient réparties selon les besoins, chacune avec un détachement d'ouvriers. En principe, chaque pièce était servie par 5 artilleurs et 8 à 10 ouvriers, les obusiers recevant en plus un bombardier.

 

La plupart des pièces étaient attachées directement aux régiments d'infanterie et aux brigades de cavaleire. Chaque bataillon recevait 2 pièces. Les pièces de 3 étaient attibuées aux troupes d'Italie, aux Grenzer et du Tyrol. Les pièces de 6 allaient au reste. L'artilleire de réserve disposait des pièces de 12, mais aussi de pièces de 6 et d'obusiers de 7. Au total, 391 pièces étaient attribuées aux bataillons d'infanterie de ligne.

 

Les pièces restantes étaient réparties comme suit :

- Pièces à cheval : 104

- Obusiers à cheval : 56

- Pièces de réserve : 462

   

Grandes unités

Il n'y avait pas d'unités permanentes au-dessus du régiment. On attribuait un nombre jugé adéquat de régiments d'infanterie et de cavalerie à un théâtre d'opérations, plus une quantité proportionnelle de pièces d'artillerie. Le général en chef  était relativement libre de les répartir entre ses brigdades et divisions temporaires.

 

Cette pratique présentait de sérieux inconvénients. Comme il n'existait pas d'échelons supérieurs permanents, il n'y avait pas non plus d'état-majors expérimentés et rompus au service. Une carence qui handicapait sévèrement les capacités stratégiques et tactiques de l'armée.

 

Sur le champ de bataille, les unités se déployaient généralement sur 3 lignes, mélangeant selon la situation, les régiments d'infanterie et de cavalerie. L'infanterie se plaçait au centre, la cavalerie sur les ailes et en arrière, l'artillerie saupoudrée un peu partout. Ce dispositif était évidemment très vulnérable en terrain accidenté, et pouvait facilement être tourné.

 

1805

L'Autriche nourrissait un profond ressentiment contre la France, après les pertes de territoires qu'elle avait supporté à la fin des campagnes d'Italie ; elle avait bien l'intention de récupérer les fertiles plaines italiennes qu'elle avait perdu. Le comble fut atteint avec le couronnement de Napoléon sur le trône d'Italie, qui eut lieu à Milan. Cette nouvelle situation menaçait les possessions autrichiennes au-delà de l'Adige, et poussa l'empire à se joindre à la 3e Coalition aux côtés de l'Angleterre, de la Russie, de Naples et de la Suède. Opposé à cette attitude et l'ayant fait savoir, l'archiduc Charles tomba en disgrace et fut remplacé par un certain général Mack à la tête de l'armée. Ce dernier  engagea une série de réformes concernant principalement l'infanterie.

 

 

Le nombre des compagnies par bataillon fut réduit de 6 à 4, les compagnies libérées permettant de former de nouveaux bataillons. Celles du 1er bataillon furent appelées « vélites-grenadiers », et jointes aux deux compagnies régimentaires  de grenadiers, formèrent un entier bataillon de grenadiers. Ce bataillon combattait dorénavant avec son régiment. Les compagnies surnuméaires du 2e bataillon et celles du 3e formèrent un 4e bataillon. En temps de guerre, le dépôt formait un 6e bataillon (le 5e étant le bataillon de grenadiers) qui ne faisait pas campagne avec son régiment. Il était plutôt affecté à des missions de garnison ou rejoignait les unités de réserve.

 

L'artillerie attachée se formait en une batterie de 6 pièces. Les pièces de 3 allaient aux régiments d'Italie, du Tyrol et de Grenzer, tout le reste recevant des pièces de 6.

 

Les régiments de Grenzer furent légèrement réformés par l'adjonction d'un bataillon supplémentaire ; ils n'avaient pas de grenadiers.

 

Cette réforme n'eut pas le temps d'être mise en oeuvre partout ; certains régiments, en Italie en particulier, firent la campagne en conservant leur ancienne organisation.

 

1806-1808 et les réformes de l'archiduc Charles

Avec la perte de nouveaux territoires en Italie et au Tyrol, un certain nombre de régiments durent être redéployés en Galicie. Le régiment de chasseurs tyroliens fut licencié et ses hommes, avec ceux des régiments d'infanterie du Tyrol, furent regroupés au sein de 7 bataillons de chasseurs indépendants. En 1809, ces nouvelles unités furent complétées et 2 nouveaux bataillons créés. Ces bataillons stationnèrent en Bohême, en Moravie et en Autriche.

 

La disgrâce de Mack après la désastreuse campagne de 1805, eurent pour conséquence le retour au commandement suprême de l'archiduc Charles. Il engagea immédiatement une série de réformes profondes, qui allaient modifier définitivement les structures de l'armée. Elles tendaient à tirer profit des dures leçons infligées par l'armée française, pour s'inspirer de ses concepts novateurs, puis les adapter à la mentalité autrichienne.

 

En premier lieu, les réformes de Mack furent abandonnées ; les régiments retrouvèrent leur organisation d'avant 1805. Les nouvelles réformes s'attachaient à 4 domaines :

 

1. Introduction du corps d'armée permanent, chaque corps se voyant assigner des régiments groupés en divisions  permanentes. Le corps recevait un état-major permanent, et pouvait maintenant opérer comme échelon autonome. Les corps étaient à peu près équivalents en effectifs, et dotés d'une proportion équilibrée d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie. De tels corps demandaient à leurs généraux préparation, expérience, indépendance et flexibilité. Toutefois, le temps manqua pour y parvenir, et de nombreux généraux resteront attachés à leurs anciens concepts quand débutera la campagne de 1809. Ils seront handicapés par une mentalité rigide, et persisteront à faire preuve d'un manque total d'initiative, ce qui, à leur décharge, leur avait toujours été demandé. Le Conseil aulique demeurait une instance contraignante qui voulait continuer à tout diriger de loin

 

2.La pratique de l'attachement de pièces d'artillerie aux régiments fut abandonnée, sauf pour les régiments frontaliers. L'armée avait souffert du feu de l'artillerie française. Alors que les batteries autrichiennes étaient éparpillées entre les régiments, les Français étaient capables de concentrer rapidement des masses d'artillerie pour écraser leurs adversaires. L'artillerie autrichienne était incapable de faire de même, ou de délivrer des feux de contre-batterie. Charles regroupa les pièces régimentaires en batteries, affectées aux divisions d'infanterie à la manière française. Les pièces à cheval et de position (batteries de 12), furent regroupées en batteries à cheval assignées aux formations de cavalerie pour les premières, en batterie de réserve pour les secondes.

 

3. L'infanterie légère était méprisée et tenue pour peu efficace, cette attitude résultant du fait que cette mission était traditionnellement dévolue aux Grenzer, regardés comme sujets de seconde zone. Malgré ce préjugé, Charles prit des mesures pour doter l'armée de troupes légères régulières. Les bataillons de chasseurs (Jäger) furent créés pour remplacer les Grenzer, plus efficaces dans leur rôle de garde-frontières. En outre, il fut envisagé de faire appel aux corps francs (Freikorps) issus de la Landwehr.

 

4.La dernière et la plus controversée des réformes présentées par Charles, était la levée d'armées de prmière et de seconde réserve. Composées pour la première d'une Landwehr qui restait à créer, et pour la seconde de corps francs, ces forces auraient été sérieusement entraînées pendant la paix sur la base de périodes d'instruction obligatoire. L'empereur rejeta cette idée, au motif que l'armée était composée de professionnels généralement engagés à vie, et responsables devant lui. Il n'en aurait pas été de même avec des civils n'effectuant que des périodes de réserve. En outre, la noblesse craignait qu'en armant et en entraînant la population, elle aurait eu les moyens de fomenter avec succès des rebellions contre l'ordre social établi.

  

1809

Le piège espagnol se refermait sur l'armée française qui subissait de mourdes pertes. Des troupes de plus en plus nombreuses furent transférées d'Allemagne en Espagne. Les échecs français dans la Péninsule incitèrent le parti de la guerre à tenter une nouvelle fois de récupérer les territoires perdus. Ce parti, animé par l'impératrice, avait beaucoup de sympathisants dans sa propre famille et dans toutes les familles qui avaient perdu leurs propriétés foncières italiennes. Leur opinion était de profiter de la faiblesse de la France pour l'attaquer par surprise, obtenir des appuis auprès des princes allemands et obtenir une victoire décisive rapide. L'archiduc Charles ne partageait pas l'optimisme et l'enthousiasme des va-t'en-guerre de la cour. Il estimait que la réorganisation et la montée en puissance de l'armée n'étaient pas suffisantes, et conseillait d'attendre le moment favorable. L'empereur était d'un avis différent qui l'emporta. Charles accepta toutefois de rester au commandement suprême de l'armée.

 

L'infanterie

Comme nous l'avons déjà dit, l'infanterie retrouva son organisation d'avant 1805.

 

 

 

L'effectif moyen d'une compagnie de fusiliers était d'environ 160 hommes.

 

Ne subsistaient plus que 2 régiments de garnison. Ils étaient organisés comme les régiments de ligne, mais n'avaient que 2 bataillons et pas de grenadiers. L'effectif réglementaire des bataillons était fixé à 1.114 hommes. Leur mission consistait à occuper les forteresses de la côte adriatique.

 

Chaque bataillon de chasseurs comportait 6 compagnies et un dépôt, pour un effectif réglementaire de 1.084 hommes. En réalité, la compagnie ne comptait généralement sur le terrain 120 hommes au plus. Les hommes des deux premiers rangs étaient armés d'une carabine légère et très précise avec une réserve de 60 coups ; les hommes du 3e rang et les sous-officiers étaient armés d'un fusil rayé avec une réserve de 100 coups.

 

Les régiments frontaliers étaient à 2 bataillons de campagne plus un de réserve. L'organisation de ces bataillons était la même que dans la ligne, mais ils n'avaient pas de grenadiers et disposaient de 4 canons de 3 régimentaires.

 

L'archiduc Charles ordonna l'abandon des vieilles tactiques linéaires. Dorénavant, les bataillons utiliseraient la formation dite « bataillon-masse », « division-masse » ou carré. Le bataillon-masse était une colonne compacte de compagnies, entraînées à faire face à la cavalerie en s'arrêtant, les hommes des rangs intérieurs se pressant vers le centre, les rangs extérieurs faisant face vers l'extérieur. On obtenait un bloc solide et irrégulier de baïonnettes. Cette tactique avait très bien fonctionné contre les Turcs, et n'exigeait pas autant d'entraînement que la formation du carré classique.

 

Chaque bataillon formait 3 divisions de 2 compagnies chacune. Si nécessaire, chaque division pouvait opérer comme une unité tactique indépendante. Dans ce cas, chacune était amenée à former sa propre « masse » de la même façon que le « bataillon-masse ».

 

L'artillerie

Les pièces ex-régimentaires furent organisées en batteries de 8 pièces de 3 ou de 6. Quelques unes reçurent des pièces de montagne en vue d'opérer dans les Alpes.

 

Les pièces de 12 réunies par 4 avec 2 obusiers de 7, formèrent des batteries dites « de position » destinées aux réserves des corps d'armée.

 

Les batteries à cheval comprenaient 4 canons de 6 et 2 obusiers de 7.

 

Les artilleurs dont l'entraînement était insuffisant, étaient remplacés par des ouvrier d'artillerie. En temps de paix le corps des ouvriers d'artillerie comprenait 8 compagnies, mais elles furent renforcées à 40 en 1809. Chaque compagnie pouvait servir 3 batteries en moyenne.

 

En 1809 l'armée disposait de 120 batteries. En théorie, chaque corps recevait 2 batteries de 12, 1 batterie de 6 à pied et une batterie de 6 à cheval.

 

Les corps techniques

 

Le bataillon des pontonniers comprenait 6 compagnies de 128 hommes. Il était équipé du matériel de franchissement.

 

Le corps des mineurs était constitué de 5 compagnies de 120 hommes. Sa mission était l'attaque et la défense des places et toutes les techniques de la guerre de siège.

 

Le corps des sapeurs était constitué de 3 compagnies de 256 hommes. Il participait avec le corps de mineurs à l'attaque et à la défense des places.

 

Le corps des pionniers comprenait 9 divisions de 398 hommes. Il aménageait les positions de campagne et les emplacements d'artillerie.

 

L'Insurrectio

Les effectifs totaux des Insurrectio sont inconnus. Par contre, les unités qui furent mobilisées pour la campagne de 1809 et qui participèrent plus ou moins aux opérations, sont les suivantes :

 

- Insurrectio hongroise : 18,5 bataillons d'infanterie et 16 régiments de hussards ;

- Insurrectio croate : 10 bataillons d'infanterie et 12 escadrons de cavalerie ;

- Insurrectio slavique : 5.000 hommes ;

- Insurrectio de Sienbergen : 4 régiments d'infanterie à 1.750 hommes chacun environ et 1 régiment de cavalerie à 1.500 hommes.

 

Forces de seconde ligne

 

Landwehr

La Landwehr fut créée le 8 juin 1808. selon les estimations, elle devait fournir 230.000 hommes. Son rôle n'était pas de participer aux opérations militaires, mais de se livrer à des actions de guerilla et à garnir les forteresses, libérant de ces missions les troupes régulières. Tous les hommes âgés de 18 à 45 ans étaient mobilisables. La Landwehr recevait 21 jours d'entraînement par an. Chaque fois que nécessaire, une fraction de ses unités pouvaient être mobilisées pour une durée limitée au temps des hostilités.

 

Chaque province était constituée de plusieurs districts, chaque district devant fournir de 2 à 5 bataillons. Les bataillons étaient identifiés par le nom de leur lieu d'origine, et comprenait en principe 6 compagnies.

 

En 1809, la Landwehr autrichienne était ainsi constituée :

 

- Basse-Autriche : 19 bataillons en 2 brigades ;

- Haute-Autriche : 15 bataillons en 2 brigades (mais cette province sera envahie avant la mobilisation complète) ;

- Autriche intérieure : 36 bataillons (Steiermark : 13 bataillons à 800-1000 homme chacun ; Carinthie : 5 bataillons à 750-800 hommes chacun ; Carniole : 10 bataillons à 700-900 hommes chacun ; Salzbourg : 4 bataillons ; Adriatique : 2 bataillons ;

Gorlice : 2 bataillons) ;

- Sudètes : 84 bataillons (Bohême : 55 bataillons en 7 brigades ; Moravie et Silésie : 12 bataillons en 2 brigades).

 

Volontaires et corps francs

Les volontaires et les corps francs étaient levés parmi les membres de la Landwehr les plus motivés pour défendre le pays. Levées pour la durée de la campagne, ces unités étaient en tous points semblables à la Landwehr quant à l'oganisation et à l'identification. Dans quelques cas, ce sont des unités complètes de la Landwehr qui se donnèrent le titre de volontaires ou corps francs.

 

Les unités suivantes ont été recensées :

 

- Volontaires de Vienne :

C'est l'unité la plus connue en raison de leur belle conduite à Ebelsberg et à Aspern-Essling. Ils étaient constitués de 6 bataillons articulés en 2 brigades, 1 compagnies de carabiniers et 2 escadrons.

 

- Légion de l'Archiduc Charles :

Levée en Bohême, elle comprenait 6 bataillons. Le 1er, levé parmi les étudiants de l'université de Prague, était une unité de chasseurs. Les bataillons furent assignés individuelement dans les corps de l'armée régulière.

 

Volontaires d'Autriche Intérieure :

Le district fournit 4 bataillons, dont un (celui de Salzbourg) était un bataillon de chasseurs.

 

Volontaires de Moravie et Silésie :

Le district leva 2 bataillons.

 

Corps franc dalmate :

Les Grenzer retraités du service formèrent 1 bataillon.

 

Volontaires de Bukovine :

La Bukovine produisit 1 bataillon, 2 escadrons de cavalerie légère albanais, 1 escadron de chasseurs à cheval et 1 escadron noble.

 

Freikorps Lobkowitz :

Cette unité de chasseurs est mentionnée mais je n'ai aucune précision la concernant.

 

Volontaires de Siebenberg :

2 bataillons et 4 escadrons, ces derniers à 150 hommes chacun.

 

Corps franc silésien de vob Schill :

1 bataillon et 1 escadron, ce dernier à 240 hommes.

 

Bataillon franc de Moravie :

Formé de 2 bataillons de landwehr.

 

Corps franc de carneville :

2 bataillon et un détachement de hussards (66 hommes).

 

Chasseurs de montagne d'Arad :

Cette unité est mentionnée mais je n'ai aucune précision la concernant.

 

Légions de cavalerie franques et de Bayreuth :

3 escadrons de uhlans.

 

Régiment des dragons bohêmiens :

Unité d'un millier d'hommes environ levée à l'automne 1809.

 

1813-1814

Depuis 1809, un certain nombre de changements c'étaient produits.

 

Infanterie

 

 

Les régiments avaient maintenant 6 bataillons 'environ 1000 hommes, et 2 compagnies de grenadiers. La Landwehr avait été incorporée aux régiments d'infanterie. Ils étaient levés dans les districts de recrutement de leur régiment de rattachement. D'ordinaire, seuls les 3 premiers bataillons du régiment étaient assignés à l'armée levée pour une campagne. Les autres étaient employés aux missions de garnisons, de siègle ou de sécurité des frontières. Les compagnies de greandiers étaient, comme par le passé, réunies en 19 bataillons indépendants.

 

Cavalerie

 

Les régiments de cavalerie lourde (cuirassiers et dragons) étaient organisés en 6 escadrons dont 2 de dépôt, qui n'étaient pas mobilisés. L'effectif réglementaire de l'escadron était de 144 hommes.

 

Les régiments de cavalerie légère (hussards, chevau-légers et uhlans) comprenaient 8 escadrons, dont 2 de dépôt. L'effectif réglementaire de l'escadron était de 180 hommes. Un 4e régiment de uhlans sera levé à la fin de l'année 1813.

 

Artillerie

 

En 1813, les batteries de campagne furent réorganisées sur le modèle des batterie de position (ou de réserve), de sorte que toutes les batteries comptaient maintenant 4 pièces de campagne et 2 obusiers.

 

Deux batteries de 18 firent leur apparition dans l'arsenal de siège.

 

En octobre 1813, l'artillerie autrichienne alignait 97 batteries et 660 pièces.

 


07/06/2018
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Organisation de l'armée

Par Confédération du Rhin, nous entendons les États dont les unités durent généralement être amalgamées pour constituer des unités combattantes. Leurs ressources humaines étant insuffisantes, leur contribution était adaptée à leurs capacités. Voici la liste de ces États :

 

Grand-duché de Francfort ;

Grand-duché de Wurzbourg ;

Duché de Mecklembourg-Schwerin ;

Duché de Mecklembourg-Strelitz ;

Duché d'Anhalt-Bernbourg ;

Duché d'Anhalt-Dessau ;

Duché d'Anhalt-Kothen ;

Duché d'Arenberg ;

Duché de Saxe-Cobourg ;

Duché de Saxe-Gotha ;

Duché de Saxe-Hildburghausen ;

Duché de Saxe-Meiningen ;

Duché de Saxe-Weimar ;

Principauté de Hohenzollern-Hechingen ;

Principauté de Hohenzollern-Sigmaringen ;

Principauté d'Isenbourg-Birstein ;

Principauté de la Leyen ;

Principauté de Liechtenstein ;

Principauté de Lippe-Detmold ;

Principauté de Reuss-Ebersdorf ;

Principauté de Reuss-Greiz

Principauté de Reuss-Lobenstein ;

Principauté de Reuss-Schleiz ;

Principauté de Salm-Salm (Salm-Salm et Salm-Kirbourg) ;

Principauté de Schaumbourg-Lippe ;

Principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt ;

Principauté de Schwarzbourg-Sondernshausen ;

Principauté de Waldeck.

 

1806

 

Francfort

1 bataillon d'infanterie de ligne à 9 compagnies de 134 hommes,

1 détachement de 20 hussards.

 

Collège des princes

– Nassau-Usingen,

– Arenberg,

– Nassau-Weilburg,

– Salm-Salm,

– Salm-Kyrburg,

– Hohenzollern-Sigmaringen,

– Hohenzollern-Hechingen,

– Isenbourg-Birstein,

– Liechtenstein,

– La Leyen,

s'engagent ensemble à fournir un contingent de 4.000 hommes.

 

Wurzbourg

s'engage à fournir un contingent de 2.000 hommes.

 

Saxe-Weimar, de Saxe-Gotha, de Saxe-Meiningen, de Saxe-Hilburghausen, de Saxe-Coburg

s'engagent ensemble à fournir un contingent de 2.000 hommes.

 

1807

Les ducs d'Anhalt-Bernburg, d'Anhalt-Dessau et d'Anhalt-Coethen fournissent 700 hommes.

Le prince de Waldeck fournit 400 hommes.

Les princes de Lippe-Detmold et de Schaumburg-Lippe fournissent 650 hommes.

Les princes de Schwarzbourg-Rudolstadt et de Schwarzbourg-Sondershausen fournissent également 650 hommes.

Les quatre princes de Reuss-Greitz, Reuss-Ebersdorf, Reuss-Schleitz et Reuss-Lobenstein fournissent ensemble 400 hommes.

 

Le 4e régiment de la Confédération est formé avec :

1 bataillon d'infanterie légère (Saxe-Weimar) à 4 compagnies de 78 hommes et

1 bataillon d'infanterie de ligne à 4 compagnies de mousquetaires dont 3 de Saxe-Gotha et 1 de Saxe-Meiningen, toutes de 122 hommes.

 

1808

Le duc de Mecklembourg-Strelitz entre dans le Collège des princes et doit fournir 400 hommes.

 

Le duc de Mecklembourg-Schwerin entre lui aussi dans le Collège des princes et doit fournir 1.900 hommes.

Il dispose en outre de :

1 bataillon de grenadiers de la Garde à 2 compagnies de 160 hommes ;

1 escadron de gardes à cheval à 120 hommes.

 

Pour l'Espagne est constitué un régiment d'infanterie (qui deviendra le 3e régiment de la Confédération) organisé come suit :

1 bataillon d'infanterie de ligne (Francfort) à 6 compagnies de 142 hommes.

1 bataillon d'infanterie de ligne comprenant

         1ère compagnie (Schwartzbourg-Sondershausen) de 100 hommes ;

         2e compagnie (Schwartzbourg-Rudolstadt) de 120 hommes ;

         3e compagnie (Lippe-Detmold) de 150 hommes ;

         4e compagnie (Lippe-Buckebourg) : 150 hommes ;

         5e compagnie (Reuss) de 150 hommes ;

         6e compagnie (Waldeck) de 130 hommes.

 

Wurzbourg

1 régiment de mousquetaires à 2 bataillons de 4 compagnies à 120 hommes ;

1 régiment de dragons puis chevau-légers à 2 escadrons de 165 hommes

1 compagnie d'artillerie à pied à 6 pièces de 6.

 

1809

 

Duchés saxons

 

4e régiment d'infanterie des Princes (duchés saxons) à 3 bataillons organisés comme suit :

         1er bataillon : 1 compagnie de grenadiers (Saxe-Hildburghausen) à 130 hommes;

                                4 compagnies de mousquetaires (Saxe-Gotha) à 120 hommes ;

                                1 compagnie de chasseurs (Saxe-Cobourg) à 200 hommes.

         2e bataillon : 1 compagnie de grenadiers (Saxe-Gotha) à 130 hommes ;

                               2 compagnies de mousquetaires (Saxe-Hildburghausen) à 120 hommes ;

                               2 compagnies de mousquetaires (Saxe-Meiningen) à 150 hommes ;

                               1 compagnie de chasseurs (Saxe-Cobourg) à 200 hommes.

         3e bataillon : 5 compagnies de carabiniers (Saxe-Weimar) à 120 hommes ;

                               1 compagnie de carabiniers (Saxe-Hildburghausen) à 120 hommes.

         1 compagnie de sapeurs (Saxe-Cobourg) à 140 hommes.

 

5e régiment d'infanterie des Princes (Anhalt-Lippe) à 3 bataillons organisés comme suit :

         1er bataillon : 6 compagnies de mousquetaires (Lippe) à 120 hommes ;

         2e bataillon :  2 compagnies de mousquetaires (Anhalt-Dessau) à 175 hommes ;

                               2 compagnies de mousquetaires (Anhalt-Köthen) à 110 hommes ;

                               2 compagnies de mousquetaires (Anhalt-Bernberg) à 120 hommes ;

         3e bataillon : 2 compagnies de mousquetaires (Lippe-Detmold) à 150 hommes ;

                               1 compagnie de mousquetaires (Schaumbourg-Lippe) à 150 hommes ;.

 

6e régiment d'infanterie des Princes (Schwarzbourg-Reuss-Waldeck) à 2 bataillons organisés comme suit :

         1er bataillon : 4 compagnies de mousquetaires (Schwarzbourg-Sondernshausen) à 100 hommes ;

                                2 compagnies de mousquetaires (Schwarzbourg-Rudolstadt) à 120 hommes.

         2e bataillon : 3 compagnies de mousquetaires (Reuss) à 150 hommes ;

                               3 compagnies de mousquetaires (Waldeck) à 120 hommes.

 

Mecklembourg-Schwerin

8e régiment d'infanterie de la Confédération à 3 bataillons dont 2 à 6 compagnies et 1 à 4 compagnies, toutes à 120 hommes ;

1 compagnie d'artillerie à pied à 6 pièces de 6.

 

Mecklembourg-Strelitz

1 bataillon de mousquetaires à 4 compagnies de 100 hommes.

 

1810-1811

Le 7e régiment de la Confédération (Wurzbourg) est réduit à 1 bataillon.

 

1812

Francfort

Un nouveau 3e régiment de la Confédération à 3 bataillons de 6 compagnies à 130 hommes est formé.

 

Wurzbourg

Un nouveau 7e régiment de la Confédération à 4 bataillons de 6 compagnies à 137 hommes est formé.

 

1813

Au retour de Russie où ils ont beaucoup souffert, les 4e, 5e et 6e régiments de la Confédération sont amalgamés en un seul.

 

Anhalt

1 régiment de chevau-légers à 2 escadrons de 130 hommes.

 

Erfurt

3 bataillons à 6 compagnies de 130 hommes.

 

Francfort

2 bataillons d'infanterie à 6 compagnies de 130 hommes.

 

Mecklembourg-Schwerin

1 régiment de hussards à 4 escadrons de 125 hommes.

 

Saxe-Gotha et Saxe-Gotha-Altenburg

1 bataillon (dit de marche de Thuringe) à 4 compagnies de 107 hommes.

 

Wurzbourg

Le 7e régiment de la Confédération est réduit à un seul bataillon et un nouveau est formé (qui prend symboliquement le n°5).

 

Note :

Les 1er et 2e régiments de la Confédération sont ceux de Nassau,

Le 3e régiment de la Confédération est celui de Francfort,

Le 7e régiment de la Confédération est celui de Wurzbourg,

 

1814

Les princes rejoignent les Alliés avec un enthousiasme mitigé. C'est pourquoi leurs unités seront affectées aux sièges et aux garnisons.

 

Francfort

3 bataillons d'infanterie à 6 compagnies ;

3 bataillons de Landwehr à 5 compagnies ;

2 compagnies de chasseurs (toutes les compagnies sont à 130 hommes).

1 escadron de chasseurs à cheval de 150 hommes.

 

Lippe-Detmold

1 bataillon de mousquetaires à 150 hommes.

 

Mecklembourg-Schwerin et Strelitz

1 régiment de chasseurs à 3 bataillons de 6 compagnies à 130 hommes ;

1 régiment de chasseurs à cheval à 4 escadrons de 160 hommes ;

1 compagnie d'artillerie à pied de 6.

 

Saxe-Cobourg, Saxe-Meiningen et saxe-Hildburghausen

1 bataillon de chasseurs volontaires à 6 compagnies de 120 hommes.

 

Saxe-Weimar

1 bataillon de chasseurs volontaires à 6 compagnies de 120 hommes.

 

Schaumbourg-Lippe

2 compagnies de mousquetaires à 150 hommes.

 

Waldeck

3 compagnies de mousquetaires à 120 hommes.

 

1815

 

Unités amalgamées

1 régiment à 4 bataillons (Reuss, Francfort, Isembourg, Fulda) de 4 compagnies ;

1 régiment ainsi composé :

         2 bataillons de mousquetaires (Saxe-Weimar) ;

         1 bataillon de mousquetaires (Anhalt-Dessau) ;

         1 bataillon de mousquetaires (Anhalt-Bernbourg).

1 régiment ainsi composé :

         2 bataillons de mousquetaires (Saxe-Gotha) ;

         1 bataillon de mousquetaires (Schwarzbourg).

1 régiment ainsi composé :

         2 bataillons de mousquetaires (Lippe) ;

         1 bataillon de mousquetaires (Waldeck).

 

Mecklembourg-Schwerin-Strelitz

2 régiments de mousquetaires à 3 bataillons,

1 régiment de hussard à 4 escadrons de 125 hommes,

1 demi-compagnie d'artillerie à pied de 6.

 

Saxe-Cobourg, Saxe-Gotha, Saxe-Hildburghausen, Saxe-Meiningen et Saxe-Weimar

1 régiment de mousquetaires à 4 bataillons,

1 bataillon de chasseurs.

 

Les bataillons de mousquetaires sont à 4 compagnies de 160 hommes.

Les bataillons de chasseurs sont à 4 compagnies de 120 hommes.

 


17/05/2018
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Organisation de l'armée

1808

La contribution du duché d'Oldenbourg à la Confédération du Rhin n'est levée qu'en 1808, le duc Pierre étant parvenu jusque là à l'éviter.

Le contingent consiste en :

1 bataillon d'infanterie de ligne à 6 compagnies de 133 hommes.

 

1811

Le duché d'Oldenbourg est incorporé à la France. Le territoire est partagé entre les départements des Bouches-du-Weser et de la Sarre.

Les états hanséatiques sont également incorporés et leurs territoires partagés entre les départements des Bouches-de-l'Elbe (Hambourg & Lübeck) et des Bouches-du-Weser (Brême).

Ils lèvent trois régiments prenant rang dans l'armée française :

Hambourg & Lübeck : 127e régiment d'infanterie de ligne ;

Brême : 128e régiment d'infanterie de ligne ;

Oldenbourg : 129e régiment d'infanterie de ligne.

Chaque régiment est à 2 bataillons de 6 compagnies de 133 hommes sauf le 129e qui est à 3 bataillons.

 

1812

Les rescapés de la campagne de Russie sont appelés à reformer les 127e et 128e régiments, le 129e étant dissous.

 

1813-1815

Le duché passe dans le camps des Alliés et lève

1 régiment à 2 bataillons, le 1er d'infanterie régulière, le 2e de Landwehr, chacun à 4 compagnies de 200 hommes.

Une Légion hanséatique est levée par Hambourg & Lübeck passées dans le camp des Alliés, et composée de :

1 régiment d'infanterie de ligne à 3 bataillons de 4 compagnies à 200 hommes,

8 escadrons de uhlans à 200 hommes,

2 batteries de 6.

 

1814

Les villes hanséatiques lèvent :

 

Hambourg

2 bataillons d'infanterie de ligne à 4 compagnies de 200 hommes,

1 compagnie de chasseurs à 103 hommes,

6 escadrons à 200 hommes,

2 batteries de 6,

Garde civile (Hamburger Bürgermilitär)

10 bataillons

1 bataillon de chasseurs à 4 compagnies de 125 hommes,

2 compagnies d'artillerie à pied de 6.

 

Lübeck

1 bataillon d'infanterie de ligne,

2 escadrons à 200 hommes,

Garde civile (Lübecker Bürgergarde)

4 bataillons de la à 4 compagnies à 200 hommes, 2 bataillons n'ayant que 2 compagnies,

5 bataillons de Landsturm à 3 compagnies de 184 hommes.

 

Brême

1 bataillon d'infanterie à 4 compagnies de 200 hommes

1 compagnie de chasseurs à 120 hommes (Freiwillige Bremische Jäger-Korps),

1 escadron à 200 hommes.

 


15/05/2018
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Organisation de l'armée

La Bade fut contrainte à faire la paix avec la france en juillet 1796, acte qui sera ratifié à la Paix de Paris. Comme compensation aux territoires perdus sur la rive droite du Rhin, la Bade obtint des parcelles du Saint Empire Romain, situées sur la rive gauche. En outre, son souverain, le margrave Charles Frédéric Ier de Bade, est élevé au statut de prince-électeur en 1803.

 

En conséquence de ces modifications territoriales, l'armée badoise fut réorganisée comme suit :

 

Infanterie :

Leib Infanterie Regiment Kurfurst ;

Infanterie Regiment Markgraf Louis ;

Infanterie Regiment Kurprinz ;

Garnison Regiment von Lindenheim.

 

 

 

 

 

Bataillon de grenadiers von Stetten à 4 compagnies de 170 hommes ;

Bataillon de chasseurs von Bekke à 2 compagnies de 170 hommes.

 

Cavalerie :

Compagnie des Gardes du Corps à 60 hommes ;

1 peloton de hussards à 48 hommes ;

1 régiment de dragons à 4 escadrons de 120 hommes.

 

Artillerie

2 compagnies à pied à 6 pièces de 6.

 

1806

L'armée badoise accroît ses effectifs et ses unités prennent de nouveaux noms.

 

Infanterie

Leib Grenadier Garde Bataillon à 5 compagnies de 170 hommes ;

Leib Infanterie Regiment Großherzog ;

Infanterie Regiment Erbgroßherzog ;

Infanterie Regiment Markgraf Louis ;

Infanterie Regiment von Harrant ;

Garnison Regiment von Olizy ;

Garnison Regiment von Roder ;

Garnison Regiment von Biedenfeld.

 

Cavalerie

Compagnie des Gardes du Corps à 60 hommes ;

1 régiment de hussards à 4 escadrons de 120 hommes ;

1 régiment de dragons à 4 escadrons de 120 hommes.

 

Artillerie

2 compagnies à pied à 6 pièces de 6 ;

1 compagnie à cheval à 6 pièces de 6.

 

1806-1807

Le régiment d'infanterie badois conserve ses 2 bataillons à 4 compagnies, mais son effectif est maintenant de 1300 hommes.

Le bataillon de chasseurs Lingg (ex-von Bekke) passe à 5 compagnies de 120 hommes.

 

1808

 

Le régiment d'infanterie badois adopte le modèle français :

 

 

 

 

1809

 

Infanterie

4 régiments d'infanterie ;

1 bataillon de grenadiers de la Garde à 5 compagnies de 150 hommes ;

1 bataillon de chasseurs à pied à 5 compagnies de 150 hommes ;

3 régiments de garnison servant de dépôts aux régiments d'infanterie.

 

Cavalerie

Compagnie des Gardes du Corps à 60 hommes ;

Régiment de hussards à 4 escadrons de 120 hommes ;

Régiment de dragons légers à 4 escadrons de 120 hommes.

 

Artillerie

2 compagnies à pied à 6 pièces de 6 ;

1 compagnie à cheval à 6 pièces de 6.

 

1813

Du contingent badois de 7.600 hommes envoyé en Russie, seuls revinrent 1.500 hommes. Ils furent employés comme cadres pour lever à la hâte de nouveaux régiments.

 

Infanterie

Leicht Infanterie Regiment n° 1 von Stockhorn ;

Leicht Infanterie Regiment n° 2 von Hochberg ;

Leicht Infanterie Regiment n° 3 Großherzog ;

Leicht Infanterie Regiment n° 4 von Neuenstein.

 

 

Leib Grenadier Garde Bataillon à 6 compagnies de 150 hommes ;

Jäger Bataillon à 5 compagnies de 150 hommes ;

Les régiments de garnison sont supprimés.

 

Cavalerie

Régiment de dragons légers n° 1 von Freystedt à 4 escadrons de 120 hommes ;

Régiment de dragons légers n° 2 von Genson à 5 escadrons de 120 hommes ;

Régiment de chasseurs à cheval volontaires à 4 escadrons de 120 hommes.

La compagnie de Gardes du Corps et le régiment de hussards sont licenciés.

 

Artillerie

2 compagnies à pied à 6 pièces de 6 ;

1 compagnie à cheval à 6 pièces de 6.

 

1814

Après Leipzig, la Bade fut envahie par les Coalisés et forcée de se joindre à eux le 20 novembre 1813. À cette date, 8 nouveaux bataillons de Landwehr et un second régiment de chasseurs à cheval furent levés. Mais seuls le Leib Grenadier Garde Bataillon et la compagnie d'artillerie à cheval, affectés à la Garde alliée, prirent une part active à la campagne.

 

 

 

 


23/05/2018
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Organisation de l'armée

1795

 

Infanterie

7 demi-brigades d'infantrie de ligne à 3 bataillons de 9 compagnies dont 1 de grenadiers à 83 hommes et 1 batterie à pied de 6 pièces de 4 ;

4 bataillons de chaseurs de 7 compagnies dont 1 de carabiniers à 60 hommes ;

5 régiments étrangers à 2 bataillons de 6 compagnies à 103 hommes.

 

Cavalerie

2 régiments de cavalerie lourde à 4 escadrons ;

1 régiment de dragons légers à 4 escadrons ;

2 régiment de hussards à 2 escadrons ;

Les escadrons sont à 110 hommes.

 

1805

 

Infanterie

Les demi-brigades d'infantrie de ligne deviennent régiments. Leur structure reste inchangée.

Création d'un bataillon de grenadiers de la Garde à 8 compagnies (prélevées dans chaque régiment d'infantrie de ligne).

 

Artillerie

4 batteries d'artillerie à pied à 6 pièces de 8 ;

2 batteries d'artillerie à cheval à 6 pièces de 4.

Troupes coloniales (colonie du Cap et Indes orientales)

1 bataillon étranger d'infantrie (Waldeck) à 7 compagnies dont 1 de grenadiers à 60 hommes ;

1 bataillon étranger de chasseurs (Jägers) à 4 compagnies de 50 hommes ;

2 batteries d'artillerie à pied à 6 pièces de 8 ;

Contigent de la milice locale des Indes orientales à 200 hommes ;

2 équipages de marins français à 120 hommes chacun ;

Contingent de cavalerie boer à 400 hommes.

 

1806-1808

L'armée batave devient armée royale hollandaise.

 

Infanterie

9 régiments d'infantrie de ligne (dont 1 de grenadiers de la Garde) ;

2 régiment de chasseurs à pied (dont 1 de la Garde) ;

Les régiments sont à 4 bataillons de 6 compagnies à 120 hommes.

 

Cavalerie

2 régiments de cuirassiers, dont 1 (Gardes du Corps) à 4 escadrons et 1 à 3 escadrons ;

2 régiments de hussards, dont 1 (de la Garde) à 4 escadrons et 1 à 3 escadrons ;

1 régiment de grenadiers à cheval à 2 escadrons.

Les escadrons restent à 160 hommes.

 

Artillerie

3 bataillons de 7 compagnies à pied ;

1 brigade d'artillerie à cheval à 2 compagnies (dont une de la Garde) ;

3 compagnies d'artillerie côtière ;

1 compagnie de mineurs-sapeurs à 120 hommes ;

1 compagnie de pontonniers à 120 hommes ;

1 compagnie du train ;

1 bataillon d'artisans à 2 compagnies de 120 hommes.

Les batteries à pied sont à 6 pièces de 8, les batteries à cheval à 6 pièces de 4.

 

1809

L'artillerie est réorganisée comme suit :

21 compagnies d'artillerie à pied ;

4 puis 3 compagnies d'artillerie à cheval ;

Le bataillon d'artisans passe à 5 compagnies ;

2 compagnie du génie à 120 hommes ;

1 bataillon du train à 4 compagnies.

 

1810-1814

Le royaume de Hollande n'existe plus. Ses troupes sont absorbées par l'armée française.

 

1814

 

Troupes métropolitaines - Infanterie

20 bataillons d'infanterie de ligne ;

7 bataillons de chasseurs ;

20 bataillons de milice.

Les bataillons sont à 6 compagnies de 116 hommes.

 

Troupes métropolitaines - Cavalerie

1 régiment de chevau-légers ;

1 régiment de hussards.

Les régiments sont à 4 escadrons de 100 hommes.

 

Troupes métropolitaines - Artillerie

4 batteries d'artillerie à pied de 6 et 9 ;

2 batteries d'artillerie à cheval.

 

Troupes coloniales - Indes orientales

1 régiment européen d'infanterie de ligne à 2 bataillons de 6 compagnies ;

6 bataillons indigènes d'infanterie de ligne à 6 compagnies ;

6 bataillons indigènes de garnison à 6 compagnies ;

1 régiment de hussards à 2 escadrons européen et 1 escadron indigène ;

9 batteries d'artillerie à pied dont 2 indigènes ;

1 batterie d'artillerie à cheval ;

1 bataillon de pionniers à 5 compagnies dont 1 européenne.

 

Troupes coloniales - Indes occidentales

2 bataillons de chasseurs ;

3 batteries d'artillerie à pied.

 

1815

L'armée devient armée royale néerlandaise.

 

Infanterie

14 régiments d'infanterie de ligne ;

4 régiments étrangers d'infanterie ;

8 régiments d'infanterie coloniale (Indes orientales) ;

1 régiment de dépôt des troupes coloniales ;

6 bataillons de chasseurs ;

2 bataillons de chasseurs coloniaux (Indes occidentales) ;

1 bataillon de garnison ;

45 bataillons de milice.

Les régiments sont à 1 bataillon, parfois 2.

Les compagnies sont à 116 hommes.

 

Cavalerie

3 régiments de carabiniers ;

2 régiments de hussards ;

2 régiments de dragons légers.

Les régiments sont à 4 escadrons de 103 hommes.

 

Artillerie

6 batteries à pied de 6 pièces de 9 ;

1 batterie à cheval de 8 pièces de 6.

 


13/05/2018
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Organisation de l'armée

1803

Création d'une Garde présidentielle (qui deviendra royale l'année suivante) comprenant :

1 bataillon de grenadiers à 8 compagnies de 100 hommes ;

1 bataillon de chasseurs à 8 compagnies de 100 hommes ;

1 escadron de grenadiers à cheval à 60 hommes ;

1 escadron de chasseurs à cheval à 60 hommes ;

1 compagnie d'artillerie à cheval ;

1 compagnie du train d'artillerie.

 

1806

L'armée comprend :

 

Garde royale

1 régiment de grenadiers à pied à 2 bataillons de grenadiers à 4 compagnies de 200 hommes et 1 bataillon de vélites à 5 compagnies de 170 hommes ;

1 régiment de chasseurs à pied à 2 bataillons de chasseurs à 4 compagnies de 200 hommes et 1 bataillon de vélites à 5 compagnies de 170 hommes ;

1 régiment de dragons à 2 escadrons de 2 compagnies à 60 hommes ;

5 compagnies de Gardes d'honneur à cheval de 100 hommes chacune ;

1 batterie d'artillerie à cheval.

 

Infanterie

Toutes les compagnies sont à 120 hommes.

6 régiments d'infanterie de ligne à 2 bataillons de guerre à 8 compagnies et 1 bataillon de dépôt à 4 compagnies ;

1 régiment d'infanterie de ligne dalmate à 4 bataillons de 8 compagnies ;

3 régiments d'infanterie légère à 2 bataillons de guerre à 8 compagnies et 1 bataillon de dépôt à 4 compagnies ;

1 régiment d'infanterie légère dalmate (esclavons) à 2 bataillons de 8 compagnies ;

1 bataillon de chasseurs d'Istrie (dalmate) à 8 compagnies de 100 hommes.

 

Cavalerie

2 régiments de dragons à 4 escadrons de 160 hommes ;

2 régiments de chasseurs à cheval à 4 escadrons de 160 hommes.

 

Artillerie

1 régiment d'artillerie à pied à 11 batteries de 6 et 3 batteries de 12 ;

1 régiment d'artillerie à cheval à 6 batteries de 4 ;

1 bataillon de sapeurs à 8 compagnies.

 

1808

Les régiments d'infanterie passent à 3 bataillons de 6 compagnies plus un bataillon de dépôt à 4 compagnies.

 

Sont créés :

1 régiment d'infanterie de ligne ;

Le bataillon de la Garde civique de Venise à 9 compagnies de 140 hommes.

 

1809

Le bataillon de chasseurs d'Istrie est dissous pour mutinerie.

 

En plus des unités existantes, sont créés :

1 régiment d'infanterie légère ;

1 régiment d'infanterie coloniale ;

5 régiments d'infanterie de réserve départementale ;

1 régiment de chasseurs à cheval à 4 escadrons de 160 hommes ;

3 régiments de gendarmes à 8 compagnies ;

1 bataillon du train ;

1 bataillon de sapeurs à 8 compagnies.

 

1810

 

Garde royale

Le bataillon des chasseurs devient bataillon des carabiniers ;

Le bataillon des vélites-chasseurs devient bataillon des vélites-carabiniers ;

Sont créés :

1 régiment de conscrits à 2 puis 4 bataillons à 5 compagnies ;

1 batterie de 12.

 

Infanterie

Les régiments passent de 3 à 4 bataillons à 6 compagnies plus un bataillon de dépôt.

Le bataillon de chasseurs d'Istrie est reformé et incorporé au 3e régiment d'infanterie légère français.

 

Cavalerie

1 nouveau régiment de chasseurs à cheval à 4 escadrons de 160 hommes est créé.

 

1812

 

Garde royale

Les 2 bataillons de vélites sont réunis en un régiment.

Sont créés :

1 compagnie de Gardes d'honneur à cheval de 60 hommes ;

2 compagnies du train.

 

Infanterie

Le régiment d'infanterie légère dalmate passe de 3 à 4 bataillons de 6 compagnies ;

Le bataillon de la Garde civique de Venise devient un régiment à 2 bataillons.

Sont créés :

1 régiment d'infanterie légère ;

Le bataillon de la Garde civique de Milan ;

1 bataillon de vétérans à 3 compagnies.

 

Artillerie

1 bataillon du train des équipages.

 

1813

4 nouveaux régiment d'infanterie de ligne sont créés.

 

1814

Le régiment des grenadiers de la Garde est dissous.

 

 


06/05/2018
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Organisation de l'armée

1806

 

Garde royale

- 1 régiment de grenadiers à pied à 2 bataillons de 8 compagnies à 120 hommes ;

- 1 régiment de vélites-grenadiers à 2 bataillons de 8 compagnies à 120 hommes chacun ;

- 1 régiment de marins ;

- 1 escadron de gardes du corps à 160 hommes ;

- 2 escadrons de vélites à 160 hommes chacun ;

- 1 compagnie d'artillerie à pied à 6 pièces de 8# ;

- 1 compagnie d'artillerie à cheval à 6 pièces de 4#.

 

Infanterie

- 6 régiments d'infanterie de ligne (n°1, 2, 4-7) à 3 bataillons de 8 compagnies à 120 hommes ;

- 2 régiments d'infanterie légère à 3 bataillons de 8 compagnies à 120 hommes ;

- Légion corse (infanterie légère) à 3 bataillons de 8 compagnies à 120 hommes.

 

Cavalerie

- 2 régiments de chasseurs à cheval à 4 escadrons de 160 hommes ;

- 1 régiment de chevau-légers (ex-1er lanciers de Berg) à 3 escadrons de 160 hommes.

 

Artillerie

- 1 régiment d'artillerie à pied à 12 compagnies de 6 pièces de 8# ;

- 2 compagnies à cheval à 6 pièces de 4#.

 

1809

 

Garde royale

- Création d'un régiment de voltigeurs à 2 bataillons à 6 compagnies de 120 hommes ;

- Création de 2 escadrons de gardes d'honneur à 160 hommes chacun ;

- Création de 2 escadrons de gardes du corps à cheval à 160 hommes chacun ;

- Création d'un bataillon de vétérans.

 

Infanterie

Les régiments d'infanterie sont à 4 bataillons à 6 compagnies de 120 hommes.

- Création de 2 régiments d'infanterie de ligne ;

- Création d'un 4e régiment d'infanterie légère.

 

Cavalerie

- Un régiments de chasseurs à cheval devient régiment de chevau-légers.

 

Artillerie

- Le régiment d'artillerie à pied augmente à 20 compagnies ;

- Création d'un bataillon du train d'artillerie comprenant 1 compagnie d'artificiers et 3 compagnies d'armuriers ;

- Création d'un bataillon de sappeurs & mineurs ;

- Création d'un régiment d'artillerie côtière à 12 compagnies.

 

Services auxiliaires

- Création de 3 légions de gendarmerie regroupant 7 escadrons et 14 compagnies ;

- Création d'un bataillon de marins ;

- Création d'un bataillon de matelots.

 

1811

 

Garde royale

- Le régiment de voltigeurs devient 2e régiment de vélites-grenadiers ;

- Les escadrons de gardes du corps à cheval deviennent un régiment à 2 escadrons de 160 hommes ;

- Les escadrons de vélites à cheval devienent un régiment à 2 escadrons de 160 hommes ;

- Création d'un régiment de chevau-légers à 2 escadrons de 160 hommes ;

- Création d'un escadron de gendarmes d'élite à 160 hommes ;

- Création d'un bataillon du génie ;

- Création d'un bataillon de vétérans.

 

Artillerie

- Création de 2 compagnies à cheval ;

- Le bataillon du train d'artillerie passe à 5 compagnie d'artificiers.

 

1813

 

Garde royale

- Le régiment de vélites à cheval devient un régiment de hussards ;

- Le régiment de chevau-légers devient un régiment de lanciers à 3 escadrons de 160 hommes.

 

Infanterie

- Licenciement du 4e régiment d'infanterie légère.

 

Cavalerie

- Création d'un 4e régiment de chasseurs à cheval.

 

1814

Infanterie

- Recréation du 4e régiment d'infanterie légère.

 

Cavalerie

- Tous les régiments deviennent régiments de chevau-légers.

 

1815

Garde royale

- Tous les régiments de cavalerie sont à 4 escadrons ;

- Création d'un régiment de cuirassiers à 4 escadrons.

 


26/04/2018
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Organisation de l'armée

La Westphalie, constituée avec les territoires de Hesse-Cassel, de Bunswick et de Hanovre, est fondée en 1807 et dissoute en 1814.

 

1808

 

Garde royale

Gardes du corps, escadron à 150 hommes

Grenadiers à pied, bataillon à 640 hommes en 8 compagnies de 80 hommes

Chasseurs à pied, bataillon à 640 hommes en 8 compagnies de 80 hommes

Chasseurs-carabiniers, bataillon à 400 hommes en 4 compagnies

Chevau-légers-lanciers, régiment à 400 hommes en 3 escadrons

 

Infanterie

6 régiments d'infanterie de ligne (n°1 à 6) à 2 bataillons chacun en 6 compagnies de 120 hommes (4 de fusiliers, une de grenadiers et une de voltigeurs)

1 bataillon d'infanterie légère à 6 compagnies de 120 hommes (4 de chasseurs, une de carbiniers et une de voltigeurs)

8 compagnies départementales à 50 hommes chacune

8 compagnies de vétérans à 50 hommes chacune

 

Cavalerie

1 régiment de cuirassiers à 4 escadrons de 80 hommes (1 compagnie d'élite)

1 régiment de chevau-légers à 4 escadrons de 80 hommes (1 compagnie d'élite)

2 escadrons de gendarmes d'élite à 80 hommes

 

Artillerie

1 régiment d'artillerie à 3 batteries à pied de 6 canons et 2 obusiers

1 compagnie du Train

 

1809

 

Infanterie

Création des 7e et 8e régiments d'infanterie de ligne

Création du 2e bataillon d'infanterie légère

Création de 8 bataillon de milice

 

Cavalerie

Création du 2e régiment de cuirassiers

 

1810

Cavalerie

Création de 2 régiments de hussards

 

1811

Infanterie

L'effectif des compagnies d'infanterie de ligne passe à 140 hommes

Les 2e et 7e régiments d'infanterie de ligne reçoivent un 3e bataillon

Création du 3e bataillon d'infanterie légère

 

1812

 

Garde royale

Création du régiment des Gardes de la reine à pied

Les chasseurs-carabiniers passent à 6 compagnies de 103 hommes

Création d'une batterie à cheval

 

Infanterie

Chaque régiment d'infanterie reçoit 2 pièces d'accompagnement de 6#

Création du 9e régiment d'infanterie de ligne

Création du 4e bataillon d'infanterie légère

 

Cavalerie

L'effectif des régiments de cuirassiers passe à 700 hommes (175 par escadron)

Création du 2e régiment de chevau-légers

 

Artillerie

Création de la 4e batterie à pied

Création d'une batterie à cheval

Création d'une compagnie de sapeurs

Création de 4 compagnies du Train supplémentaires

Création d'une compangie d'ouvriers

 

1813

Garde royale

Création d'un régiment de hussards à 4 escadrons de 150 hommes (1 compagnie d'élite)

 


25/04/2018
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Organisation de l'armée

1797

Le royaume de Pologne est divisé pour la troisième fois entre l'Autriche, la Prusse et la Russie. De nombreux Polonais s'exilent en France et dans les républiques italiennes. Ils s'y organisent rapidement en unités de mercenaires.

 

Le général Dombrowski propose à la république Cisalpine de solder une légion polonaise. Cette première légion est très vite levée en janvier. Elle est suivie d'une seconde légion formée en mai. Chacune de ces deux légions comprend 3 bataillons d'infanterie, chacun à 10 compagnies de 125 hommes. Trois compagnies d'artillerie sont constituées en une réserve attachée aux deux légions. La 1ère légion est dissoute avec la république Cisalpine en 1800, quand les Autrichiens l'envahissent. À ce moment, Bonaparte est en Égypte. La 2e légion est capturée en 1799 à Mantoue à l'issue du siège et dissoute elle aussi.

 

1799

Les survivants des deux légions cisalpines sont recrutés au retour de Bonaparte d'Égypte, pour former deux nouvelles légions :

 

A - Légion du Danube

- 4 bataillons d'infanterie, chacun à 10 compagnies de 125 hommes ;

- 1 régiment de lanciers à 4 escadrons de 232 hommes ;

- 1 batterie d'artillerie à cheval de 4#.

-

B - Légion italique

- 7 bataillons d'infanterie, chacun à 8 compagnies de 130 hommes ;

- 5 batterie d'artillerie à pied de 4#.

 

À la paix de Lunéville en 1801, ces légions sont dissoutes et converties en 3 demi-brigades à 3 bataillons, chacun à 8 compagnies de 130 hommes. La 1ère servira sous la nouvelle république Cisalpine, les 2e et 3e feront partie de l'expédition Leclerc à Saint-Domingue où elles seront très vite anéanties par la fièvre jaune quand les soldats ne seront pas capturés par les Anglais.

 

1806

La Légion du Nord est levée en octobre à Juliers (Westphalie), avec des Polonais ayant déserté les armées prussienne et autrichienne pour chercher refuge et engagement en France. Elle comprend 4 régiments d'infanterie à 3 bataillons, chacun à 6 compagnies de 130 hommes.

 

1807 (à partir de ce moment, tous les bataillons sont à 6 compagnies de 130 hommes et les escadrons à 160 hommes, sauf indication contraire)

En janvier, Dombrowski lève une nouvelle légion, la Légion de Dombrowski, comprenant :

- 8 régiments d'infanterie à un seul bataillon ;

- 2 régiments de chasseurs à cheval à 4 escadrons ;

- 1 batterie d'artillerie à pied de 8#.

 

L'ensemble est organisé en une division à 2 brigades de 4 régiments d'infanterie et 1 régiment de chasseurs à cheval. Son effectif théorique aurait du être de 9.152 hommes, mais en opérations il ne sera que de 7.762 hommes.

 

La division dispose également de l'appui d'un régiment de lanciers à 3 escadrons et d'une Levée Noble comprenant 3 régiments de volontaires à 4 escadrons.

 

Au mois de mars, 2 légions supplémentaires et 10 bataillons autonomes sont formés :

 

1° 1ère Légion

- 2 régiments d'infanterie à 4 bataillons ;

- 2 régiments de lanciers à 4 escadrons ;

- 2 batterie d'artillerie à pied de 8# ;

- 1 batterie à cheval de 4#.

 

2° 2e Légion

- 2 régiments d'infanterie de la Légion de Varsovie à 4 bataillons ;

- 2 régiments d'infanterie de la Légion de Kalisch à 4 bataillons ;

- 4 régiments de lanciers à 4 escadrons ;

- Quelques éléments d'artillerie Polonais et Français (nombre et nature inconnus).

 

3°10 nouveaux bataillons d'infanterie, dont 3 partent renforcer le corps français assiégeant Graudenz. Les 6 autres restent en garnison à Varsovie.

 

1808

Résultat du traité de Tilsit, le royaume de Pologne renaît sous le nom de Grand-duché de Varsovie. L'armée polonaise est fondée et placée sous les ordres du prince Poniatowski. Elle comprend alors :

 

1re division

- 1er, 2e, 3e et 4e régiments d'infanterie à 3 bataillons ;

- 1er lanciers et 2e chasseurs à cheval à 4 escadrons ;

- 3 batteries d'artillerie à pied de 8# ;

- 1 compagnie de sapeurs à 60 hommes ;

- 1 compagnie du train des équipages.

 

2e division

- 5e (ex-Légion du Nord), 6e, 7e et 8e régiments d'infanterie à 3 bataillons ;

- 3e lanciers et 4e chasseurs à cheval à 4 escadrons ;

- 3 batteries d'artillerie à pied de 8# ;

- 1 compagnie de sapeurs à 60 hommes ;

- 1 compagnie du train des équipages.

 

3e division

- 9e, 10e, 11e et 12e régiments d'infanterie à 3 bataillons ;

- 5e chasseurs à cheval et 6e lanciers à 4 escadronse ;

- 3 batteries d'artillerie à pied de 8# ;

- 1 compagnie de sapeurs à 60 hommes ;

- 1 compagnie du train des équipages.

 

Troupes à la suite

- 7e cuirassiers à 4 escadrons ;

- 1 batterie d'artillerie à cheval de 4#, levée par le comte Wladimir Potocki ;

- 3 bataillons de la Garde nationale.

 

L'ancienne Légion italique est renommée Légion de la Vistule et réorganisée comme suit :

- 3 régiments d'infanterie à 3 bataillons ;

- 1 régiment de lanciers à 4 escadrons.

 

Une seconde Légion de la Vistule est levée et comprend 3 régiments d'infanterie à 3 bataillons. Elle rejoint la première en Espagne pour n'en former qu'une seule qui comprend alors 4 régiments d'infanterie à 3 bataillons, un régiment de lanciers à 4 escadrons et une batterie à pied de 6#.

 

1809

Une seconde batterie d'artillerie à cheval de 4#, est levée aussi par un riche particulier, Roman Soltyk.

 

1810

En mars, l'armée polonaise comprend :

- 17 régiments d'infanterie à 3 bataillons, chacun à 6 compagnies de 140 hommes chacun ;

- 16 régiments de cavalerie à 4 escadrons ;

- 1 régiment d'artillerie à pied à 8 batteries de 6# ;

- 1 régiment d'artillerie à cheval à 2 batteries de 3# ;

- 1 bataillon du génie à 5 compagnies de sapeurs et une de pontonniers à 126 hommes chacune ;

- 1 compagnie d'ouvriers à 130 hommes ;

- 8 compagnies de garnison à 345 hommes chacune.

 

1812

En juin, l'armée polonaise comprend :

- 20 régiments d'infanterie à 3 bataillons, chacun à 6 compagnies de 140 hommes ;

- 18 régiments de cavalerie à 4 escadrons répartis comme suit :

- 3 régiments de chasseurs à cheval ;

- 2 régiments de hussards ;

- 1 régiment de cuirassiers à 2 escadrons ;

- 12 régiments de lanciers ;

- 1 régiment d'artillerie à pied à 8 batteries de 6# ;

- 1 régiment d'artillerie à cheval à 2 batteries de 3# ;

- 1 bataillon du génie à 5 compagnies de sapeurs et une de pontonniers à 126 hommes chacune ;

- 1 compagnie d'artificiers ;

- 1 compagnie de gendarmes polonais à 158 hommes ;

- 1 compagnie de gendarmes lithuaniens à 107 hommes.

 

1813

La Pologne est à nouveau envahie par les Russes et le Grand-duché disparaît. Nombreux sont les soldats polonais qui choisissent de rester dans l'armée française. Un nouveau VIIIe Corps de la Grande Armée commandé par le maréchal-prince Poniatowski est formé. Il comprend :

- 8 régiments d'infanterie à 2 bataillons, chacun à 6 compagnies de 126 hommes chacune ;

- 8 régiments de cavalerie à 3 ou 2 escadrons, chacun à 140 hommes, répartis comme suit :

- 1 régiment de chasseurs à cheval ;

- 1 régiment de hussards ;

- 1 régiment cuirassiers ;

- 4 régiments de lanciers ;

- 1 régiment de Krakus.

- 4 batteries d'artillerie à pied de 6# ;

- 1 batterie d'artillerie de réserve de 12#.

- 1 compagnie de sapeurs à 126 hommes.

 


22/04/2018
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Organisation et tactique de l'artillerie française

INTRODUCTION

Quoique l'artillerie fut organisée en régiments, l'unité de manoeuvre tactique était la compagnie, entraînée à mettre en oeuvre tout type de pièces lui étant attribué, et se voyait d'ordinaire dotée d'une "division" à son entrée en campagne. Une division comprenait par exemple dans l'artillerie à cheval 6 pièces tirées par 24 chevaux, 2 affûts de rechange, 14 caissons, 3 chariots, 2 forges, soit au total 27 véhicules et 156 chevaux. Les artilleurs étaient considérés comme troupe d'élite, et touchaient en conséquence la solde correspondante. Ils étaient en moyenne plus grands que leurs camarades fantassins et cavaliers, le service des pièces étant épuisant. Il s'agissait d'un travail rude, non seulement au combat, mais avant et après, car il fallait nettoyer les pièces sans attendre, souillées de poudre après des heures de tir, et entretenir les tubes et les véhicules. Ces derniers nous semblent aujourd'hui solides et robustes, mais des heures de tirs prolongés et des déplacements sur des chemins et des terrains généralement défoncés ou boueux, pouvaient littéralement disloquer les véhicules. Servir les pièces nécessitait de longues heures d'entraînement. La pièce devait être dételée, mise en batterie, pointée à l'estime, le tube "tamponné" (on refoule dans le tube une pièce ronde en bois pour séparer le boulet de la poudre à canon), la gargousse piquée (percée au moyen d'une longue aiguille), l'évent bouché (un artilleur place son doigt recouvert d'un "doigtier " de cuir sur l'évent pour bloquer l'entrée d'oxygène et empêcher ainsi une mise à feu accidentelle), le tube écouvilloné, chargé et finalement mis à feu. La pièce reculait de plusieurs mètres à chaque départ de coup et devait être ramenée en position de tir, la procédure de chargement devant alors être recommencée. Sans aucun doute, les artilleurs devaient faire preuve de méthode et de sang-froid dans la folie ambiante règnant sur une batterie au combat. Les bonnes équipes pouvaient tirer jusqu'à 4 coups par minute, mais la cadence de tir normale était fixée à 2 coups par minute pour les pièces légères, et un seul pour les pièces de 12.

 

1 - LE MOUVEMEMENT DES PIÈCES

Au début des guerres de la Révolution, les équipages militaires n'existaient pas. Ce sont des équipes de civils réquisitionnés, parfois sous contrat de longue durée, qui assuraient le déplacement des pièces, opération non seulement lente et peu commode, mais surtout dangereuse, puisque la lenteur d'un train d'artillerie en faisait une cible de choix pour l'artillerie ennemie. Il arrivait donc que ceux-ci, exposés aux tirs adverses et estimant que les choses devenaient un peu trop dangereuses, décident de déguerpir avec leurs bêtes, abandonnant les canonniers seuls pour déplacer leurs pièces du mieux qu'ils le pouvaient, c'est-à-dire à bras ! Organisée en 1792, l'artillerie à cheval qui était en soi une excellente idée mais pas une innovation puisque Russes et Prussiens en disposaient déjà depuis Chouvalov et Frédéric II, souffrait cependant de sa dépendance aux civils, et pouvait aussi rapidement se retrouver à pied. Le problème perdurera jusqu'à la création du Train des équipages militaire en 1800. Napoleon devenu Premier consul organisa cette arme, qui allait devenir l'excellent Train des équipages de l'artillerie, avec son uniforme distinctif, et son organisation en bataillons. Les companies étaient réparties en temps de guerre dans les compagnies d'artillerie, et habituées à servir ensemble, devinrent des unités d'élite, bien formées au combat. Des trompettes furent également affectés aux compagnies à cheval, et des tambours aux compagnies à pied. Ces musiciens, bien que souvent utilisés au plus fort de l'action au service des pièces pour compenser les pertes, se révélaient très utiles quand il s'agissait de déplacer les batteries. Les chevaux étaient harnachés à deux de front, puis attelés en tandem. Les conducteurs chevauchaient le cheval gauche de chaque paire, contrôlant les deux chevaux jumelés. C'était un travail difficile, réservé à des hommes de bon poids. Les canons de douze étaient attelés à six chevaux, les autres calibres à quatre seulement. Au moins un des caissons d'approvisionnement en projectiles de 12 livres était également attelé à six chevaux, tous les autres n'en ayant que quatre.

 

2 - ORGANISATION DE L'ARTILLERIE ET DE SES SERVICES

L'artillerie française rassemblait l'artillerie à cheval, l'artillerie à pied, les pontonniers, les ouvriers et les armuriers. Le train d'artillerie constituait une arme à part entière et s'associait à l'artillerie pour emploi. Les régiments d'artillerie n'étaient que des structures administratives. À la création de l'arme il y avait huit régiments de vingt compagnies d'artillerie à pied. Napoléon les portera finalement à neuf régiments de vingt-sept à vingt-huit compagnies. Les canonniers à pied marchaient à côté de leurs pièces, étaient armés d'un fusil d'infanterie et d'un sabre briquet. L'artillerie à cheval comprenait six régiments de huit compagnies chacun. Les canonniers à pied marchaient à côté de leurs pièces, tandis que les artilleurs à cheval montaient chacun leur propre cheval, étaient armés d'une paire de pistolets et d'un sabre de cavalerie légère. La Garde impériale disposait de sa propre artillerie, à cheval et à pied. L'artillerie à cheval consistera d'abord en deux compagnies d'artillerie et deux compagnies du Train en 1804, pour devenir un régiment en 1806. Le régiment d'artillerie à pied fut organisé par Drouot en 1808. L'artillerie de la Garde constituait la réserve d'artillerie de la Grande Armée.

 

3 - RÉPARTITION DES PIÈCES

Lorsque les armées révolutionnaires furent organisées de façon permanente en divisions, les corps d'armée n'existaient pas encore. Ils seront institués en 1800, échelon placé entre la division et l'armée. L'artillerie était donc distribuée entre les divisions. Des généraux brillants, tels que Napoléon, Hoche et Moreau, eurent l'idée de se constituer une réserve d'artillerie d'armée à leur usage. Avec l'arrivée des corps d'armée permanents, la réserve d'armée devint une pratique habituelle. Les corps d'armée de l'Armée du Rhin et de l'Armée de réserve dans les campagnes d'Italie et d'Allemagne de 1800, en disposaient. Les états-majors d'artillerie se virent donc confier de nouvelles missions jusqu'alors inconnues. Il leur appartenait de dresser les plans de feux, les déploiements, roulements, mouvements et approvisionnements de cette réserve d'armée. Auparavant, la répartition divisionnaire les court-circuitait du fait de la maîtrise d'emploi que conservaient jalousement les généraux attributaires. Les généraux de corps assignaient des compagnies à leurs divisions, et se ménageaient également une réserve générale, où l'on trouvera systématiquement les batteries de 12 et des batteries de réserve de calibre moindre. Entre 1809 et 1812 apparût une nouveauté, pour l'armée française du moins car pratique courante dans les autres armées européennes, Grande-Bretagne exceptée. La défaite de l'Autriche en 1809 ayant permis de saisir de nombreuses pièces de 3, des compagnies d'artillerie régimentaires furent organisées. On les appelait parfois « pièces de bataillon ». Il en fut attribué généralement deux par compagnie avec les hommes pour les manier et le train pour les tirer. Cette nouveauté ne fut généralement pas couronnée de succès, et comme toutes ces pièces furent perdues en Russie, l'expérience ne fut pas renouvelée. L'intention était de donner aux régiments d'infanterie, dont les effectifs avaient gonflé après la réorganisation de 1808, un surplus de puissance de feu et de pouvoir effectuer des opérations semi-indépendantes. Généralement, il semble que les équipes de ces pièces n'étaient pas trop qualifiés et que ces pièces étaient plus une nuisance qu'un atout. Le général Merle, qui commandait une division du IIe corps d'Oudinot en Russie, remarquait que : "L'artillerie régimentaire a de mauvais conducteurs et de pauvres chevaux. Cette artillerie bloque quotidiennement les routes, empêche la marche de l'artillerie régulière et prive les régiments de soixante-dix à quatre-vingts baïonnettes qui feraient à l'ennemi bien plus de dégâts que ces canons mal servis et qui ne savent pas marcher". Quelques-unes cependant, comme la compagnie du bataillon de Neufchâtel, servaient bien et avec compétence, mais comme les autres, ses pièces furent perdues en Russie et elle ne fut pas reformée pour la campagne de 1813.

 

4 - TACTIQUE

Les tactiques développées et recommandées par Gribeauval et les frères du Teil étaient enseignées en France dans les excellentes écoles d'artillerie. Il n'y avait cependant aucune réglementation officielle régissant son emploi tactique (bien que la Garde en ait publié une pour son usage, mais en en 1812 seulement). Les procédures standard étaient élaborées conjointement par les commandants d'artillerie du corps et les généraux de corps eux-mêmes. Les artilleurs cherchaient généralement à installer leurs batteries sur éminences. Elles ne devaient pas être trop élevées, à peine de créer une zone aveugle considérable devant la position, qui ne pouvait pas être battue par les canons et les laissait vulnérables. Le tir courbe n'était généralement pas utilisé, le risque de toucher les troupes amies étant trop grand. Les fusées d'obusiers étaient généralement peu fiables, et les départs de coups prématurés attiraient l'hostilité des troupes amies. En outre, les conscrits avaient tendance à paniquer dans de telles conditions. L'emploi tactique de l'artillerie française était nettement imprudent. Les pièces étaient regardées comme les dieux de la batterie d'artillerie. Leur perte était aussi grave que la perte d'une aigle. Aussi devaient-ils être « protégés jusqu'à la dernière extrémité », surtout en défense. Toutefois, pour obtenir un avantage décisif, les commandants d'artillerie des corps et des batteries, et Napoléon lui-même, n'hésitaient pas à prendre des risques avec leurs pièces. Les commandants français ne se laissaient pas distraire par les feux de contre-batterie ou « duels d'artillerie ». Leurs cibles prioritaires et quasi systématiques étaient les formations de troupes ennemies, en particulier l'infanterie et de préférence sur les colonnes d'assaut et les carrés. Si l'artillerie ennemie causait des dommages trop importants aux troupes amies, ou si elle contre-battait sensiblement l'artillerie amie, alors les Français massaient leur artillerie en "grandes batteries" contre l'artillerie ennemie, la bombardant soit par feu à volonté, soit par feux de batterie. Les canons accompagnaient les attaques d'infanterie, l'artillerie à cheval accompagnait la cavalerie, se rapprochait de l'ennemi et ouvrait un feu brusque et précis sur les formations adverses.

 

5 - LES MUNITIONS

Les munitions d'artillerie étaient généralement de trois types : boulets pleins, obus explosifs et projectiles antipersonnel. Les boulets étaient efficaces contre les fortifications et les formations compactes. L'effet moral était d'ailleurs plus important que les réels dégâts causés. D'une manière générale, la portée pratique était de onze cents mètres. La portée des boulets pouvait être doublée par ricochets, ce qui était plus efficace en trajectoire basse sur sol dur. Le boulet touchait le sol et rebondissait en reprenant de l'énergie cinétique alongeant sa portée pour frapper la formation ennemie. Le tir était vu par la cible et frappait durement le moral autant qu'il répandait la peur et la panique parmi les soldats les moins aguerris. Le boulet demeurait extrêmement dangereux et destructeur, même en roulant lentement. Il ressemblait à une boule de pétanque lancée mais plus grosse, et arrachait le pied et parfois le mollet de l'imprudent qui s'amusait à vouloir l'arrêter. L'obus était efficace même sur terrain plat, car un obus sifflant pouvait vraiment être très inquiétant même pour des vétérans. Les projectiles antipersonnel étaient les boîtes à mitraille. Elles consistaient à rassembler un grand nombre de balles de fusil surdimensionnées soit dans un sac de toile et maintenues en place par un treillage de corde, soit dans une boîte de fer blanc. Au départ du coup les balles étaient projetées en cône à la manière des plombs d'un fusil de chasse. Ce projectile ne pouvait être efficace qu'à très courte portée, de l'ordre de 50 mètres, afin de préserver la densité des projectils. À telle portée, les artilleurs chargaient deux boîtes dans le canon pour un meilleur effet. Les résultats étaient généralement dévastateurs pour les hommes et les chevaux.

 

CONCLUSION

L'artillerie de la Grande Armée fut progressivement développée pour devenir une arme de décision sur les champs de bataille de l'Empire. Habilement utilisée par des chefs expérimentés au combat dont on ne reverra jamais de semblables. Senarmont, conduisant l'artillerie du 1er Corps au galop à l'intérieur du centre russe de Friedland, renversant 4.000 grenadiers en vingt minutes, faisant avorter une contre-attaque de la cavalerie de la Garde russe pour faire bonne mesure, laissant la moitié de ses artilleurs et le centre russe en lambeaux. Surpris en Espagne dans un défilé avec ses canons par des guérilleros, il ordonnera une attaque de front, de flanc et sur les arrières, culbutant les Espagnols médusés et sauvera son artillerie. Drouot, le « canonnier honnête mais maladroit » menant un assaut d'artillerie à Lützen, la mènera à bout portant du centre allié, puis fera ouvrir le feu à découvert, brisant la ligne alliée et ouvrant la voie à l'attaque de la Garde, transformant une manoeuvre téméraire en une belle victoire. Et Séruzier, surnommé par Napoléon "le père aux boulets", inventeur de la tactique de l'infiltration de batterie : une ou deux batteries à cheval se lancent dans un espace vide du front de l'ennemi, ou sur l'un de ses flancs, le dépassent d'une centaine de mètres, se déploient en batterie sur ses arrières et le foudroient. j'ai déjà essayé, c'est risqué mais çà marche !

The Napoleon Series : février 2001.

 


03/04/2018
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Performances des fusils et des carabines en service

Le fusil était l'arme principale des guerres de la Révolution et de l'Empire. Arme à canon lisse et chargement par la bouche, le fusil avait été introduit au début du XVIe siècle sous forme d'arquebuse puis de mousquet, mais n'atteignit la perfection que vers la moitié du XVIIIe siècle. À cette époque, on avait développé la baïonnette à douille, la platine à silex pour la mise à feu, la baguette en fer ; le tout accompagné de la découverte de sources de nitrates moins coûteuses et des techniques de fabrication de la poudre plus efficaces. Ces progrès amenèrent une très grande efficacité de l'arme. En conséquence, le fusil devint l'arme dominante du champ de bataille, et rendit d'excellents services jusqu'à la guerre de Sécession, dans laquelle il demeura l'arme d'infanterie principale. Néanmoins, le fusil présentait beaucoup d'inconvénients : il était difficle à manipuler, avait une cadence de feu très basse, et était notoirement imprécis.

 

Charger cette arme longue (mesurant de 95 à 150 cm) et lourde (de 4,5 à 7 kg) n'était pas simple. Dans des circonstances idéales, un soldat bien entraîné pouvait tirer jusqu'à 6 coups par minute. Mais au combat, la cadence de tir ordinaire était de 1 à 2 coups par minute. La procédure de chargement s'expliquait plus vite qu'elle ne prenait de temps à réaliser.

 

Le fusil posé verticalement sur le sol, le tireur le maitenait fermement d'une main, et de l'autre prenait une des 50 à 60 cartouches de 30 à 40 grammes, emballées dans une enveloppe cylindrique en papier. Il devait déchirer cette enveloppe du côté où se trouvait la cartouche pour la retenir entre les dents, puis en vider la poudre dans le canon ; mais pas entièrement : il avait besoin d'un peu de cette poudre pour servir d'amorce qu'il plaçait sur la platine, puis rabattait le bassinet. Il versait le reste de la poudre dans le canon en heurtant le sol une ou deux fois de la plaque de couche pour assurer une bonne descente de la charge. Puis il introduisait l'enveloppe en papier et la tassait contre la poudre à l'aide de sa baguette. Enfin il introduisait la balle qu'il tassait contre la bourre. Il rangeait alors la baguette dans le logement prévu sous le canon. L'arme était prête à tirer.

 

 

C'était un processus compliqué. Le règlement britannique par exemple, distinguait 20 temps pour charger le fusil. Il n'y en avait que 12 dans le règlement français. Même sans les tensions générées par l'action, les dangers du champ de bataille et la peur constante, il était facile de commettre des erreurs. En pleine bataille, beaucoup de choses allaient de travers. Renverser une partie de la poudre sur le sol, oublier de bourrer la charge au fond, ou l'ayant fait, oublier de retirer la baguette du canon. La poudre pouvait être mouillée ou le silex usé. Les longs feux étaient fréquents, et il n'était pas rare qu'un soldat, sans même s'en rendre compte dans le feu de l'action, double ou triple accidentellement la charge de son arme, laquelle pouvait lui exploser à la figure. Dans les meilleurs cas, il était inévitable que le canon soit peu à peu encrassé par les résidus de poudre, empêchant le bourrage ; il était nécessaire de le nettoyer après 10 ou 12 coups. Opération totalement exclue en pleine bataille.

 

Dans des conditions idéales, le feu de mousquetterie était imprécis. Il l'était encore plus pendant la bataille. En 1790, l'armée prussienne mena des essais de tir avec son modèle 1782. Les résultats furent peu impresionnants, attendu que la cible, supposée représenter le front d'une compagnie, soit 32 x 1,8 m, consistait en une structure solide couvrant une surface grosso modo 42% plus grande que n'en occuperait la troupe réelle. Qui plus est, les soldats engagés dans ces tests bénéficiaient de conditions idéales, n'ayant pas la crainte des salves de riposte de l'ennemi.

 

 

Un test ultérieur similaire, avec une cible sur la surface de laquelle étaient peints des soldats en ordre serré, montra qu'environ 25% des balles ne touchaient pas la cible. Même les projectiles touchant les figures peintes n'étaient pas nécessairement létaux, car beaucoup frappaient les coiffures, les pans de l'habit, les buffleteries ou d'autres accessoires. Une analyse des combats montre que 15% des munitions tirées, au plus, atteignaient leur cible. La portée jouait un rôle important dans la létalité : au-delà de 100 mètres, les blessures graves ou mortelles étaient très faibles, alors qu'à 50 mètres, les tirs pouvaient avoir des effets dévastateurs. C'est ce genre de conclusions qui dictaient les tactiques d'emploi des armes. La puissance de feu était efficace à condition d'être délivrée en grand volume et sur un front relativement étroit. C'est pour maximiser les effets du feu, que les hommes étaient déployés épaule contre épaule sur deux ou trois rangs. Un régiment de 1.500 fusils, massé en ligne sur plusieurs rangs, permettait de délivrer une salve de 3.000 coups à la minute, promettant en théorie de causer 450 blessures à des portées inférieures à 70 mètres. Néanmoins, certaines études montrent que 6 balles au plus pouvaient être létales. Par ailleurs, 70 mètres sont franchis en moins d'une minute au pas de charge.

 

Bien plus dangereuse était la carabine. C'était une arme à canon rayé, courte et très précise. Les armées en avaient équipé leurs troupes d'infanterie légère, plus rarement des unités de cavalerie. L'arme était mortelle à des distances bien supérieures à celles du fusil. En dépit d'être considérablement plus légère que le fusil, la carabine était plus difficile à entretenir et à manier. Sa cadence de tir était beaucoup plus faible que celle du fusil, en raison de son mode de chargement, exigeant de la précision et un entraînement rigoureux. La balle était enfoncée dans le canon en force, fréquemment à l'aide d'un maillet, pour qu'elle épouse les rayures du canon. Les Britanniques en furent les utilisateurs les plus enthousiastes, malgré son coût élevé. Ils équipèrent des bataillons entiers avec leur model Baker, la première arme à être fabriquée en masse de l'Histoire. Elle était coûteuse en raison de son mécanisme de précision, mais très appréciée de ses utilisateurs, principalement les hommes des 60e et 95e régiments (légers) d'infanterie. Les Français renoncèrent à son utilisation en 1807, par ordre de Napoléon lui-même, qui trouvait cette arme inutilement coûteuse. Mais la plupart des armées continuèrent à en équiper certaines de leurs troupes pour des missions spéciales.

 

Il y a plusieurs aspects intéressants dans la question de la puissance de feu de l'infanterie. Les Britanniques s'en remettaient à un entraînement méticuleux. Les munitions et la poudre étaient de première qualité. En conséquence, leurs soldats étaient capables de délivrer un volume de feu 50% supérieur à n'importe quelle autre armée. Les Russes étaient handicapés par une pléthore d'équipements différents, un entraînement médiocre et insuffisant, de poudres de mauvaise qualité. Et leur goût prononcé pour l'usage de la baïonnette ne plaidait pas en faveur de la puissance de feu. Il résultait de tout celà que les Russes délivraient des salves d'une efficacité bien inférieure aux standards de l'époque, alors que leurs armes à feu, pour peu qu'elles eussent été correctement utilisées, n'étaient pas techniquement moins bonnes que les autres. Les fusils français s'encrassaient plus vite que les britanniques, parce qu'ils utilisaient une poudre plus lourde et moins filtrée. Mais ils étaient plus faciles à réparer si jamais ils étaient sérieusement endommagés, puisque leur canon pouvait être facilement changé. Toutes les armées, bien sur, s'en remettaient à leurs baïonnettes pour le combat rapproché, quoiqu'il apparaisse aujourd'hui clairement que son efficacité était essentiellement psychologique, les pertes causées par les baîonnettes restant faibles. Ardant du Picq démontre dans son livre « Études sur le combat », que dans la presque totalité des cas, les soldats tirent soit trop haut, soit trop bas, et ne visent même pas leur cible ! Et que de deux forces qui avancent l'une vers l'autre, la plus fragile moralement, fait demi-tour avant d'avoir été abordée.

 


18/06/2018
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