L'ÂGE DES AIGLES (FIRE & FURY NAPOLEONICS)

L'ÂGE DES AIGLES (FIRE & FURY NAPOLEONICS)

Empire d'Autriche-Hongrie


Les bataillons de grenadiers dans la campagne de 1809

 

Source : Alfred Umhey, « Les grenadiers autrichiens, 1805-1815 », in TRADITION Magazine n° 191

 


12/06/2018
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Organisation de l'armée

La Russie mise à part, l'Autriche-Hongrie dispose de l'armée la plus importante capable de s'opposer sérieusement à l'armée française. Issue d'un empire multi-national, parlant plus de cinquante langues, avec une population nombreuse, elle alignait des contingents tirés de toutes les provinces de son vaste territoire, principalement slaves. L'allemand y était la langue vernaculaire. Ses soldats, surnommés « Kaiserliks »par les français, étaient braves et pleins de ressources, toujours capablesd'un retour offensif même après une défaite. Si leur meilleur général était l'archiduc Charles, ils souffraient de défauts rédhibitoires :

 

1. un commandement médiocre, sinon mauvais, pour la raison que les officiers de haut rang étaient choisis selon leur naissance et non en considération de leur talent ; de plus, leurs moindres décisions devaient être approuvées par le Conseil Aulique, sorte de grand-état-major des forces armées, système aberrant, surtout face à des adversaires aussi rapides que les Français. La lenteur autrichienne en était devenue proverbiale ;

 

2. un sens de l'économie poussé à l'extrême ; la démobilisation était couramment suivie d'un arrêt pur et simple du paiement des arriérés de solde ; l'entraînement réduit au minimum et la plupart du temps complètement supendu ; la mobilisation retardée et ralentie par souci d'économies sur le temps de service ;

 

3. des tactiques surannées, datant du siècle de Frédéric ; des formations rigides, manoeuvrant mal et trop lentement ; des trains de bagages immenses pour ravitailler une armée qui avait l'interdiction de se nourrir sur le terrain ; une stratégie de cordon, voulant tout défendre et ne protégeant rien.

 

Toutefois, la cavalerie autrichienne était de haute qualité et passait pour la meilleure d'Europe, tant par l'excellence de ses montures, que par la discipline et la science équestre de ses cavaliers. Exception dans l'armée : ils étaient parfaitement entraînés.

 

1801-1804

Pendant cette période de paix relative, l'armée austro-hongroise alignait :

 

- 60 régiments d'infanterie de ligne

- 17 régiments frontaliers ou Grenzer

- 1 régiment de chasseurs à pied

- 21 bataillons de grenadiers

- 3 régiments de garnison

- 12 régiments de hussards

- 6 régiments de dragons

- 6 régiments de chevau-légers

- 8 régiments de cuirassiers

- 3 régiments de uhlans

 

L'infanterie

           

 

Les régiments étaient identifiés d'une part selon leur ordre numérique d'ancienneté, d'autre part, avec le nom de leur colonel-propriétaire. Traditionnellement, le colonel-propriétaire était membre de la noblesse, et si cette charge était honorifique, elle était accompagnée d'une pension. Cette charge n'était jamais héréditaire et cessait avec la mort de son titulaire. D'où les fréquents changements de nom des régiments. La seule exception concernait l'empereur, toujours colonel-propriétaire du premier régiment de chaque arme. Celà ne conférait aucun statut particulier à l'unité. En pratique, le commandement effectif du régiment était assuré par un lieutenant-colonel.

 

Chaque régiment était recruté dans une zone déterminée dans chacune des régions de l'empire, parmi les habitants de cette zone. Il en résultait que le régiment épousait les caractéristiques particulières de ses recrues, en particulier la langue. L'empire comptant pas moins de 15 langues, l’allemand est la seule langue de commandement, même si les officiers doivent être polyglottes afin d’être compris de leurs hommes.

 

Ceux des régiments recrutés dans les province d'Autriche, de Bohême, de Moravie et de Silésie, étaient « allemands » ; leur effectif était différents de celui des régiments hongrois.

 

Les régiments issus des provinces se répartissaient comme suit :

 

 

Les effectifs réglementaires des compagnies sur pied de guerre étaient les suivants :

 

 

Les compagnies de grenadiers restaient casernées avec leur régiment en temps de paix. En temps de guerre, elles étaient regroupées par 4, 5 ou 6 compagnies dans des bataillons de grenadiers. Ces bataillons constituaient des divisions de réserve.

 

Les régiments de garnison numérotés comme les autres ne comprenaient que 2 bataillons. 2 étaient stationnés en Italie et 1 au Luxembourg. Ils seront rapatriés avec la perte de ces provinces.

 

La montagneuse province du Tyrol jouissait d'un statut spécial dans l'empire. Les Tyroliens étaient un peuple courageux et indépendant. Comme il était impossible de leur imposer un système de conscription, il fut convenu que les Tyroliens assureraient eux-mêmes la défense de leur province. Des unités de milice étaient donc levée à proportion des besoins. En outre, un régiment d'infanterie de ligne et l'unique régiment de chasseurs à piedde l'armée austro-hongroise, portant le n°64, étaient recrutés parmi les volontaires tyroliens. L'effectif réglementaire des compagnies de ces deux unités était moindre que les autres, puisque de 120 hommes seulement sans compagnie de grenadiers.

 

Les chasseurs à pied et les frontaliers assuraient le rôle d'infanterie légère.

 

Les régiments frontaliers comprenaient 2 ou 3 bataillons sur pied de guerre permanent. En campagne, ils rejoignaient l'armée, et leurs postes aux frontières étaient assurés par des régiments de réserve recrutés parmi les hommes les plus jeunes et les plus âgés. Les régiments frontaliers n'avaient pas de grenadiers, mais formaient une compagnie de Serezaners de 100 hommes, toujours musulmans, assurant des missions de courriers et de police militaire. Chaque compagnie disposait d'un

groupe de tireurs d'élite armés d'un fusil à canon rayé.

 

Les régiments frontaliers étaient considérés comme impropres au service en ligne de bataille, car incapables de se plier aux réglements de service et indisciplinés. Toutefois ils étaient unanimement reconnus comme excellant dans le rôle d'infanterie légère, aptes aux coups de main et aux embuscades. Leur courage et leur cruauté étaient bien connus, et leur conféraient une inquiétante réputation.

 

Les régiments frontaliers étaient issus de 4 provinces, dans les proportions et les effectifs suivants :

 

 

 

Le bataillon des Tchaikistes, fort de 1.200 hommes, était recruté parmi les populations vivant sur les rives des tributaires du Danube. Ils devaient fournir des canonnières avec leurs équipages et fournissaient leur expertise aux opérations de franchissement.

  

La cavalerie

La cavalerie autrichienne était d'une excellente qualité, bien montée, bien enraînée et respectée dans toute l'Europe, dont elle avait la réputation d'être la meilleure. La plupart des unités étaient recrutées en Hongrie, où les bons cavaliers et les excellents chevaux ne manquaient pas.

 

Les dragons et les cuirassiers formaient la cavalerie lourde. Chaque régiment était organisé comme suit :

 

 

Le régiment comptait 1.200 hommes en 8 escadrons de 150 hommes.

 

La cavalerie légère regroupait les hussards, les chevau-légers et les uhlans. Les régiments comptaient 1.580 hommes en 10 escadrons de 158 hommes. Les régiments de hussards étaient tous hongrois puisqu'ils formaient également leur cavalerie nationale.  Les régiments de uhlans provenaient de Galicie, ancienne province polonaise. Comme leurs homologues de l''infanterie, les régiments portaient un numéro de séniorité dans leur arme, et le nom de leur colonel-propriétaire. 

   

L'Insurrectio

La contribution de la Hongrie et des territoires qui lui étaient assimilés était faible par rapport à sa population. Les Magyars ou Hongrois, étaient sujets de la Couronne hongroise. Mais les territoires militaires frontaliers faisaient également partie des terres de la Couronne hongroise. Par conséquent, les Croates, les Serbes et les Roumains nés dans ces territoires, étaient assimilés aux Hongrois (à cette époque, le nationalisme n'existait pas), bien que dans les faits, ils n'étaient que des Grenzer, des sujets militarisés de ces terres.

 

La Hongrie répugnait à envoyer une trop grande part de ses hommes à l'étranger, laissant dépeuplées son territoire. Elle devenait une proie tentante pour les Turcs. Afin de contribuer à la défense des frontières, les princes de l'Église, les barons royaux et les barons héréditaires (propriétaires fonciers), devaient lever leurs propres troupes, ou Insurrectio. Les hommes appelés étaient organisés en bataillons d'infanterie et régiments de hussards. Par convention, la Hongrie devait fournir un certain nombre d'unités quand l'Autriche était en danger ; mais ils n'étaient pas destinés à combattre loin des frontières de la Hongrie.

 

Le processus de mobilisation était lent et compliqué, et suivi d'une période nécessaire à l'équipement et à l'entraînement sommaire des recrues. Les campagnes napoléoniennes se caractérisant par leur vitesse, l'Insurrectio était prête quand la guerre prenait fin. Elle ne fût donc jamais d'une grande utilité.

   

L'artillerie

Chacun des 4 régiments d'artillerie était organisé en 4 bataillons, chacun à 4 compagnies. Ce qui faisait au total 64 compagnies. Il n'existait aucun rapport structurel entre ces compagnies et les unités tactiques utilisées sur le terrain. Ces compagnies étaient des unités administratives en temps de paix ; en temps de guerre, elles étaient réparties selon les besoins, chacune avec un détachement d'ouvriers. En principe, chaque pièce était servie par 5 artilleurs et 8 à 10 ouvriers, les obusiers recevant en plus un bombardier.

 

La plupart des pièces étaient attachées directement aux régiments d'infanterie et aux brigades de cavaleire. Chaque bataillon recevait 2 pièces. Les pièces de 3 étaient attibuées aux troupes d'Italie, aux Grenzer et du Tyrol. Les pièces de 6 allaient au reste. L'artilleire de réserve disposait des pièces de 12, mais aussi de pièces de 6 et d'obusiers de 7. Au total, 391 pièces étaient attribuées aux bataillons d'infanterie de ligne.

 

Les pièces restantes étaient réparties comme suit :

- Pièces à cheval : 104

- Obusiers à cheval : 56

- Pièces de réserve : 462

   

Grandes unités

Il n'y avait pas d'unités permanentes au-dessus du régiment. On attribuait un nombre jugé adéquat de régiments d'infanterie et de cavalerie à un théâtre d'opérations, plus une quantité proportionnelle de pièces d'artillerie. Le général en chef  était relativement libre de les répartir entre ses brigdades et divisions temporaires.

 

Cette pratique présentait de sérieux inconvénients. Comme il n'existait pas d'échelons supérieurs permanents, il n'y avait pas non plus d'état-majors expérimentés et rompus au service. Une carence qui handicapait sévèrement les capacités stratégiques et tactiques de l'armée.

 

Sur le champ de bataille, les unités se déployaient généralement sur 3 lignes, mélangeant selon la situation, les régiments d'infanterie et de cavalerie. L'infanterie se plaçait au centre, la cavalerie sur les ailes et en arrière, l'artillerie saupoudrée un peu partout. Ce dispositif était évidemment très vulnérable en terrain accidenté, et pouvait facilement être tourné.

 

1805

L'Autriche nourrissait un profond ressentiment contre la France, après les pertes de territoires qu'elle avait supporté à la fin des campagnes d'Italie ; elle avait bien l'intention de récupérer les fertiles plaines italiennes qu'elle avait perdu. Le comble fut atteint avec le couronnement de Napoléon sur le trône d'Italie, qui eut lieu à Milan. Cette nouvelle situation menaçait les possessions autrichiennes au-delà de l'Adige, et poussa l'empire à se joindre à la 3e Coalition aux côtés de l'Angleterre, de la Russie, de Naples et de la Suède. Opposé à cette attitude et l'ayant fait savoir, l'archiduc Charles tomba en disgrace et fut remplacé par un certain général Mack à la tête de l'armée. Ce dernier  engagea une série de réformes concernant principalement l'infanterie.

 

 

Le nombre des compagnies par bataillon fut réduit de 6 à 4, les compagnies libérées permettant de former de nouveaux bataillons. Celles du 1er bataillon furent appelées « vélites-grenadiers », et jointes aux deux compagnies régimentaires  de grenadiers, formèrent un entier bataillon de grenadiers. Ce bataillon combattait dorénavant avec son régiment. Les compagnies surnuméaires du 2e bataillon et celles du 3e formèrent un 4e bataillon. En temps de guerre, le dépôt formait un 6e bataillon (le 5e étant le bataillon de grenadiers) qui ne faisait pas campagne avec son régiment. Il était plutôt affecté à des missions de garnison ou rejoignait les unités de réserve.

 

L'artillerie attachée se formait en une batterie de 6 pièces. Les pièces de 3 allaient aux régiments d'Italie, du Tyrol et de Grenzer, tout le reste recevant des pièces de 6.

 

Les régiments de Grenzer furent légèrement réformés par l'adjonction d'un bataillon supplémentaire ; ils n'avaient pas de grenadiers.

 

Cette réforme n'eut pas le temps d'être mise en oeuvre partout ; certains régiments, en Italie en particulier, firent la campagne en conservant leur ancienne organisation.

 

1806-1808 et les réformes de l'archiduc Charles

Avec la perte de nouveaux territoires en Italie et au Tyrol, un certain nombre de régiments durent être redéployés en Galicie. Le régiment de chasseurs tyroliens fut licencié et ses hommes, avec ceux des régiments d'infanterie du Tyrol, furent regroupés au sein de 7 bataillons de chasseurs indépendants. En 1809, ces nouvelles unités furent complétées et 2 nouveaux bataillons créés. Ces bataillons stationnèrent en Bohême, en Moravie et en Autriche.

 

La disgrâce de Mack après la désastreuse campagne de 1805, eurent pour conséquence le retour au commandement suprême de l'archiduc Charles. Il engagea immédiatement une série de réformes profondes, qui allaient modifier définitivement les structures de l'armée. Elles tendaient à tirer profit des dures leçons infligées par l'armée française, pour s'inspirer de ses concepts novateurs, puis les adapter à la mentalité autrichienne.

 

En premier lieu, les réformes de Mack furent abandonnées ; les régiments retrouvèrent leur organisation d'avant 1805. Les nouvelles réformes s'attachaient à 4 domaines :

 

1. Introduction du corps d'armée permanent, chaque corps se voyant assigner des régiments groupés en divisions  permanentes. Le corps recevait un état-major permanent, et pouvait maintenant opérer comme échelon autonome. Les corps étaient à peu près équivalents en effectifs, et dotés d'une proportion équilibrée d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie. De tels corps demandaient à leurs généraux préparation, expérience, indépendance et flexibilité. Toutefois, le temps manqua pour y parvenir, et de nombreux généraux resteront attachés à leurs anciens concepts quand débutera la campagne de 1809. Ils seront handicapés par une mentalité rigide, et persisteront à faire preuve d'un manque total d'initiative, ce qui, à leur décharge, leur avait toujours été demandé. Le Conseil aulique demeurait une instance contraignante qui voulait continuer à tout diriger de loin

 

2.La pratique de l'attachement de pièces d'artillerie aux régiments fut abandonnée, sauf pour les régiments frontaliers. L'armée avait souffert du feu de l'artillerie française. Alors que les batteries autrichiennes étaient éparpillées entre les régiments, les Français étaient capables de concentrer rapidement des masses d'artillerie pour écraser leurs adversaires. L'artillerie autrichienne était incapable de faire de même, ou de délivrer des feux de contre-batterie. Charles regroupa les pièces régimentaires en batteries, affectées aux divisions d'infanterie à la manière française. Les pièces à cheval et de position (batteries de 12), furent regroupées en batteries à cheval assignées aux formations de cavalerie pour les premières, en batterie de réserve pour les secondes.

 

3. L'infanterie légère était méprisée et tenue pour peu efficace, cette attitude résultant du fait que cette mission était traditionnellement dévolue aux Grenzer, regardés comme sujets de seconde zone. Malgré ce préjugé, Charles prit des mesures pour doter l'armée de troupes légères régulières. Les bataillons de chasseurs (Jäger) furent créés pour remplacer les Grenzer, plus efficaces dans leur rôle de garde-frontières. En outre, il fut envisagé de faire appel aux corps francs (Freikorps) issus de la Landwehr.

 

4.La dernière et la plus controversée des réformes présentées par Charles, était la levée d'armées de prmière et de seconde réserve. Composées pour la première d'une Landwehr qui restait à créer, et pour la seconde de corps francs, ces forces auraient été sérieusement entraînées pendant la paix sur la base de périodes d'instruction obligatoire. L'empereur rejeta cette idée, au motif que l'armée était composée de professionnels généralement engagés à vie, et responsables devant lui. Il n'en aurait pas été de même avec des civils n'effectuant que des périodes de réserve. En outre, la noblesse craignait qu'en armant et en entraînant la population, elle aurait eu les moyens de fomenter avec succès des rebellions contre l'ordre social établi.

  

1809

Le piège espagnol se refermait sur l'armée française qui subissait de mourdes pertes. Des troupes de plus en plus nombreuses furent transférées d'Allemagne en Espagne. Les échecs français dans la Péninsule incitèrent le parti de la guerre à tenter une nouvelle fois de récupérer les territoires perdus. Ce parti, animé par l'impératrice, avait beaucoup de sympathisants dans sa propre famille et dans toutes les familles qui avaient perdu leurs propriétés foncières italiennes. Leur opinion était de profiter de la faiblesse de la France pour l'attaquer par surprise, obtenir des appuis auprès des princes allemands et obtenir une victoire décisive rapide. L'archiduc Charles ne partageait pas l'optimisme et l'enthousiasme des va-t'en-guerre de la cour. Il estimait que la réorganisation et la montée en puissance de l'armée n'étaient pas suffisantes, et conseillait d'attendre le moment favorable. L'empereur était d'un avis différent qui l'emporta. Charles accepta toutefois de rester au commandement suprême de l'armée.

 

L'infanterie

Comme nous l'avons déjà dit, l'infanterie retrouva son organisation d'avant 1805.

 

 

 

L'effectif moyen d'une compagnie de fusiliers était d'environ 160 hommes.

 

Ne subsistaient plus que 2 régiments de garnison. Ils étaient organisés comme les régiments de ligne, mais n'avaient que 2 bataillons et pas de grenadiers. L'effectif réglementaire des bataillons était fixé à 1.114 hommes. Leur mission consistait à occuper les forteresses de la côte adriatique.

 

Chaque bataillon de chasseurs comportait 6 compagnies et un dépôt, pour un effectif réglementaire de 1.084 hommes. En réalité, la compagnie ne comptait généralement sur le terrain 120 hommes au plus. Les hommes des deux premiers rangs étaient armés d'une carabine légère et très précise avec une réserve de 60 coups ; les hommes du 3e rang et les sous-officiers étaient armés d'un fusil rayé avec une réserve de 100 coups.

 

Les régiments frontaliers étaient à 2 bataillons de campagne plus un de réserve. L'organisation de ces bataillons était la même que dans la ligne, mais ils n'avaient pas de grenadiers et disposaient de 4 canons de 3 régimentaires.

 

L'archiduc Charles ordonna l'abandon des vieilles tactiques linéaires. Dorénavant, les bataillons utiliseraient la formation dite « bataillon-masse », « division-masse » ou carré. Le bataillon-masse était une colonne compacte de compagnies, entraînées à faire face à la cavalerie en s'arrêtant, les hommes des rangs intérieurs se pressant vers le centre, les rangs extérieurs faisant face vers l'extérieur. On obtenait un bloc solide et irrégulier de baïonnettes. Cette tactique avait très bien fonctionné contre les Turcs, et n'exigeait pas autant d'entraînement que la formation du carré classique.

 

Chaque bataillon formait 3 divisions de 2 compagnies chacune. Si nécessaire, chaque division pouvait opérer comme une unité tactique indépendante. Dans ce cas, chacune était amenée à former sa propre « masse » de la même façon que le « bataillon-masse ».

 

L'artillerie

Les pièces ex-régimentaires furent organisées en batteries de 8 pièces de 3 ou de 6. Quelques unes reçurent des pièces de montagne en vue d'opérer dans les Alpes.

 

Les pièces de 12 réunies par 4 avec 2 obusiers de 7, formèrent des batteries dites « de position » destinées aux réserves des corps d'armée.

 

Les batteries à cheval comprenaient 4 canons de 6 et 2 obusiers de 7.

 

Les artilleurs dont l'entraînement était insuffisant, étaient remplacés par des ouvrier d'artillerie. En temps de paix le corps des ouvriers d'artillerie comprenait 8 compagnies, mais elles furent renforcées à 40 en 1809. Chaque compagnie pouvait servir 3 batteries en moyenne.

 

En 1809 l'armée disposait de 120 batteries. En théorie, chaque corps recevait 2 batteries de 12, 1 batterie de 6 à pied et une batterie de 6 à cheval.

 

Les corps techniques

 

Le bataillon des pontonniers comprenait 6 compagnies de 128 hommes. Il était équipé du matériel de franchissement.

 

Le corps des mineurs était constitué de 5 compagnies de 120 hommes. Sa mission était l'attaque et la défense des places et toutes les techniques de la guerre de siège.

 

Le corps des sapeurs était constitué de 3 compagnies de 256 hommes. Il participait avec le corps de mineurs à l'attaque et à la défense des places.

 

Le corps des pionniers comprenait 9 divisions de 398 hommes. Il aménageait les positions de campagne et les emplacements d'artillerie.

 

L'Insurrectio

Les effectifs totaux des Insurrectio sont inconnus. Par contre, les unités qui furent mobilisées pour la campagne de 1809 et qui participèrent plus ou moins aux opérations, sont les suivantes :

 

- Insurrectio hongroise : 18,5 bataillons d'infanterie et 16 régiments de hussards ;

- Insurrectio croate : 10 bataillons d'infanterie et 12 escadrons de cavalerie ;

- Insurrectio slavique : 5.000 hommes ;

- Insurrectio de Sienbergen : 4 régiments d'infanterie à 1.750 hommes chacun environ et 1 régiment de cavalerie à 1.500 hommes.

 

Forces de seconde ligne

 

Landwehr

La Landwehr fut créée le 8 juin 1808. selon les estimations, elle devait fournir 230.000 hommes. Son rôle n'était pas de participer aux opérations militaires, mais de se livrer à des actions de guerilla et à garnir les forteresses, libérant de ces missions les troupes régulières. Tous les hommes âgés de 18 à 45 ans étaient mobilisables. La Landwehr recevait 21 jours d'entraînement par an. Chaque fois que nécessaire, une fraction de ses unités pouvaient être mobilisées pour une durée limitée au temps des hostilités.

 

Chaque province était constituée de plusieurs districts, chaque district devant fournir de 2 à 5 bataillons. Les bataillons étaient identifiés par le nom de leur lieu d'origine, et comprenait en principe 6 compagnies.

 

En 1809, la Landwehr autrichienne était ainsi constituée :

 

- Basse-Autriche : 19 bataillons en 2 brigades ;

- Haute-Autriche : 15 bataillons en 2 brigades (mais cette province sera envahie avant la mobilisation complète) ;

- Autriche intérieure : 36 bataillons (Steiermark : 13 bataillons à 800-1000 homme chacun ; Carinthie : 5 bataillons à 750-800 hommes chacun ; Carniole : 10 bataillons à 700-900 hommes chacun ; Salzbourg : 4 bataillons ; Adriatique : 2 bataillons ;

Gorlice : 2 bataillons) ;

- Sudètes : 84 bataillons (Bohême : 55 bataillons en 7 brigades ; Moravie et Silésie : 12 bataillons en 2 brigades).

 

Volontaires et corps francs

Les volontaires et les corps francs étaient levés parmi les membres de la Landwehr les plus motivés pour défendre le pays. Levées pour la durée de la campagne, ces unités étaient en tous points semblables à la Landwehr quant à l'oganisation et à l'identification. Dans quelques cas, ce sont des unités complètes de la Landwehr qui se donnèrent le titre de volontaires ou corps francs.

 

Les unités suivantes ont été recensées :

 

- Volontaires de Vienne :

C'est l'unité la plus connue en raison de leur belle conduite à Ebelsberg et à Aspern-Essling. Ils étaient constitués de 6 bataillons articulés en 2 brigades, 1 compagnies de carabiniers et 2 escadrons.

 

- Légion de l'Archiduc Charles :

Levée en Bohême, elle comprenait 6 bataillons. Le 1er, levé parmi les étudiants de l'université de Prague, était une unité de chasseurs. Les bataillons furent assignés individuelement dans les corps de l'armée régulière.

 

Volontaires d'Autriche Intérieure :

Le district fournit 4 bataillons, dont un (celui de Salzbourg) était un bataillon de chasseurs.

 

Volontaires de Moravie et Silésie :

Le district leva 2 bataillons.

 

Corps franc dalmate :

Les Grenzer retraités du service formèrent 1 bataillon.

 

Volontaires de Bukovine :

La Bukovine produisit 1 bataillon, 2 escadrons de cavalerie légère albanais, 1 escadron de chasseurs à cheval et 1 escadron noble.

 

Freikorps Lobkowitz :

Cette unité de chasseurs est mentionnée mais je n'ai aucune précision la concernant.

 

Volontaires de Siebenberg :

2 bataillons et 4 escadrons, ces derniers à 150 hommes chacun.

 

Corps franc silésien de vob Schill :

1 bataillon et 1 escadron, ce dernier à 240 hommes.

 

Bataillon franc de Moravie :

Formé de 2 bataillons de landwehr.

 

Corps franc de carneville :

2 bataillon et un détachement de hussards (66 hommes).

 

Chasseurs de montagne d'Arad :

Cette unité est mentionnée mais je n'ai aucune précision la concernant.

 

Légions de cavalerie franques et de Bayreuth :

3 escadrons de uhlans.

 

Régiment des dragons bohêmiens :

Unité d'un millier d'hommes environ levée à l'automne 1809.

 

1813-1814

Depuis 1809, un certain nombre de changements c'étaient produits.

 

Infanterie

 

 

Les régiments avaient maintenant 6 bataillons 'environ 1000 hommes, et 2 compagnies de grenadiers. La Landwehr avait été incorporée aux régiments d'infanterie. Ils étaient levés dans les districts de recrutement de leur régiment de rattachement. D'ordinaire, seuls les 3 premiers bataillons du régiment étaient assignés à l'armée levée pour une campagne. Les autres étaient employés aux missions de garnisons, de siègle ou de sécurité des frontières. Les compagnies de greandiers étaient, comme par le passé, réunies en 19 bataillons indépendants.

 

Cavalerie

 

Les régiments de cavalerie lourde (cuirassiers et dragons) étaient organisés en 6 escadrons dont 2 de dépôt, qui n'étaient pas mobilisés. L'effectif réglementaire de l'escadron était de 144 hommes.

 

Les régiments de cavalerie légère (hussards, chevau-légers et uhlans) comprenaient 8 escadrons, dont 2 de dépôt. L'effectif réglementaire de l'escadron était de 180 hommes. Un 4e régiment de uhlans sera levé à la fin de l'année 1813.

 

Artillerie

 

En 1813, les batteries de campagne furent réorganisées sur le modèle des batterie de position (ou de réserve), de sorte que toutes les batteries comptaient maintenant 4 pièces de campagne et 2 obusiers.

 

Deux batteries de 18 firent leur apparition dans l'arsenal de siège.

 

En octobre 1813, l'artillerie autrichienne alignait 97 batteries et 660 pièces.

 


07/06/2018
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