L'ÂGE DES AIGLES (FIRE & FURY NAPOLEONICS)

L'ÂGE DES AIGLES (FIRE & FURY NAPOLEONICS)

Comptes-rendus de parties


Passage de la Berezina (1812)

Le passage de la Berezina est l’une des batailles les plus intéressantes et les plus inhabituelles de cette période. Les forces françaises épuisées commencent la bataille des deux côtés de la rivière pendant que deux armées russes convergent de directions différentes. Notre scénario comporte également des règles spéciales pour représenter les 40.000 retardataires mêlés à la Grande Armée. Nous n'avions pas assez de temps (3 heures) pour jouer un scénario d'une telle ampleur, mais voici ce que nous avons réussi à accomplir...

 

Wittgenstein (à gauche) débouche sur le champ de bataille à la poursuite du corps de Victor.

 

Le pont de fortune sur la Berezina, avec deux groupes de retardataires prêts à traverser.

 

07:00. Les forces françaises commencent à se déployer sur le terrain, avec le corps de Victor sur la rive est. Avant la bataille, Napoléon choisit également de placer la Garde impériale avec Victor, espérant gagner du temps pour permettre à certains retardataires de traverser la rivière et d’éviter la capture. Toutes les forces russes commencent la partie en dehors de la table, sous le commandement en chef de l'amiral (oui, l'amiral) Pavel Chichagov.

 

07:30. Les trainards français commencent à traverser la rivière, protégés par une puissante force de couverture. S'approchant maintenant du sud, Wittgenstein et Chichagov ne perdent pas de temps à les poursuivre. Le champ de bataille se remplit rapidement de colonnes d’infanterie et d’artillerie russes qui se déplacent lentement. Les commandants russes lancent leur cavalerie en avant. Sans soutenir l’infanterie, c’est un gambit audacieux mais peut-être nécessaire pour ralentir la retraite des Français.

 

08:00. "Faites sonner la charge!" Sur les deux rives du fleuve, la cavalerie russe s'enfonce dans la ligne française. Mais les Français sont prêts et attendent de recevoir l’attaque sur les deux fronts. Un moment à la fois tragique et incroyable se produit lorsque 750 dragons russes chargent trois batteries de la Garde impériale. Toute la brigade de cavalerie est balayée par un tir à mitraille inouï. Le long de la ligne, les Français tiennent bon et repoussent l'attaque impétueuse des Russes.

 

La charge des 750 dragons russes sur les trois batteries de la Garde impériale.

 

08:30. Impatients de prendre la route de Vilna vers une sécurité relative, certains retardataires se déplacent et sortent de la surface de jeu. Cela satisfait certaines conditions de victoire françaises pour le scénario. Environ la moitié du corps de Victor a également traversé la Berezina en direction de Vilna. Mais tout ne va pas si bien pour l'action d'arrière-garde de Napoléon. Wittgenstein et Chichagov ne sont pas dissuadés par l'échec de leur première vague d'attaque, et continuent d'envoyer davantage de cavalerie russe dans la fournaise. L’artillerie de réserve russe finit par se mettre en batterie et commence à contre-battre ses homologues français par des tirs réussis.

 

09:00. Le corps d'Oudinot est maintenant soumis à une forte pression de la part de Chichagov, qui lance des actions coordonnées de cavalerie et d'infanterie. Tactiquement, les Français se débrouillent bien ... mais tout l'horizon semble rempli d'infinies colonnes d'infanterie russe.

 

09h30: Désireux de laisser plus de temps aux retardataires pour traverser le fragile pont sur la Berezina, Napoléon déploie la Garde Impériale pour le couvrir. Victor est en danger d'effondrement total et la cavalerie de la Garde se plonge dans une nuée de cosaques, les dispersant avec facilité.

 

10:00. Le combat pour le pont est engagé ! La marche de Wittgenstein, est soutenue par des colonnes d'infanterie de plus en plus nombreuses. La ligne de front russe, le long de la rive est, se trouve maintenant à un kilomètre et demi du pont et les restes du corps de Victor s’échappent pendant qu’il en est encore temps. La Garde Impériale forme une position défensive solide et compacte pour devenir la nouvelle arrière-garde. Sur la berge opposée, Chichagov remporte un certain succès avec une attaque de cavalerie sur le flanc droit de Napoléon. L’Empereur est fortement engagé sur tout son front, rendant impossible d'imaginer un désengagement sur Vilna.

 

Conditions de victoire :

Nous n'avons pas eu assez de temps pour mener la bataille jusqu'à une conclusion satisfaisante Il est donc difficile de prédire qui aurait pu gagner. Mais même après une matinée de combat, deux observations peuvent être faites :

1. Les Russes ont beaucoup souffert, avec plus de 5 000 pertes, principalement dans la cavalerie, quand les Français ont perdu moins de 1.000 hommes. (2) Les Français ont été fortement accrochés tout long du front, ce qui rendait difficile une retraite en ordre dans l'après-midi même. La partie n'a pas été assez avancée pour permettre un calcul réaliste des points de victoire.

 

Les généraux russes travaillent dur et avancent du sud sur les deux rives de la Berezina.

 


15/10/2018
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Polotsk en format réduit chez Archduke Piccolo (http://archdukepiccolo.blogspot.com)

Le week-end dernier, après une pause de quelques mois, Geoff et moi nous sommes à nouveau réunis pour une partie de l'Âge des aigles avec ses troupes en 15 mm. Durant la nuit et au petit matin, j'ai revisité le scénario de la première bataille de Polotsk (17 août 1812) pour le rendre jouable en une demi-journée.

 

Au cours de l'offensive de la Grande Armée en Russie, le 2e corps d'Oudinot fut détaché au nord de l'axe de marche principal, en partie comme flanc-garde, mais aussi comme lien entre l’armée principale, et le corps de Macdonald progressant sur Riga, compte tenu des grandes distances qui les séparaient. Après plusieurs semaines de manœuvres indécises, Oudinot fut renforcé par le 6e corps (bavarois) de Gouvion St-Cyr.

 

Voyant les Français et les Bavarois camper tranquillement autour de Polotsk, Wittgenstein décida une attaque brusquée contre la division bavaroise de Wrede, plus exposée dans les environs du couvent de Spas. Dans le scénario joué, l’objectif des Russes est de prendre le couvent de Spas et de le tenir : les Français l'occupent en début de partie et la gardent, ou ils devront la reprendre et, si possible, chasser les Russes du champ de bataille. La préparation du scénario a été plutôt précipité (une heure environ, y compris les étiquettes), de sorte que la recherche historique n'a pas été aussi approfondie qu'elle aurait pu l'être.

 

Les forces en présence étaient les suivantes :

 

Armée russe : Wittgenstein

 

Avant-garde : Koulnieff

1ère brigade de chasseurs : R 6/4/2 Sk

Cosaques et hussards : C 6/5/4 LC

Batterie à pied : R 6# Ft

 

Ligne de bataille principale : Berg

2e brigade de chasseurs : R 6/4/2 Sk

1ère brigade d'infanterie de ligne : R 12/9/6

2 batteries à pied : R 6# Ft

 

Deuxième ligne: Karkhovski

1ère brigade de grenadier: E9/6/4

2e brigade de grenadier: E9/6/4

3e brigade de grenadier: E6/4/2

4e brigade de grenadier: E6/4/2

Batterie à pied : R 6# Ft

Batterie à cheval : R 6# Hs

 

Ligne de réserve : Sazonov

3e brigade de chasseurs : R 6/4/2 Sk

2e brigade d'infanterie de ligne : R 12/9/6

2 batteries à pied : R 6# Ft

 

Cavalerie de réserve: Repnine

Cuirassiers : E6/4/2 AHC

Réserve d'artillerie

Batterie à pied : R 6# Ft

Batterie lourde : R 12#

 

Remarques :

1. Toute l'infanterie est colonnaire.

2. L'armée toute entière se déploie comme indiqué sur la carte, conformément aux instructions du scénario.

 

Armée française : Oudinot

 

IIe Corps (-) de la Grande Armée : Oudinot

 

Division Legrand

1ère brigade d'infanterie de ligne : R 8/6/4 Sk

2e brigade d'infanterie de ligne : R 8/6/4 Sk

Batterie à pied : R 6# Ft

 

IIe corps de cavalerie : Corbineau

1ère brigade : R 6/4/2 LC

2e brigade : R 6/4/2 LC

 

Cavalerie lourde : Doumerc

Brigade decuirassiers : E 7/5/3 AHC

 

VIe corps d'armée (bavarois) : Gouvion St-Cyr

19e division : Wrede

3e brigade d'infanterie de ligne : R 8/6/4 Sk

4e brigade d'infanterie de ligne : R 8/6/4 Sk

3 x batterie à pied : R 6# Ft

 

20e division : Deroi

5e brigade d'infanterie de ligne : R 9/7/5 Sk

6e brigade d'infanterie de ligne : R 9/7/5 Sk

Batterie à pied : R 6# Ft

Batterie lourde : R 12#

 

Notes :

1. Toute l'infanterie est colonnaire.

2. Le IIe corps se déploie entre Polotsk (excluse) et la colline à l'ouest (incluse).

3. La 19e division (Wrede) se déploie dans et autour de Spas lui-même, les étangs et les colline à l'ouest de là.

4. La 20e division (Deroi) se déploie à l'est de Polotsk.

 

Compte tenu de l'objectif consistant à prendre le couvent de Spas, Wittgenstein avait placé ses espoirs dans les meilleures troupes dont il dispose, la division de grenadiers Karkhowski. Les quatre brigades, en colonnes, chargèrent résolument le couvent avant que le IIe corps et la 20e division bavaroise de Deroi puissent espérer intervenir. Mais Gouvion St-Cyr ayant anticipé une attaque, avait attaché Wrede à la garnison du couvent (8 bases d'infanterie et 1 d'artillerie). St-Cyr lui-même se tenait sur la colline de l'autre côté des étangs avec la deuxième brigade de la division et le reste de son artillerie. Commandant la bataille dans son ensemble, Oudinot dirigea la division Deroi sur le flanc droit de Wrede, tandis que les éléments disponibles de son propre corps, la division Legrand, la cavalerie de Corbineau et une batterie, se portèrent sur la gauche.

 

Pour sa part, Wittgenstein concentra presque toutes ses troupes entre les grands bois et la route du nord-est. Cela impliquait que la division Sazonov soit laissée à l’arrière, hors table, et donc dans la zone des réserves, avec les problèmes qui en découleraient.

 

Lorsque les grenadiers de Karkhowski engagèrent l'assaut du couvent, la garnison ne pût compter que sur ses propres ressources. Surclassée à trois contre un (30 bases d’infanterie) sur 4 colonnes contre 8 bases et une batterie, le tir de la garnison fut inefficace. Les Russes arrivèrent comme une vague, mais elle se brisa sur un rocher. Le général attaché (+1) et les murs de bois (+1) réduisirent l'avantage du nombre (-3) et de la qualité (-1 net) à -2 seulement au final. Le score en faveur des défenseurs (+4) fut suffisant pour repousser les attaquants. Mais ce n'était pas une victoire pour autant, pas encore. Les grenadiers se retirèrent pour se réorganiser en vue d'une deuxième tentative.

 

À l'ouest de Spas, l'autre brigade de Wrede était formée avec deux batteries, le commandant du corps lui-même se tenant sur la colline surplombant les étangs. Cette brigade devait subir le bombardement destructeur de cinq batteries russes. L'une des batteries bavaroises fut réduite au silence dès le début et finalement détruite, tandis que l'infanterie fut également mise hors de combat. Mais en choisissant de ne pas se déployer à l'ouest des grands bois près de Prismenitsa, Wittgenstein commençà rapidement à connaître de graves problèmes de mouvement. En pressant les chasseurs de Berg dans ces bois épais, il dut envoyer sa cavalerie lourde à travers le village lui-même, tandis que l'espace entre cet endroit et le bois était à peine assez large pour accueillir les colonnes qui le traversaient.

 

Inquiet de l'approche des cuirassiers français, Wittgenstein ordonna à sa cavalerie légère de charger les cuirassiers. Une véritable course à la mort à prmière vue. Mais son but était simplement de gagner du temps et de l’espace pour les colonnes d’infanterie suivantes. Au fur et à mesure, les cavaliers de Koulnieff réussirent très bien, effectuant deux charges avant d'être finalement dispersés et rejetés à l'arrière. La première charge se terminait par une victoire plus que marginale des cuirassiers, les cosaques et les hussards ne se retirant que sur une courte distance. Ralliés au tour suivant avec "élan", ils se retournèrent dans la mêlée, mais cette fois le déséquilibre était trop grand et ils fut rejetés avec pertes. Cependant, le temps ainsi gagné était inestimable pour les Russes.

 

Pendant tout ce temps, l'action autour de Spas s'était poursuivie sans relâche. Le mouvement de Deroi vers le flanc droit de Wrede avait été quelque peu lent (résultat « Prudence » sur la Table de mouvement tactique). Heureusement, le second assaut fut affaibli par l'incapacité des brigades flanquantes à se rassembler assez tôt. Après quelques hésitations, Karkhowski s'est lancé à l'attaque du centre. La tempête de feu qui l'accueillit (« Tir efficace ») causa 1 perte et désordre à chacune des deux brigades, donna l'avantage aux défenseurs dans le combat qui s'ensuivit (un +5 net). Les assaillants furent cette fois repoussés brutalement, laissant plus d’un millier de prisonniers aux mains des Bavarois (le score fut un énorme 10-1 en faveur des Français!).

 

Sans être perturbé par cette importante défaite, et bien qu'une brigade soit maintenant épuisée (réduite de 9 à 4 bases) et une autre fatiguée (réduite de 6 à 4), Karkhowski n'était pas pour autant dissuadé. La division Deroi n'était pas encore très proche, même si elle commençait à traverser maintenant le ruisseau près du couvent. Une autre attaque ne pouvait être montée. Après avoir déployé deux batteries face à Deroi, Karkhowski lança sa troisième attaque.

 

Il avait réussi cette fois-ci à rallier toutes ses brigades (même si maintenant il ne restait plus que 23 bases sur les 30 que sa division comptait au début), et ils y retournèrent. Encore une fois, l'avantage était aux attaquants (un net +1, +2 si Karkhowski s'était attaché à l'une des brigades). Bien que les tirs aient été un succès modéré, ce fut le combat autour des murs du couvent qui décida de l'issue. Les Bavarois obtinrent un score de combat supérieur aux Russes, pour la troisième fois, avec un écart suffisant pour rejeter les assaillants.

 

Sur l'autre aile, après avoir rejeté la cavalerie légère russe, les cuirassiers se rassemblèrent pour attaquer une position ennemie dangereuse, constituée par trois batteries devant le village de Prismenitsa. Bien que montrant un petit élan, le score sur la colonne « En désordre » était suffisant pour rallier, mais ne leur permettait de se déplacer que de la moitié seulemnt de leur vitesse normale. C'était juste assez pour atteindre la batterie la plus proche. La charge comportait un certain risque : trois batteries légères russes tirant dans des masses de cavalerie à bout portant. Ayant déjà perdu une base au feu, les cuirassiers d'élite auraient pu être réduits à moins de la moitié de leur force, désordonnés et fatigués avant même d'être arrivés au contact ! Trois batteries légères russes à 11 points de feu, 33 au total. Les Russes obtinrent un quatre ! Cela n'aurait pas pu être beaucoup mieux pour les Français et aurait pu être bien pire : un dix aurait coûté 3 bases et laissé les cavaliers épuisés avant le combat. Les cuirassiers perdirent une base et furent mis en désordre, mais avec le général Doumerc lui-même menant la charge. Bien que les tirs soient meurtriers à courte distance, les artilleurs n’étaient pas de taille pour des cuirassiers même en désordre (un net +3 car l’unité était d'élite).

 

Le résultat fut celui auquel on pouvait s'attendre : les trois batteries furent ramenées dans le village et réduites au silence. Derrière cette charge, on pouvait distinguer l’infanterie d’Oudinot s’approchant de Prismenitsa aussi rapidement que possible. C'est à ce moment que nous nous sommes aperçu qu'il était temps d'arrêter la bataille. Mais il restait la question de la « charge de percée » contre la colonne d'infanterie entre village et bois. Nous avons décidé de la jouer avant d'arrêter.

 

Mais avant de passer à cette attaque, il est possible que nous ayons commis une erreur. Vous vous rappellez que les cuirassiers ne pouvaient atteindre que la plus proche des trois batteries. Maintenant, il est vrai que leur proximité signifiait que les deux autres batteries étaient des participantes collatérales au combat ,ce qui faisait 3:2 plutôt que 4:1. C'est pourquoi je ne suis pas sûr que les résultats de la bataille auraient dû s'appliquer sur un rapport de 4:1. Devait-on considérer que les trois batteries étaient engagées ou seulement celle qui était physiquement contactée ? Si c'est le deuxième cas qui s'applique, une percée aurait porté la cavalerie sur les deux autres batteries. [NdT : les batteries d'artillerie ne peuvent pas s'attacher entre elles. En conséquence, seules les batteries physiquement au contact peuvent être engagées dans un même combat]

 

Je m'aperçois également que, dans le feu de l'action, la perte d'une base a réduit les cuirassiers de sept à cinq (?). En fait, elle a commencé avec 6 bases, alors que son étiquette lui en donnait 7. Une erreur de préparation dont on aurait pu s'apercevoir en regardant plus souvent nos étiquettes...

 

Un peu plus tôt, Wittgenstein avait envisagé de former cette colonne en carrés, mais y a renoncé. En général, le carré est considéré comme une sorte de réaction à une charge de cavalerie, mais les règles permettent d’adopter volontairement cette formation. Malgré leur rareté, il y a des occasions où cela pourrait ne pas être une si mauvaise précaution. C'était le cas dans cette situation. Les cuirassiers étaient si proches lorsqu'ils percèrent, que l'infanterie eu trop peu de temps pour se former en carrés. Explication :

 

Scores obtenus: 4-4.

 

DRM pour les cuirassiers :

+1 : Doumerc attaché ;

+2 : cavalerie attaquant l'infanterie d'une distance inférieure à 5" ;

+2 : AHC ;

+1 : percée ;

+2 : élite ;

-2 : infériorité numérique de 2:1 (cela aurait été vrai même avec les 6 bases que la cavalerie aurait dû avoir) ;

-2 : désordre ;

-1 stand perdu pendant la phase d'incendie actuelle (c'est-à-dire pendant la charge sur les canons).

Total net : 4 +5 = 9 [NdT : en ayant oublié le bonus de fraîcheur]

 

DRM pour l'infanterie russe :

+1 : formation soutenue

+2 : unité fraîche

+1 : unité R.

Total net : 4 +4 = 8

 

Le DRM net aurait donc été de 9-8 en faveur des Français, ce qui aurait forcé l'infanterie à reculer de 2". Cela aurait mis fin à la charge des cuirassiers. Notez qu'un résultat légèrement négatif n'aurait pas trop préoccupé le maréchal Oudinot (moi). La charge devait couvrir l'avance de l'infanterie de toute façon, et le résultat plutôt meilleur que prévu. À ce moment-là, nous étions d'accord pour dire que c'était une victoire française dans l'ensemble, et qu'il était peu probable que les Russes puissent prendre le couvent, avec la division Deroi bien placée pour menacer le flanc gauche russe.

 

Pour finir, un certain nombre de points intéressants me sont apparus pour expliquer certaines décisions prises au cours de la partie, et qui s'expliquent historiquement, bien qu'à première vue peu motivées :

 

1. Laisser des troupes se faire tirer dessus sans riposter. C'était la position dans laquelle j'ai placé la deuxième brigade de Wrede, avec Gouvion St-Cyr à proximité (mais pas « attaché »). Cette brigade, même avec deux batteries attachées, a essuyé les tirs répétés de 5 batteries, ce qui lui a coûté au moins une base et une batterie détruite. Son tir de riposte provenant de deux batteries légères était loin de conter-battre l'artillerie ennemie. Mais placer la brigade derrière la colline aurait peut-être poussé Wittgenstein à concentrer ses batteries contre Spas, ramollissant la garnison avant l'assaut majeur. Ainsi, l'attitude de Napoléon, apparamment impitoyable, de laisser les Conscrits de la Garde être mis en pièces « pour rien » à Craonne (1814) prend tout son sens.

 

2. "Les charges de la mort". L'attaque apparemment suicidaire de la cavalerie légère russe était à mon avis amplement justifiée par le temps gagné, et a facilité l'avance de l'infanterie. Le fait que les cuirassiers français pouvaient encore attaquer était simplement une chance pour eux. Parfois, vous devez ordonner à vos troupes de mener à bien des tâches impossibles à réaliser. Ainsi, avec un risque relativement faible pour sa petite escorte polonaise, Napoléon espérait gagner un temps précieux au col de Somosierra (1808) en ordonnant à ses 88 lanciers de forcer le passage. L’échec de cet effort n’a pas coûté de temps, bien que 60 hommes y aient perdu la vie, mais par contre, un succès aurait beaucoup rapporté.

 

3. Wittgenstein entreprend son attaque initiale sans préparation d'artillerie. C'était à mon avis une bonne décision, car :

(a) les chances de succès de sa première attaque étaient proches de 4: 1, les soutiens français et bavarois étant trop éloignés pour apporter leur aide ;

(b) une fois établis dans le couvent, les Russes auraient été très difficiles à déloger. La victoire eut été acquise à ce moment-là.

 

 

 

 

 


18/09/2018
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