L'ÂGE DES AIGLES (FIRE & FURY NAPOLEONICS)

L'ÂGE DES AIGLES (FIRE & FURY NAPOLEONICS)

Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande


Organisation de l'armée

L'Angleterre était l'adversaire le plus acharné et le plus opposé aux rêves d'expansion de la France vers ses frontières naturelles. Entre 1792 et 1815, il n'y eut qu'une seule période de paix qui dura moins de deux ans. Traditionnellement, la politique étrangère de l'Angleterre a toujours consisté à maintenir un équilibre des forces sur le continent, en intervenant militairement si c'était nécessaire. En général cette politique menait à se ranger aux côtés des ennemis de la France. À cet égard, peu importait de savoir si un Bourbon ou un Bonaparte gouvernaient la France. L'important pour les Britannique était de s'assurer de la neutralité et de l'indépendance des Pays-Bas. Il était donc nécessaire de les aider au besoin à rester à l'abri de toute domination d’une puissance continentale quelle qu'elle soit, mais particulièrement de la France. Ainsi, en 1793, les troupes britanniques combattirent pour la première fois la France révolutionnaire en Belgique, dans une vaine tentative pour en prévenir l'invasion. Tant que la France teindrait les Pays-Bas, aucune paix durable entre la France et l'Angleterre n'était envisageable.

 

Le roi George III d’Angleterre était également roi de Hanovre, petit État allemand situé dans la plaine d'Allemagne du Nord. George était devenu roi d'Angleterre mais demeurait également prince-électeur de Hanovre et continuait d'y être fortement attaché (il en deviendra roi en 1814). Il savait bien qu'une guerre avec la France entraînerait inévitablement l'invasion du Hanovre, ce qui se produisit en 1804.

 

L'Angleterre disposait de trois armes : son argent, sa marine et son armée. Trois coalitions contre la France furent organisées en payant de lourdes subventions pour recruter et armer les forces de ses trois principaux alliés continentaux : l'Autriche, la Prusse et la Russie. Chacune à son tour s'est effondrée sous les coups de l'armée française. La Royal Navy (marine anglaise) était le soutien principal et le pilier de l’Empire colonial. Elle protégeait la métropole d'une invasion, assurait les liaisons avec ses colonies et pouvait transporter des troupes pour aller s'emparer de celles de ses ennemis. Dans les guerres à venir, les colonies capturées pourraient être soit conservées, soit échangées, en compensation des pertes continentales. La Navy a toujours reçu la priorité budgétaire afin de la maintenir en nombre suffisant pour être à parité avec celles de toutes les autres marines réunies. Sa force ne résidait pas seulement dans le nombre de ses vaisseaux, mais aussi dans la qualité de ses marins. L'armée était au contraire la moins financée des forces britanniques. Elle était de taille modeste et peu appréciée chez elle mais aussi en Europe. La raison résidait dans son recrutement : officiers mis à part, 80% des soldats étaient des repris de justice, voleurs, assassins, escrocs, "l'écume de la terre" comme les qualifiera Wellington. La discipline extrêmement dure et impotoyable, voire inhumaine était le seul moyen de les tenir sous commandement. La Révolution américaine avait en outre porté un coup sévère à sa réputation tactique. Cependant, dans cette défaite germaient les graines qui la conduiront à la victoire de Waterloo. De précieuses leçons seront apprises en Amérique. Elles se traduiront par des réformes qui feront de l'armée britannique un adversaire coriace même pour une armée française beaucoup plus volumineuse qu'elle. L'efficacité de l'armée était grandement réduite par l'obligation de tenir garnisons dans le vaste empire britannique. À tout moment, seule une fraction des forces terrestres était disponible pour des opérations en Europe.

 

1805

 

En 1801, la deuxième coalition s’effondrait à Marengo et à Hohenlinden. La Grande-Bretagne était fatiguée de la guerre et signa la paix d'Amiens avec Bonaparte. Cependant, avec l'arrivée de William Pitt le Jeune au pouvoir, on s’aperçut vite qu’il ne s’agissait que d’une trêve. Aucune des deux parties ne respectait vraiment les conditions de paix et en 1803, la guerre fut à nouveau déclarée. Elle devait durer sans interruption jusqu'en 1814.

 

L'ordre de bataille de l'armée britannique était alors le suivant :

 

GARDE

 

Trois régiments à pied. Le premier régiment avait 3 bataillons pour un effectif total de 4.619 hommes, soit 1540 hommes par bataillon. Chacun des deux autres avait 2 bataillons pour 2.887 hommes chacun, soit 1443 hommes par bataillon.

 

Trois régiments à cheval. Deux régiments de Gardes du Corps (Life Guards) et un de Gardes à cheval royaux (Royal Horse Guards ou "Oxford Blues"). Noter au passage que bien que placés ici, les Blues font partie de la ligne, et ne seront intégrés à la Garde à cheval (Household Cavalry) qu'à partir de 1820. Mais en tant que Royal Horse Guards, ils seront la plupart du temps embrigadés avec les Life Guards, d'où fréquente confusion.

 

INFANTERIE DE LIGNE. 96 régiments dont 6 légers.

Les régiments d'infanterie à pied étaient identifiés à la fois par ordre numérique d'ancienneté et par comté d'origine. Il y avait quelques exceptions. Jusqu’en 1803, presque tous les régiments n’avaient qu’un bataillon, exception faite du 60e Royal Americans qui en comptait 7. Afin d'augmenter le volume de l'armée, les régiments furent autorisés à former un 2e bataillon, certains en levant davantage. Le premier bataillon était destiné au service hors des îles britanniques, tandis que le second restait en garnison en métropole pour en assurer la défense du pays à domicile, et servir de dépôt au premier. Cependant, dans les circonstances urgentes, les seconds bataillons pouvaient être complétés à plein effectif et envoyés hors des îles britanniques. Nombre de ces unités seront envoyées notamment en Espagne et au Portugal.

 

À quelques exceptions près, un bataillon d'infanterie atait organisé en 10 compagnies, dont 8 dites "du centre" et 2 dites "de flanc" (une de grenadiers et une légère). Les compagnies de flanc étaient appelées ainsi parce qu'elles se déployaient en principe sur chaque flanc des compagnies du centre. L'infanterie légère était un héritage direct de la Guerre d'Indépendance américaine où l'utilité d'une infanterie légère attachée au bataillon s'était imposée. Une autre innovation était le déploiement en deux lignes et non plus en trois, comme dans toutes les autres armées d'Europe. La ligne sur deux rangs augmentait le nombre de tireurs sur un plus large front et donc une augmentation de la puissance de feu pour le même nombre d'hommes. Mais c'était au détriment de la profondeur, facteur essentiel dans le combat. D'où la tendance très nette à préférer les déploiements défensifs. Chaque régiment était autorisé à disposer d'un effectif déterminé, soldé par la Couronne. Cet effectif variait selon les régiments mais était généralement compris entre 600 et 1.100 hommes par bataillon. Généralement, les meilleurs hommes étaient affectés au premier bataillon, les autres bataillons recevant le reste. Comme ce n'était pas la pratique britannique d’envoyer de grands contingents d'hommes dans les unités à l’étranger, il était de pratique ordinaire de renvoyer les hommes chez eux pour les recruter à nouveau quand l'effectif à compléter était tombé bien en-dessous du minimum requis. En conséquence de quoi les bataillons britanniques sur le terrain étaient généralement en sous-effectif.

 

Le régiment d'infanterie britannique (ligne et garde)

 

Parmi les régiments d'infanterie, il y avait un certain nombre de distinctions (pratique dont les Britanniques étaient friants) :

1. Fusiliers. Ce titre conférait un statut d'élite ; il n'impliquait pas du tout une appartenance à l'infanterie légère comme dans d'autres pays. Les 7e et 23e régiments étaient des « Fuzileers ». C'est à Albuera qu'ils obtinrent leur titre.

2. Royal Regiment. Un préfixe « Royal » était attribué à certains régiments en reconnaissance de leur courage ou de leur tenue au combat. Ces régiments étaient considérés comme une élite parmi les autres et avaient généralement droit à un effectif autorisé plus élevé.

3. Régiments écossais. Ces unités étaient recrutées en Écosse, dont les hommes étaient connus pour leur férocité et leur courage. Seuls trois des régiments des Highlands (42e, 79e et 92e) étaient autorisés à porter le kilt. Tous les régiments étaient considérés comme des unités de qualité supérieure et bénéficiaient d'un effectif autorisé plus élevé.

4. Infanterie légère. La Révolution américaine avait montré l'utilité de l'infanterie légère. En 1803, Sir John Moore donna un formation spéciale à sa brigade au camp de Shorncliffe, alors que la menace d'une descente française en Angleterre semblait imminente. Ses régiments (43e, 52e et 95e) devinrent de superbes régiments d'infanterie légère. En 1809, quatre autres régiments (68e, 71e, 85e et 90e) seront également entraînés de la sorte. En 1800, le 95e régiment reçut la nouvelle carabine Baker. C'était la seule unité à en être équipée, et bientôt couramment connue sous le seul nom de "95th Rifles" . Le service qui lui était demandé s'étendant de plus en plus pendant la guerre, le 95e leva un deuxième bataillon en 1805 et un troisième en 1810. En outre, le cinquième bataillon du 60e Royal American reçu la carabine Baker, de même que les compagnies légères de la King's German Legion (voir ci-dessous).

5. Royal Marines. L'infanterie de marine dépendait de l'Amirauté mais passait sous l'autorité commandant à terre quand elle était mise à sa disposition sous forme de compagnies de débarquement. Chaque vaisseau de guerre embarquait en plus de l'équipage autant de Marines qu'il y avait de pièces à bord. Par exemple, un vaiseau de 74 canons, le plus courant, embarquait théoriquement 74 Marines plus leurs officiers. Mais cet effectif pouvait varier en plus ou en moins. Dans le cas où ils devaient servir à terre, les contingents se regroupaient au mieux possible de manière à former des compagnies d'environ 100 hommes. Tout dépendait évidemment du nombre de vaisseaux ayant assuré le transport. Pendant la durée des guerres de l'Empire, 3 bataillons de Marines furent formés pour le service à terre :

1er bataillon : service des fortifications de Lisbonne en 1810, 6 compagnies de 80 hommes chacune plus une compagnie d'artillerie. Il servira ensuite en Amérique de 1812 à 1814 puis sera dissous.

2e bataillon : formé pour servir en Amérique de 1812 à 1814, avec le même efectif que le 1er puis sera lui aussi dissous.

3e bataillon : formé pour servir en Amérique de 1812 à 1814, avec un effectif de 1.000 hommes réduit en 1814 et dissous en 1815.

Le parc d'artillerie commun aux trois bataillons comprenait 4 pièces de 6, 2 obusiers de 5,5 pouces, 2 de 8 pouces et 2 de 10. Ce qui implique que chaque bataillon ne disposait pas toujours d'artillerie.

 

CAVALERIE. 7 régiments de dragons lourds et 25 régiments de dragons légers.

Tous les régiments comprenaient quatre escadrons, quel que soit leur type. L’effectif autorisé par régiment était 905 officiers et hommes de troupe. Chaque escadron alignait un effectif compris entre 120 et 160 hommes. Les cavaliers britanniques étaient en général très bien montés mais étaient sous-entraînés aux tâches de routine, peu disciplinés et surtout très mal commandés, la plupart des officiers étant quasiment incompétents.

Les régiments de dragons étaient composés de six régiments de dragons-gardes (numéros 1 à 7), 5 régiments de dragons lourds et 19 régiments de dragons légers. Trois régiments de dragons légers, les 7e, 10e et 15e furent convertis en hussards, plus tard rejoints par le 18e.

Remarque : les dragons-gardes et les dragons lourds sont tous des cavaliers lourds armés du sabre droit. Le titre "Guards" est purement honorifique.

 

ARTILLERIE

 

Artillerie de campagne. 8 bataillons. Chaque bataillon contenait trois à quatre batteries ou compagnies. Chaque batterie était équipée normalement quatre canons de 6 ou 9 et deux obusiers de 5,5 pouces, mais cette dotation théorique pouvait varier. En 1811, le nombre de bataillons sera porté à dix.

 

Artillerie à cheval. Les 10 batteries ou "Troops" étaient désignées de A à J. Celles-ci étaient généralement équipées de six canons de 6. Une seule batterie sur les dix était exclusivement composée d'obusiers.

 

Fusées. Deux batteries d'artillerie à cheval furent équipées en plus de roquettes Congreve, une arme très controversée. Wellington avait refusé de les intégrer dans son armée d'Espagne, mais en aura une à Waterloo.

 

Génie. 2 puis 4 bataillons. Il existait en 1801 un total de 14 compagnies de sapeurs & mineurs à l'effectif total de 975 hommes. En 1811, 4 bataillons supplémentaires furent créés portant l'effectif total du corps à 2.861 hommes.

 

UNITÉS SÉDENTAIRES

12 bataillons de vétérans (693 à 1.129 hommes chacun) et 8 régiments de garnison (906 hommes). La plupart de ces unités sont restées dans les îles britanniques, et certaines ont servi en Méditerranée.

 

UNITÉS ÉTRANGÈRES

Traditionnellement, la Grande-Bretagne avait jugé opportun d’enroler des soldats étrangers dans des unités de même nationalité. Pendant les guerres napoléoniennes, il y avait une abondance de réfugiés à partir desquels recruter.

Ces unités étaient les suivantes :

1. King's German Legion (KGL). Quand le Hanovre fut envahi en 1803, son armée de 15.000 hommes s'était rendue par la Convention de Lauenberg. Cependant, beaucoup d'hommes refusèrent la défaite et s'enfuirent en Angleterre pour y retrouver leur souverain. Ils formèrent la célèbre King's German Legion (Légion allemande du roi). Les nouvelles unités formées en janvier 1805 étaient les suivantes :

4 bataillons d'infanterie de ligne

2 bataillons d'infanterie légère

1 régiment de dragons

1 régiment de hussards

5 batteries d'artillerie.

Toutes ces unités étaient organisées sur le modèle britannique.

En 1805, une expédition britannique se rendit au Hanovre et avant d'évacuer l'année suivante, avaient été recrutées pour la KGL 8 bataillons d'infanterie de ligne, 2 bataillons d'infanterie légère, 2 régiments de dragons, 3 régiments de hussards et 5 batteries. Il était presque impossible de recruter davantage au Hanovre, mais les effectifs furent renforcés par une affluence de prisonniers allemands. L'infanterie était considérée comme aussi bonne que la britannique et la cavalerie était parmi les meilleures d'Europe, bien supérieure à son homologue. Quelques compagnies des bataillons légers furent armés plus tard de carabines Baker.

2. Brunswick-Oels Jägers (voir Brunswick). Ces troupes étaient organisées en un régiment d'infanterie à deux bataillons, chacun à 6 compagnies, et un régiment de hussards. C’était un groupe hétéroclite, où se trouvaient aussi des hommes provenant de la KGL, mais c'étaient des bons tireurs et des hommes audacieux.

3. Chasseurs Brittaniques. Cette unité a été formée au début des guerres par des royalistes français de l'armée de Condé, rejoints plus tard par des déserteurs français et italiens. Employé en Méditerranée et en Espagne, il était réputé pour son taux élevé de désertions.

4. Régiments de Dillon et de Roll. Ces régiments étaient formés de mercenaires irlandais et suisses capturés aux Antilles,  et comportaient chacun à 2 bataillons. Levés en 1794, ils serviront en Méditerranée jusqu'en 1812 puis seront dissous. Une compagnie de chaque régiment était armée de carabines.

5. Régiment de Watteville. Formé en 1801 à Malte à partir des vestiges de quatre régiments de Condé, il sert en Méditerranée et en Espagne jusqu'en 1813, année de son envoi au Canada.

6. Régiment de Meuron. À l’origine, cette unité avait été créée en France pour la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, mais fut transféré au service britannique après sa capitulation en 1798. Il comprenait deux bataillons à cinq compagnies chacun. Après avoir servi en Inde jusqu'en 1806, il fut envoyé en garnison à Malte. En 1812, sera envoyé au Canada.

7. Queen's Germans. Recrutée parmi les prisonniers suisses, cette unité a commencé comme le régiment de Minorque en 1798. Plus tard, il comprendra d'autres nationalités allemandes. En 1808, il devient le 97e Foot et sera dissous en 1818.

8. Unités locales. Les unités qui suivent ont été recrutées parmi la population locale principalement pour la défense de leur pays. En tant que garnisons, elles relevaient des unités régulières rendues au service actif :

Ceylon Regiment (Ceylan)

Cape Regiment (Le Cap)

Régiment sicilien (2 bataillons)

Régiment de Malte

Provinciaux de Malte

Régiment Corse

Régiment de Manx

Fencibles de la Nouvelle-Écosse

Newfoundland Regiment

New Brunswick Regiment

Régiment canadien

9. Antilles. Un certain nombre d'unités ont été créées pour servir dans les Caraïbes :

60e Royal American comptant 6 bataillons dont un a servi en Europe

8 régiments des Indes Occidentales (Caraïbes) principalement formés de Noirs

York Light Infantry

York Rangers

Royal West India Rangers

Jamaica Pioneers

10. Unités d'émigrés

Des milliers d'émigrés français avaient trouvé refuge en Allemagne et en Grande-bretagne, et voulaient en découdre avec les forces anti-catholiques et républicaines auxquelles ils avaient échappé. Les régiments étrangers entrés au service de l'armée britannique apportèrent une solution à la pénurie chronique de troupes dont elle souffrait. Ces unités serviront en général de 1793 à 1802, parfois sur une durée plus courte, certains jusqu'à la fin des guerres de l'Empire. Ils étaient organisés sur le modèle britannique. En voici l'inventaire sommaire : (pour une liste détaillée voir http://www.napoleon-series.org/military/organization/Britain/Foreign/c_ForeignRegiments.html)

28 régiments de ligne dont un à 2 bataillons (Régiment d’Hervilly) et un à 4 bataillons (Régiment Royal Anglo-Corse)

8 régiments légers dont un à 2 bataillons (Chasseurs de Löwenstein)

1 régiments de uhlans

8 régiments de hussards

1 régiment de dragons légers

 

MILICE, YEOMANRY, FENCIBLES ET VOLONTAIRES

 

Milice. La force légalement chargée de la défense métropolitaine était la milice, des bataillons d'infanterie formés dans chaque comté. Contrairement aux autres, leur mobilisation reposait sur un véritable système de conscription. En temps de guerre, un certain nombre d'hommes à mobiliser était imposé à chaque comté selon sa population. Les petits comtés formaient parfois de très faibles bataillons, alors que le Yorkshire par exemple, levait plusieurs bataillons à plein effectif. Les hommes étaient recrutés soit par volontariat, engagement sur prime comme dans l'armée régulière, et si le nombre d'hommes n'étaient pas suffisant, par tirage au sort. Il était possible de payer un remplaçant. Une fois formé, le bataillon de milice ressemblait à une unité régulière, était employé dans missions permanentes de garnison dans toute la Grande-Bretagne, mais ne pouvait ni être envoyé à l'étranger ni stationner dans sa propre région. À partir de 1805, la milice devint un vivier de recrutement pour l'armée régulière, et près de la moitié des miliciens s'engageèrent quotidiennement. Ces hommes entraient dans l'armée avec une bonne connaissance des armes, de l'exercice et de la discipline. Dans les quatre premiers années de la guerre d'Espagne, 55.000 miliciens ont rejoint l'armée régulière.

 

Yeomanry. 34 régiments de cavalerie furent levés, d'un effectif variant de 6 pelotons (pour 12 régiments) à un unique peloton (Sussex, Cambridgeshire and Linlithgow Regiments). Deux de ces unités peuvent ne jamais avoir été réellement formées : St Léger's et Buccleuch's Regiments. Et il y existait 2 régiments irlandais. En mars 1800, la plupart seront dissous, bien que certains ne le furent qu'en 1802. Les unités furent formées à travers le pays, adoptant une grande variété de titres tels que « Gentlemen and Yeomanry Cavalry » ou « Volunteer Cavalry ». Ils étaient en fait une garde locale à temps partiel, qui s'entraînait pendant une heure une ou deux fois par semaine, et avaient une double mission : protéger leurs localités contre l'invasion, et être disponibles à court terme à l'appel des magistrats pour réprimer des troubles civils. Avant 1802, la majorité de ces unités étaient composées de gentlemen locaux accompagnés de leur domestiques. En janvier 1801, la force nominale de la Yeomanry en Grande-Bretagne, y compris l'Irlande, s'élevait à près de 24.000 hommes. La plupart de la Yeomanry et Volunteer Cavalry a été dissoute à la Paix d'Amiens. Mais quand la guerre éclata de nouveau en 1803, un vaste nombre de corps furent levés, généralement avec plus d'ordre et de méthode qu'avant. Presque tous reçurent une aide financière gouvernementale, ce qui était nouveau. À la fin de 1803, pas moins de 604 pelotons étaient enrôlés, totalisant 33.992 hommes.

 

Fencibles. Le terme « Fencible » est dérivé de « defensible » (apte à défendre), décrivant des régiments d'infanterie et de cavalerie, essentiellement régulières qui ne pouvaient pas être envoyés à l'étranger sans l'accord de tous leurs membres (à l’exception des Skinner's Fencibles recrutés en 1795 spécifiquement pour le service à Terre-Neuve et au Canada). À bien des égards ils ressemblaient à des régiments réguliers. Ils étaient essentiellement Écossais et Anglais. Sur les 41 bataillons existants en 1801, 23 étaient Écossais, 14 Anglais, 2 de l'île de Man (Manx) et un chacun de Terre-Neuve, de Galles, d'Irlande et des Scilly. Dès 1799, 12 d'entre eux se portèrent volontaires pour servir en Europe et assurer un service en Irlande. Le Cambrian Fencibles est apparemment allé au Portugal en 1800 et l'Ancient Irish Fencibles a servi en Égypte. De ces unités, seul le Manx Fencibles fut reformé après l'entrée en guerre en 1803 et ne sera dissous qu'en 1811. Les Fencibles à cheval étaient organisés et équipés en dragons légers, et leur rôle consistait à remplacer les réguliers pour le service à l'étranger. Ils étaient plus précieux dans le maintien de l'ordre civil mais leur brutalité envers la population éleva de sévères remontrances des autorités, et ils furent dissous dès 1800, quoique les meilleures unités ne le furent qu'en 1802.

 

Volontaires. L’autre force auxiliaire principale était les volontaires, équivalent à pied de la Yeomanry, garde locale, à temps partiel, qui s'entraînaient quelques heures par semaine et dont la mission était de défendre leur localité en cas d'attaque, ou pour servir de police anti-émeute. Avant 1803, les volontaires s'équipaient à leurs frais et provenaient pour la plupart de la classe moyenne. Mais à partir de 1803, quand le danger d'invasion fut très réel, les autorités militaires exigèrent d'eux beaucoup plus d’ordre. Les corps qui acceptaient une aide gouvernementale au financement et à l'armement, furent tenues de faire plus que défendre leurs propres villages. Ils étaient payés pour 85 jours de formation par an, et tenus de servir au sein de leur propre district militaire. En juillet 1803, la loi de levée en masse permettait au gouvernement de dresser au service tous les hommes valides nécessaire pour atteindre le nombre de volontaires suffisant. Une force immense fut ainsi formée, couvrant l'ensemble du pays. En décembre 1803, 380.000 hommes étaient inscrits dans les bataillons de volontaires, unités de taille variable (le South Devon Volunteers : 2 pelotons de cavalerie, 36 compagnies d’infanterie en tout 2.483 hommes ; le Norfolk Mounted Rifles : 24 hommes). Les unités d'infanterie les plus fortes étaient le Loyal Birmingham Regiment et le Shropshire Regiment, chacun à 1.800 hommes. Malgré la réglementation, les « conditions de service » de la myriade de corps variaient d'un extrême à l'autre, certains offrant de servir n'importe où requis, jusqu'à la Westminster's Somerset Place Infantry, "seulement pour la défense de Somerset House". pour tenter de remédier à cette joyeuse pagaille, à partir de 1808 les volontaires versés dans par une nouvelle milice locale, composée de bataillons formés par groupes de comtés homogénéisant les bassins de recrutement et remplacer les petites unités indépendantes (en 1803 il y avait 604 pelotons de cavalerie, 3.976 compagnies d'infanterie, 102 compagnies d'artillerie, 742 unités composées d'une seule compagnie). Certaines unités de volontaires existèrent jusqu'à la paix de 1814. La valeur militaire des volontaires est discutable, mais les inspections régulières éliminaient les pires, et la discipline de certains officiers égalait à celle de l'armée régulière.

 

1809

 

L'infanterie britannique comptait maintenant 186 bataillons répartis comme suit :

 

1 régiments de gardes à pied à 3 bataillons

2 régiments de gardes à pied à 2 bataillons

103 régiments d'infanterie dont

37 à 1 bataillon

61 à 2 bataillons

3 à 3 bataillons (dont le 95e Rifles)

1 à 4 bataillons (Ier Royal Scots)

1 à 7 bataillons (60e Royal American).

 

Le déploiement de l'infanterie britannique hors de l'Angleterre et de l'Espagne est le suivant :

Antilles: 25 bataillons

Indes orientales: 23 bataillons

Canada: 6 bataillons

Gibraltar: 6 bataillons

Méditerranée: 14 bataillons

Cap de Bonne-Espérance: 5 bataillons

Australie: 2 bataillons

Madère: 1 bataillon

 


20/01/2019
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