L'ÂGE DES AIGLES (FIRE & FURY NAPOLEONICS)

L'ÂGE DES AIGLES (FIRE & FURY NAPOLEONICS)

Royaume de Prusse


Organisation de l'armée

En 1805, la Grande-Bretagne créé la Troisième Coalition contre la France. Elle se compose principalement de l’Angleterre, de l’Autriche et de la Russie. La Prusse voulait les rejoindre, mais Napoléon parvint à la convaincre de rester en dehors du conflit, contre la promesse de lui céder le Hanovre. Cependant, pour marcher sur Ulm par le plus court chemin, l'armée française traversa le territoire d'Ansbach, possession prussienne. Cette action, conjuguée aux pressions de la Russie, amena la Prusse à revoir sa position. La capitulation d'Ulm la fit hésiter. La défaite retentissante des Alliés à Austerlitz la fit prudemment reculer. Les intentions de la Prusse étaient claires pour tous, et surtout pour Napoléon. La Prusse avait manqué sa chance de s'opposer aux Français, mais ses convictions anti-françaises étaient évidentes.

 

1806

 

Entre le printemps et l'été de cette année, deux événements poussent la Prusse à déclarer la guerre à la France. Tout d’abord elle apprend (probablement par les soins d'agents anglais même) que Napoléon négocie la restitution du Hanovre avec l'Angleterre, et n'a pas l'intention de respecter sa promesse. Ainsi, la Prusse n'obtiendrait rien en échange de sa neutralité de 1805. Ensuit, la création par Napoléon de la Confédération du Rhin avec les membres du défunt Saint-Empire romain germanique, porte un coup sévère aux rêves d'hégémonie prussienne en Allemagne. Les pays allemands seront désormais dominés par un dirigeant autrement plus puissant et dangereux que l’Autriche. La Prusse découvre donc qu'elle est de nouveau reléguée à un rang subalterne. Il ne lui restait plus que la guerre pour laver cet affront et reprendre sa place. La guerre avait bien servi la Prusse dans le passé. Son armée, héritière du Grand Frédéric, avait toujours la réputation d'être la meilleure d'Europe. Non seulement l'armée le croyait avec assurance, mais les Alliés, toujours puissants malgré leurs défaites de 1805, lui promettaient leur soutien. La Russie n'avait pas beaucoup souffert en 1805 et avait hâte de reprendre la lutte, avec la Prusse à ses côtés. La Grande-Bretagne était disposée à fournir de l'argent et à faire la guerre sur mer.

 

En 1806, l'armée prussienne se compose des unités suivantes :

 

Régiment d'infanterie de la garde

Bataillon des grenadiers de la garde

Bataillon d'infanterie de la garde

57 régiments d'infanterie

8 brigades de fusiliers

1 régiment de Feldjäger

13 régiments de cuirassiers

14 régiments de dragons

9 régiments, 1 bataillon et 2 détachements de hussards

2 régiments et 1 bataillon de towarczys

1 escadron de chasseurs à cheval

4 régiments d'artillerie à pied

1 régiment d'artillerie à cheval

21 compagnies de pontonniers

4 compagnies de sapeurs-mineurs

Détachement d'ingénieurs

 

L’infanterie et la cavalerie de la garde sont numérotées dans la même suite avec les unités de ligne du même type.

 

INFANTERIE

 

Chaque régiment d'infanterie était composé de 3 bataillons de mousquetaires, de 2 compagnies de grenadiers et d'une compagnie de réservistes. Les deux premiers bataillons comprenaient 5 compagnies de mousquetaires, le troisième 4 compagnies seulement. Une compagnie de grenadiers comptait 14 officiers, 5 musiciens, 10 fusiliers et 160 hommes. Une compagnie de mousquetaires comptait 12 officiers, 3 musiciens, 10 fusiliers et 130 hommes.

 

Régiment d’infanterie, 1806

 

 

En temps de guerre, les compagnies de grenadiers étaient détachées de leurs régiments et formaient 4 bataillons indépendants. Normalement, ces bataillons combattaient dans la brigade où étaient affectés leurs régiments. À chacun des bataillons de grenadiers et à 5 des compagnies de mousquetaires étaient attachés 2 canons de 6 servis par un officier et 17 artilleurs. Aux 4 compagnies du 3e bataillon étaient attachés 2 pièces de 3. En 1806, les 3e bataillons n'ont pas été immédiatement mobilisés. Ils ont d'abord été destinés à tenir des garnisons, puis à servir de dépôts pour les bataillons en campagne. Le régiment d'infanterie de la Garde fit campagne avec ses trois bataillons. Chaque bataillon de la garde comprenait 6 compagnies, chacune à 10 officiers, 3 musiciens et 122 hommes. Chaque brigade de fusiliers était composée de 3 bataillons à 4 compagnies. Chaque compagnie comptait 12 officiers, 3 musiciens, 20 fusiliers et 130 hommes. Les bataillons de fusiliers n'avaient pas de pièces d’accompagnement. Le régiment des Feldjäger comprenait 3 bataillons à 4 compagnies de 10 officiers, 3 cornistes et 120 soldats. Il n’avait pas non plus de pièces d’accompagnement.

 

CAVALERIE

 

La cavalerie lourde se composait de cuirassiers et de dragons, tandis que les hussards et les towarczys consistituaient la cavalerie légère. Les gardes du corps portaient le numéro 13 parmi les régiments de cuirassiers de ligne. Les régiments de cuirassiers et tous les dragons, à l'exception de deux, comptaient 5 escadrons. Les deux autres régiments de dragons étaient composés de 10 escadrons divisés en deux bataillons de 5 escadrons chacun. L’escadron de cuirassiers comptait 13 officiers, 3 trompettes, 10 carabiniers et 134 hommes. L'effectif du dépôt était de 10 officiers, 1 trompette et 120 hommes. Les gardes du Corps alignaient 660 hommes. Les escadrons de dragons avaient le même effectif que ceux de cuirassiers, à ceci près que le régiment comptait 12 carabiniers et 2 cuirassiers de moins. Tous les régiments de cavalerie légère comprenaient 10 escadrons divisés en 2 bataillons de 5 escadrons chacun. La cavalerie intégrait 2 bataillons indépendants, un de hussards et un de towarczys. L’escadron de hussards comprenait 15 officiers, 3 trompettes, 12 carabiniers et 120 hommes. Le dépôt comprenait 20 officiers et 160 hussards. Les towarczys étaient des uhlans recrutés dans la petite noblesse polonaise. L'effectif de l'escadron était de 10 officiers, 2 trompettes et 108 hommes. Il n'y avait pas d'escadron de dépôt. Les détachements de hussards, composés chacun de douze hommes, faisaient partie de la garde. L’escadron des chasseurs à cheval fournissait les estafettes et comptait un officier, 6 sous-officiers et 160 hommes.

 

ARTILLERIE

 

Chacun des régiments à pied et à cheval était composé de 10 compagnies. Une compagnie d'artillerie à pied comprenait 11 officiers, 2 bombardiers, 2 tambours et 160 artilleurs. Une compagnie à cheval artilleurs était au même effectif excepté qu'elle comptait 172 artilleurs. Chaque batterie de 12 était équipée de 6 canons de 12 et 2 obusiers de 10 (seulement 27 mobilisés en 1806), tandis que chaque batterie de 6 était équipée de 6 canons de 6 et 2 obusiers de 7. Les deux batteries de mortiers était dotée chacune de 8 mortiers de 10 (non mobilisés en 1806). Les canons des bataillons étaient des pièces de 6 et de 3.

 

La réserve d'artillerie comprenait :

 

8 batteries de 6 pourvues de 12 pièces de 6 chacune

4 batteries d'obusiers de 7 équipées de 8 obusiers chacune

1 batterie de mortiers de 7 dotée de 8 mortiers.

 

Chacune des compagnies de pontonniers était composée de 6 officiers et de 48 hommes. Elles étaient équipées d’un total de 256 travées de ponts mobiles. Les compagnies avaient leur garnison à Königsberg, Berlin et Glogau. Les compagnies de sapeurs-mineurs étaient composées de 9 officiers et 90 hommes. Elles étaient stationnées à Graudenz, Glaz, Schweidnitz et Neisse. Les ingénieurs comptaient 34 officiers.

 

L’entrée en guerre fut décidée pour 1806, mais toutes les unités ne furent pas immédiatement mobilisées. C'était d’une part une mesure d'économie et d’autre part, parce que ces forces non mobilisées étaient destinées à se joindre plus tard aux Russes. Les forces immédiatement mobilisées étaient les suivantes :

 

5 bataillons de grenadiers

221 bataillons de mousquetaires (un régiment était encore en formation à Varsovie)

6 bataillons de fusiliers

5 escadrons de cuirassiers

25 escadrons de dragons

25 escadrons de hussards et de Towarczys

8 batteries de 12

2 batteries de réserve de 6

1 batterie d'obusier de 7

6 batteries à cheval de 6.

 

Ces forces étaient complétées par les petits contingents de Brunswick, Hesse-Cassel et Weimar. Tous étaient organisés sur le modèle prussien.

 

Très vite, la Prusse était entrée en campagne pour forcer la Saxe à la rejoindre. Dresde fut occupée et la Saxe dut se résoudre à mobiliser presque toutes ses troupes. Elles étaient organisées sur le modèle prussien et se composaient des éléments suivants :

 

6 bataillons de grenadiers

19 bataillons de mousquetaires

8 escadrons de cuirassiers

16 escadrons de chevau-légers

8 escadrons de hussards

1 batterie à cheval de 6

2 batteries d'obusiers de 7

1 batterie de 12

2 batteries de 8

1 batterie de 4

 

Total des troupes saxonnes : 19.400 hommes dont

14.609 fantassins

4.800 cavaliers

 

Total des troupes prussiennes et alliées : 141.821 hommes dont

107.200 fantassins

30.344 cavaliers

4.277 artilleurs

 

L'armée prussienne ne possédait pas d'unités permanentes aux échelons supérieurs du régiment, et les officiers généraux souffraient de cette carence. À la mobilisation, les forces combinées furent réparties en 14 divisions temporaires. Chaque division était composée de toutes les armes. En général, elle comprenait 2 brigades d’infanterie, 1 brigade de cavalerie et 1 force légère.

 

Division prussienne type, 1806

 

 

La campagne se termina par la défaite de la Prusse, dont l’armée fut presque entièrement détruite au cours de la retraite. Une large portion des forces capitula à Magdebourg, Prenzlau et Lübeck. Le roi et la reine quittèrent Berlin et s'enfuirent pour rejoindre les Russes. Presque toutes les divisions furent détruites, à l’exception du corps de L'Estocq et des garnisons de Silésie et de la baltique. Ces forces furent réparties comme suit :

 

Konigsberg

1 régiment de dragons (dix escadrons)

2 batteries à cheval

 

Prusse orientale et méridionale

5 régiments d'infanterie

 

Prusse occidentale

3 bataillons de fusiliers

2 régiments de dragons

1 régiment de cuirassier

1 bataillon de hussards (cinq escadrons)

4 batteries de 12

1 batterie de 6

1 batterie d'obusier de 7 lb

3 batteries à cheval

 

Prusse orientale

3 bataillons de fusiliers

1 bataillon de towarczys

 

Prusse méridionale

1 bataillon de grenadiers

3 régiments d'infanterie

1 bataillon de hussards

1 batterie à cheval

 

Silésie

3 régiments d'infanterie

 

Le corps de L'Estocq rejoignit les Russes qui avaient atteint la Prusse orientale. Il se composait de 3 divisions et se joignit aux forces russes. L'Estocq sauvera la journée d’Eylau où son intervention permettra aux Russes d'éviter une lourde défaite. Le reste des forces servit de garnisons à Silisia, Dantzig et Colberg. En juin 1808, seule la forteresse de Colberg résistait encore. À Friedland, les Prussiens n'étaient pas présents. Ils étaient posté en corps d’observation sur la Passarge.

 

La défaite russe de Friedland scella le sort de la Prusse. Il sera confirmé à Tilsit entre Napoléon et le tsar. La paix signée à Berlin imposera des conditions sévères. Notamment, la plupart des chevaux seront confisqués et serviront à la remonte de la cavalerie française. Le coup de grâce tombe à la Convention de Paris en septembre 1808 : l'armée prussienne sera limitée à un effectif total de 42.000 hommes pendant dix ans.

 

1808-1812

 

 

Le roi Frédéric-Guillaume, dégoûté par les médiocres performances de son armée en 1806, ordonna une réforme complète. À l'exception des unités constituant la garnison de Colberg, toutes les anciennes unités furent dissoutes, et l'armée reconstruite à partir de zéro. Elle fut initialement fixée à :

 

12 régiments d'infanterie,

19 régiments de cavalerie,

3 bataillons Jager,

Artillerie

 

INFANTERIE

 

La structure des régiments d'infanterie fut complètement modifiée. Chaque régiment comprenait maintenant 2 bataillons de mousquetaires, 1 bataillon de fusiliers et 2 compagnies de grenadiers. Les bataillons de fusiliers et de mousquetaires comprenaient chacun 4 compagnies.

 

Régiment d’infanterie, réforme de 1808

 

 

CAVALERIE

 

Les régiments de cavalerie furent réduits à 4 escadrons chacun. Tous les régiments devaient à présent être recrutés par province, chacune devant fournir une brigade. Ces brigades mixtes devaient remplacer les divisions qui ne furent plus utilisées dans l'armée prussienne (sauf en 1812) pendant les guerres napoléoniennes. Une brigade fut levée dans chacune des provinces suivantes :

 

Prusse Orientale

Prusse occidentale

Poméranie

Brandebourg

Haute Silésie

Basse Silésie

 

La brigade du Brandebourg comprenait les unités suivantes :

 

Régiment d'infanterie de la Garde

Bataillon de Jäger de la Garde

Bataillon Leib Grenadiere

Régiment Leib Infanterie

Régiment de cavalerie des Gardes du Corps

Régiment Leib Uhlanen

1 régiment de cuirassiers

2 régiments de Leib Husaren

 

Les autres brigades étaient composées comme suit :

 

1 bataillon de grenadiers

2 régiments d'infanterie

2 régiments de cavalerie lourde

1 régiment de cavalerie légère

 

Une petite partie de l'artillerie avait survécu à la débâcle de 1806. Plus de 800 pièces avaient été capturées au cours des trois premières semaines. L'artillerie fut progressivement reconstruite jusqu'à compter 3 brigades. Chacune alignait 12 batteries à pied et 3 batteries à cheval. Une batteries à pied et 1 batteries à cheval fut attribuée à chaque brigade d'infanterie. Les batteries comprenaient six pièces de 6 et 2 obusiers de 7.

 

Les brigades d’infanterie devaient être organisées en corps, chaque corps étant composé de deux brigades. Chaque corps devait également recevoir 3 batteries de réserve. Le reste de l'artillerie fut affecté aux garnisons des forteresses.

 

Le traité de Paris était conçu par les Français pour émasculer définitivement l'armée prussienne. Pour contourner partiellement les restrictions imposées, deux des ministres du roi - Scharnhorst et Gneisenau - élaborèrent le système « Krumper », qui permettait d'augmenter discrètement le nombre d'hommes entraînés. Dans ce système, une fois que les hommes étaient formés au service en campagne, ils étaient été libérés et remplacés par de nouvelles recrues. Le système permettait de limiter le nombre d'hommes en service actif tout en augmentant le nombre d'hommes formés. Tout devint plus facile à l'approche de la campagne de 1812, Napoléon étant persuadé qu'un assouplissement des restrictions était nécessaire pour permettre à la Prusse de fournir le contingent qui lui était réclamé pour la Grande Armée.

 

ARTILLERIE

 

En 1811, 14 batteries de réserve avaient été levées dans le cadre du système Krumper. En 1812, il y avait 33 batteries pour un total de 268 pièces. Les calibres furrent répartis comme suit :

 

2 batteries de 12

11 batteries d'artillerie à cheval de 6

18 batteries d'artillerie à pied de 6

1 batterie d'artillerie à pied de 3

1 batterie d'obusier de 7

 

En 1809, la Prusse était impuissante à intervenir dans la lutte entre la France et l'Autriche. Un régiment de hussards, commandé par von Schill, fit semblant de se mutiner et entreprit un raid en Saxe et en Allemagne centrale. Il fut rattrapé à Stralsund et forcé de se rendre. Pour qu'elle échappe aux sanctions, l'unité fut dissoute et transformée en régiment de uhlans.

 

En 1809, l'armée prussienne comprenait les unités suivantes :

 

6 bataillons de grenadiers

12 régiments d'infanterie (y compris la garde)

3 bataillons de Jäger

4 régiments de cuirassiers

6 régiments de dragons

6 régiments de hussards

11 compagnies de garnison

45 batteries d'artillerie

3 compagnies de pionniers

6 compagnies du génie

 

Comme dans l'armée autrichienne et dans l'armée prussienne de 1806, les compagnies de grenadiers étaient regroupées en bataillons de 4 compagnies chacune. Les effectifs réglementaires du temps de guerre étaient les suivants :

 

Compagnie d'infanterie : 135 hommes

Bataillon d'infanterie : 801 hommes

Compagnie de garnison : 200 hommes

Escadron de cavalerie : 110 hommes

Régiment de cavalerie : 601 hommes

Batterie à pied : 200 hommes

Batterie à cheval : 167 hommes

Compagnie de pionniers : 123 hommes

 

1812

 

La Prusse fut contrainte de fournir une force auxiliaire à la Grande Armée pour l'invasion de la Russie. L’armée prussienne utilisé ce prétexte pour obtenir un assouplissement des restrictions imposées à ses forces armées.Bien que la participation à cette campagne fût impopulaire, des troupes furent néanmoins désignées pour que l'armée maintenir son honneur militaire tant vanté, attitude estimée nécessaire pour laver l'affront subi en 1806.

 

Le contingent fut affecté à la 27e division du Xe corps de Macdonald. Ce corps marchait sur le flanc extrême gauche de la Grande Armée et se dirigeait vers Riga et Saint-Pétersbourg. La division était composée de 3 brigades d’infanterie, de 2 brigades de cavalerie et d’une artillerie comprenant 4 batteries à pied de 6, 3 batteries à cheval de 6 et une demi-batterie de 12.

 

Plutôt que de mobiliser complètement les régiments nécessaires à la constitution de cette force, l'armée prussienne décida de constituer des régiments provisoires d'infanterie et de cavalerie avec des détachements fournis par les unités régulières. La structure de ces régiments provisoires était identique à celle des réguliers. Les régiments d'infanterie provisoires étaient constitués de 2 bataillons provenant d'un régiment et d'un bataillon provenant d'un autre. Les régiments de cavalerie comprenaient 2 escadrons tirés chacun de 2 régiments réguliers. Chaque brigade d'infanterie comprenait 2 régiments d'infanterie provisoires et 1 bataillon de fusiliers ou de Jäger et 1 compagnie de pionniers. Les deux brigades de cavalerie contenaient chacune 2 régiments provisoires ; une brigade était composée de régiments de hussards, l'autre de dragons. Au corps d'armée était attaché le contigent d'artillerie mentionnés plus haut.

 

Au total, le Xe corps comprenait 30.000 fantassins, 2.500 cavaliers et 84 bouches à feu. En outre, un régiment combiné de uhlans fut affecté au IIe corps de cavalerie et une batterie d'artillerie à la Garde impériale.

 

Le corps d'armée ne participa qu'à peu de combats, et progressa lentement en Russie. Lorsque le corps principal français commença sa retraite, ses mouvements furent finalement suivis par le Xe Corps. Le commandant du contingent prussien, Yorck, qui était un francophobe fervent, vit là l'occasion d'engager la Prusse contre les Français. De sa propre initiative, il laissa sa division être isolée par les Russes et ignora les efforts de Macdonald pour le dégager. Il entra immédiatement dans la Convention de Tauroggen par laquelle sa force fut neutralisée. Berlin étant toujours occupé par les Français, ses actions furent dénoncées par le roi, soucieux de respecter la parole donnée à Napoléon. Mais un soulèvement national contre la domination française, entraîna le roi de Prusse a dénoncer ses engagements sous la pression populaire. Lorsque les Russes libérèrent Berlin, les actions de Yorck furent en fin de compte approuvées et la Prusse déclara la guerre à la France en 1813.

 

1813

 

La guerre de libération

 

Bien que le système Krumper ait permis de former de nombreux hommes, il fallut du temps pour les organiser et les armer. Pour la campagne de printemps, seules les troupes régulières étaient disponibles avec les corps francs. Ces derniers étaient des unités de volontaires et semi-indépendantes conçues pour le coup de main et le harcèlement. Les plus connus sont ceux de Lützow, Reiche, Hellwig et Kielmannsegg, levés au printemps 1813.

 

Le corps de Lützow comprenait 3 bataillons d'infanterie, un régiment de cavalerie combiné et 2 batteries d'artillerie. Deux des bataillons comprenaient 4 compagnies de mousquetaires et un détachement de Jäger, tandis que le troisième se composait de 3 bataillons de mousquetaires, d’une compagnie de chasseurs tyroliens et d’un détachement de Jäger. Les compagnies de mousquetaires comptaient en moyenne 160 hommes, 120 dans les jägers. Le régiment de cavalerie comprenait 5 escadrons; 3 de hussards, 1 de chasseurs à cheval et 1 de uhlans. Chacun d'entre eux comprenait en moyenne 120 hommes. L'artillerie disposait de 3 canons de 3, de 3 canons britanniques de 6 et de 3 canons de 2.

 

Lorsque la déclaration de guerre de la Prusse fut rendue publique, le roi Frédéric-Guillaume décréta la création d'une Landwehr. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un concept nouveau, son champ d’application allait bien au-delà de ce qui avait été fait auparavant et avait de profondes répercussions politiques. La Landwehr devait être organisée en bataillons à 4 compagnies, d’un effectif similaire à celui des bataillons de ligne. Ces unités devaient être composées d'hommes trop âgés ou trop jeunes pour le service régulier, et être prêtes à entrer en campagne pour l'automne.

 

À la fin du printemps, la Russie et la Prusse, rejointes par une Suède réticente, affrontèrent la Grande Armée reconstruite par Napoléon. Après un premier succès à Möckern (près de Magdebourg), les forces russo-prussiennes furent battues à Lützen et à Bautzen, ce qui les rejeta vers l'est, laissant Berlin à nouveau à la merci des Français. Les Alliés étaient très déçus de voir la plupart des princes allemands maintenir leur allégeance à Napoléon et l’Autriche continuer d’hésiter quant à s'engager dans le conflit. Cependant, en juin, un armistice fut conclu à Plasewitz et dura jusqu'en août. Ainsi Berlin fut préservé d'une nouvelle occupation, et les armées en profitèrent pour se réapprovisionner en matériel et en hommes. Les Alliés parvinrent à convaincre l'Autriche de rejoindre la coalition.

 

À la reprise des hostilités en automne, la Prusse avait ajouté à son armée :

 

1 nouveau régiment d'infanterie

12 nouveaux régiments de réserve

 

L’armée totalisait maintenant :

 

90 bataillons de ligne

39 bataillons de réserve et de garnison

8 bataillons Jäger et étrangers

151 bataillons de Landwehr

89 escadrons de cavalerie de ligne

22 escadrons de réserve

23 escadrons de volontaires et étrangers

113 escadrons de cavalerie de Landwehr

50 batteries d'artillerie

 

Le régiment d'infanterie de la garde prussienne n'était plus numéroté avec la ligne. Il avait 8 bataillons d’infanterie, 11 escadrons de cavalerie et 2 batteries. Un nouveau régiment de cavalerie de la Garde fut créé avec un escadron de dragons, un de hussards, un de uhlans et un de cosaques. La Garde ne se battait pas avec la ligne mais intégrée avec la garde russe à la réserve de l'armée austro-russe de Bohême.

 

Les bataillons de landwehr furent versés dans des régiments de 2 à 4 bataillons chacun. Ceux-ci, comme la ligne, étaient identifiées par leur province d'origine. Les unités de la ligne furent réparties dans 4 corps, chacun composé de 4 brigades (équivalent prussien des divisions). Le IVe corps était entièrement constitué de régiments de réserve et de Landwehr.

 

La structure typique d'une brigade était la suivante :

 

2 compagnies de fusiliers ou 1 bataillon de grenadiers

1 régiment d'infanterie de ligne

1 régiment d'infanterie de réserve

1 régiment d'infanterie de Landwehr

1 régiment de ligne ou de cavalerie de Landwehr

1 batterie d'artillerie

 

Par ailleurs 1 ou 2 brigades de cavalerie légère ou lourde furent attachées à chaque corps, chaque brigade étant composée de 2 à 3 régiments. Tous les régiments de cavalerie avaient 4 escadrons. Chaque corps disposait aussi d'une brigade d'artillerie comprenant généralement 1 batterie de 12, 2 batteries à pied de 6, une batterie à cheval de 6 et 2 compagnies de pionniers.

 

À Trachtenberg, les chefs des armées alliées se réunirent pour élaborer un plan stratégique. Selon l'accord conclu, 3 armées furent formées :

 

L'armée du Nord, commandée par Bernadotte, devait couvrir Berlin.

L'armée de Silésie, commandée par Blucher, devait attaquer depuis l'est.

L'armée de Bohême, commandée par Schwartzenberg, devait attaquer depuis la Bohême.

 

Les Russes et les Prussiens furent répartis dans les trois armées, mais les Autrichiens étaient tous dans l'armée de Bohême.

 

L'idée maîtresse du plan était que l'armée contre laquelle Napoléon commandait en personne devait éviter la bataille. Pendant ce temps, les autres armées continuaient leur marche en avant. Le mécanisme devait continuer jusqu'à ce que les trois puissent se rassembler pour livrer une bataille décisive.

 

Un corps prussien fut donc affecté à chacune des trois armées. Le IVe corps fut maitenu pour la défense Berlin et pour assiéger les forteresses occupées par les Français en Silésie et en Prusse-Orientale.

 

À Leipzig les trois armées s'unirent pour vaincre de manière décisive l'armée de Napoléon à Leipzig, la bataille des Nations. Elle dura trois jours et mit fin à l'hégémonie française en Europe. Au cours des derniers mois de 1813, les armées alliées envahirent l’Allemagne jusqu’au Rhin. Ils firent pression sur les anciens alliés de Napoléon pour qu'ils changent de camp et fournissent des contingents à la coalition. De nouvelles unités de Landwehr furent levées sur les terres nouvellement attribuées à la Prusse.

 

1814

 

Logiquement, cette campagne était une continuation directe de celle de 1813. Les Alliés traversèrent le Rhin pour mener la guerre en France. La composition des trois armées restait essentiellement la même, mais le corps prussien de l'armée de Bohême fut transféré à l'armée de Silésie. En 1814, l'origine des unités de Landwehr était la suivante :

 

Prusse orientale

5 régiments d'infanterie

5 régiments de cavalerie

 

Prusse occidentale

3 régiments d'infanterie (1 dissous en 1814)

3 régiments de cavalerie

 

Pommeranie

3 régiments d'infanterie

3 régiments de cavalerie

 

Kurmark

7 régiments d'infanterie

7 régiments de cavalerie

 

Neumark

3 régiments d'infanterie

2 régiments de cavalerie

 

Silésie

17 régiments d'infanterie (2 dissous en 1814)

8 régiments de cavalerie

 

Westphalie

4 régiments d'infanterie

1 régiment de cavalerie

 

Berg

1 régiment d'infanterie

 

Elbe

4 régiments d'infanterie

1 régiment de cavalerie.

 

La campagne s'acheva à la fin du printemps 1814 lorsque l'armée de Blücher entra dans Paris et força Napoléon à abdiquer.

 

1815

 

Au cours de l'intervalle qui s'est écoulé entre l'abdication de Napoléon et son retour de l'île d'Elbe, de nombreux changements eurent lieu dans l'armée prussienne :

 

INFANTERIE

 

Les régiments de réserve furent numérotés 13 à 24 à la suite des régiments de ligne. Huit autres régiments furent été créés à partir des anciens corps francs, de la légion russo-allemande et de contingents allemands levés dans le territoires réincorporés à la Prusse

 

Les bataillons de grenadiers de ligne furent organisés en 2 régiments de grenadiers et intégrés à la Garde. Un bataillon de Schützen de la Garde fut constitué à partir de l'ex-bataillon de Neuchâtel, licencié, auparavant au service de la France.

 

Deux nouveaux bataillons de Jäger (3e et 4e) furent créés à partir des Jäger de la Légion russo-allemande et du bataillon des Jäger de Berg.

 

Le nombre de régiments de Landwehr fut encore augmenté par rapport aux effectifs de 1814 : la Westphalie ajouta 2 régiments d'infanterie et 1 régiment de cavalerie, la Haute-Saxe 2 régiments d'infanterie et 2 régiments de cavalerie, les provinces du Rhin 8 régiments d'infanterie et 2 régiments de cavalerie et la Thuringe 2 régiments d'infanterie.

 

Au total, 62 régiments d'infanterie seront mobilisés pour la campagne des Cent-Jours.

 

CAVALERIE

La cavalerie de la Garde fut considérablement augmentée. Le régiment des dragons de la Garde sera formé à partir de l'escadron des dragons de la Garde, de deux régiments de la cavalerie nationale pommeraniens et d'un escadron de dragons de ligne. Le régiment des hussards de la Garde est formé à partir de l'escadron des hussards de la Garde et du 3e régiment de cavalerie nationale de Prusse-Orientale. Le régiment des uhlans de la Garde est formé à partir de l'escadron des uhlans de la Garde, de l'escadron des cosaques de la Garde et de deux escadrons du régiment de cavalerie nationale de Silésie.

 

Le nombre de régiments de cavalerie de ligne est également augmenté. Un 4e régiment de cuirassiers est formé à partir des régiments de cuirassiers saxons et d’autres unités prussiennes. Le nombre des régiments de uhlans est porté à 8 en regroupant des unités des corps francs, de la légion russo-allemande, de régiments de cavalerie nationaux et de Berg. Le nombre des régiments de hussards est porté à 9 par des intégrations semblables.

 

L'armée prussienne était divisée en 7 corps (un huitième était en formation pendant les hostilités). La structure du corps était semblable à celle des années précédentes et comprenait quatre brigades d'infanterie et une à deux brigades de cavalerie.

 

Chaque brigade d'infanterie était composée de :

 

2 compagnies de fusiliers (1/2 bataillon)

2 régiments d'infanterie

1 régiments de Landwehr

 

La brigade de cavalerie comprenait 3 à 4 régiments de cavalerie de ligne et de Landwehr.

 

En règle générale, l'artillerie de réserve du corps d'armée consistait en 2 batteries de 12, 5 batteries de 6 et 1 batterie d'obusiers de 7.

 

La Garde faisait partie du 8e corps. Sa 1ère brigade d'infanterie était composée des 2 régiments de la Garde à pied et du bataillon des Garde-Jäger. Sa 2e brigade d’infanterie était composée des 2 régiments de grenadiers et du Garde-Shützen Bataillon. Sa brigade de cavalerie comprenait 4 régiments : les Garde-Husaren, les Garde- Uhlanen, les Garde-Dragoner et le régiment de Leibgarde.

 

Les 4 premiers corps formèrent l'armée du Bas-Rhin commandée par Blücher. Elle prit position en Belgique afin de couvrir la mobilisation de l’armée anglo-alliée et des armées coalisées montant en ligne. Elle combattra seule à Ligny, y sera battue, puis reviendra deux jours plus tard à Waterloo pour rejoindre Wellington au moment critique et contribuer pour une large part à la victoire. Tandis qu'elle revenait sur le Rhin, deux autres corps s'y étaient rassemblés. Ces troupes, ainsi qu'un corps d'armée nord-allemand, devaient former une 2e ligne et coopérer avec les forces austro-russes stationnées plus en amont. À la fin de la campagne, la Garde était encore à Berlin, le 8e corps n'étant toujours pas entièrement mobilisé.

 


30/03/2019
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