L'ÂGE DES AIGLES (FIRE & FURY NAPOLEONICS)

L'ÂGE DES AIGLES (FIRE & FURY NAPOLEONICS)

Empire russe


Organisation de l'armée

 

Pendant les guerres napoléoniennes, la Russie était, comme elle l'est aujourd'hui, une énigme politique, militaire et géographique. Elle était le dernier fief du féodalisme en Europe. La masse du peuple était composée de serfs illettrés, que les propriétaires traitaient en général comme des animaux. Le tsar de Russie, Alexandre Ier, était monté sur le trône en mars 1801 après avoir fait assassiner de son père, Paul Ier. Alexandre était autant une énigme que son pays. Désigné par Talleyrand comme le seul homme civilisé d'une nation de barbares, il assumait le rôle de « conscience de l'Europe ».

 

Sur la scène internationale, la Russie était inconstante. Au cours de la guerre de Sept Ans, au siècle précédent, elle avait subitement changé de camp. Ce fût le salut de Frédéric II alors qu'il était à bout de souffle. La Russie devait changer de camp à deux reprises pendant le règne de Napoléon. Sa politique étrangère sera toujours dictée par son désir de s'étendre vers le nord-ouest en Finlande, vers l'ouest en Pologne et vers le sud-ouest dans les Balkans. Cela avait déjà conduit à l'inimitié avec la Suède, la Prusse, l'Autriche et la Turquie.

 

La République française devait son existence aux événements qui s'étaient produits en Pologne en 1792. Saisissant l'occasion offerte par la confusion de la Révolution française, la Prusse et la Russie s'entendirent sur une partition secrète de la Pologne sans l'approbation de l'Autriche. La Russie s'y tailla la part du lion. Ce qui provoqua une confrontation à trois, rendant impossible un effort suffisant pour restaurer les Bourbons alors que les armées républicaines étaient faibles. L'amertume soulevée par cet événement va saper les relations entre ces puissances pendant des décennies.

 

Paul Ier avait initié une réforme complète de l'armée russe. En admiranteur de Frédéric II, il prit l'armée prussienne pour modèle. Ses réformes seront poursuivies par Alexander et complétées pour 1805.

 

1805

La Russie a été persuadée par l'Angleterre de rejoindre la Troisième Coalition, principalement parce que les Français menaçaient ses aspirations en Méditerranée. A cette époque, l'armée russe se composait de :

 

GARDE

3 régiments de grenadiers

1 bataillon de Jägers

2 régiments de cuirassiers

1 régiment de hussards

1 régiment de cosaques

1 escadron de hussards

1 bataillon d'artillerie à pied

1 compagnie d'artillerie à cheval

1 bataillon de garnison

1 compagnie de pionniers

 

LIGNE

13 régiments de grenadiers

83 régiments de mousquetaires

20 régiments Jägers (six autres seront levés en 1805)

6 régiments de cuirassiers

30 régiments de dragons

4 régiments uhlans

9 régiments de hussards

9 régiments d'artillerie à pied

2 bataillons d'artillerie à cheval

2 régiments de pionniers

1 régiment de pontonniers

 

HORS-LIGNE

99 bataillons de garnison

2 bataillons grecs

Cosaques

 

INFANTERIE

 

L'infanterie de ligne comprenait les régiments de mousquetaires, de grenadiers et de Jägers. Les régiments de la garde étaient tous de grenadiers, à l'exception du bataillon de Jägers. À quelques exceptions près, les régiments de mousquetaires et de grenadiers portaient le nom de la ville ou de la province où ils étaient levés. Les régiments de Jägers étaient numérotés de un à vingt.

 

En temps de paix, les régiments d’infanterie étaient affectés à un organe administratif régional appelé inspection. Il y avait un total de 14 inspections. Chacune avait la charge de trois à dix régiments. Les régiments d'infanterie russes avaient une structure remarquablement uniforme. Presque tous les régiments avaient deux bataillons à quatre compagnies, elles-mêmes composées de deux pelotons.

 

 

 

L'effectif du bataillon de ligne était de 738 hommes, tandis que celle des bataillons de la Garde était de 764 hommes. Il y avait deux exceptions à la règle :

1. Le régiment des Leibgrenadiers avait trois bataillons.

2. Le régiment des grenadiers de la garde Preobrazhenski avait quatre bataillons.

 

CAVALERIE

 

Les régiments de cavalerie lourde (cuirassiers et dragons) avaient chacun cinq escadrons et un dépôt d'un demi-escadron ou compagnie. L'effectif de l'escadron était d'environ 150 hommes. Les régiments de cavalerie légère (hussards et uhlans) étaient subdivisés en deux bataillons de cinq escadrons chacun. Le dépôt était un escadron à plein effectif. L'effectif de l'escadron était d'environ 120 hommes. Le régiment des uhlans du grand-duc Constantin, malgré son nom, n'était pas armé de lances.

 

ARTILLERIE

 

L'armée russe était abondamment équipée en artillerie, en particulier dans les calibres les plus lourds. Une particularité de cette armée était la licorne, un obusier à trajectoire basse.

 

Artillerie à pied

Chacun des neuf régiments d'artillerie à pied (deux autres seront créés en 1805) comprenait deux bataillons. Chaque bataillon avait dix batteries lourdes (ou compagnies) et deux batteries légères. Chaque batterie lourde était équipée de 4 licornes de 20 lb, 4 canons de 6 lb, 4 canons de 12 lb, 2 licornes de 3 lb. Chaque batterie légère était équipée de 4 licornes de 12 lb et 8 canons de 6 lb.

 

Artillerie à cheval

Les Russes étaient déjà des innovateurs dans cette branche avant la guerre de Sept Ans. Chacun des deux bataillons d’artillerie à cheval était composé de cinq compagnies, chacune équipée de 6 canons de 12 lb et 6 canons de 6 lb.

 

Pontoniers

Le régiment de pontonniers était formé de huit compagnies.

 

Pionniers

Chacun des deux régiment se composait de deux bataillons à 1 compagnie de sapeurs and mineurs et 3 compagnies de pionniers.

 

TROUPES HORS-LIGNE

 

Bataillons de garnison

Chaque bataillon était composé de quatre compagnies de mousquetaires. 48 de ces bataillons restaient indépendants, tandis que le reste était assemblé en régiments de deux à quatre bataillons. Le bataillon de garnison de la Garde comprenait trois compagnies.

 

Cosaques

Ces troupes étaient recrutées parmi les peuples qui habitaient une zone frontalière le long de la partie sud de la Russie. En contrepartie de la terre et d'une certaine autonomie, les Cosaques devaient assurer leur propre défense contre les Turcs. En 1805, ils furent organisés en sept voiskos, ou régions : Don, Mer Noire, Sibérie, Orenbourg, Oural, Astrakan et Bug.

 

Chaque voisko avait son ataman ou chef. Les cosaques fournissaient principalement des unités de cavalerie légère irrégulières appelées sotnias. Cependant, plusieurs unités régulières existaient :

1. Le régiment des Cosaques de Tchougouiev ;

2. Une sotnia de l'Oural, appelé Leib Sotnia, était attaché à la Garde ;

3. Le régiment des Cosaques de la Garde était originaire de la région du Don.

 

Cosaques du Don - Un nombre inconnu de régiments, y compris un régiment d'ataman, ont été recrutés dans cette région avec deux batteries d'artillerie à cheval.

Cosaques de la mer Noire - Dix régiments à cheval et dix régiments à pied, chacun de cinq sotnias.

Cosaques d'Astrakan - Pas de force fixe.

Cosaques d'Orenbourg - Un gros régiment de cavalerie.

Cosaques de l'Oural - Dix régiments chacun de cinq sotnias.

Cosaques du Bug - Trois régiments, chacun de cinq sotnias et un régiment de Kalmouks à cinq sotnias.

 

Une sotnia variait en effectif de 100 à 150 hommes.

 

ÉCHELONS SUPÉRIEURS

 

Comme c'était la pratique dans la majeure partie de l'Europe à cette époque, il n'y avait pas de structure formelle supérieure au régiment. Une armée était formée d'un certain nombre de régiments. À partir de ces unités, le commandant en chef déterminait l'organisation des divisions en se fondant sur la taille de l’armée, la nature de sa mission et les qualités de ses généraux. Cette structure était généralement temporaire.

 

1806 - 1807

 

Le désastre d'Austerlitz contraignit l'armée russe à restructurer son système militaire. Les inspections furent supprimées (à l'exception de celles du Caucase, d'Orenbourg et de Sibérie) et remplacées par une affectation en divisions permanentes. À l'origine, 13 divisions furent formées. En général chacune rassemblait :

 

1 régiment de grenadiers

1 régiment de Jägers

4 régiments de mousquetaires

2 régiments de cavalerie lourde

1 régiment de cavalerie légère

2 batteries lourdes

3 batteries légères

1 batterie d'artillerie à cheval

 

En outre, l'artillerie fut transformée. Des brigades à peu près équivalentes aux anciens bataillons, furent formées. Elles étaient numérotées de 1 à 18. En dehors de la désignation, il y avait les brigades de Géorgie, de Sibérie et du Caucase. La composition de la brigade pouvait varier, mais en général était la suivante :

 

1 à 2 batteries lourdes

2 à 3 batteries légères

1 batterie d'artillerie à cheval

 

Huit des brigades avaient une compagnie de pontoniers. Trois brigades de réserve furent formées pour Saint-Pétersbourg, Kiev et Moscou. Deux de ces brigades contenaient six batteries lourdes, tandis que l'autre contenait trois batteries lourdes et deux compagnies de pontonniers. Un troisième bataillon sera ajouté aux régiments de sapeurs-pionniers.

 

GARDE

Le régiment des Jägers de la Garde fut renforcé pour devenir un régiment à deux bataillons.

 

INFANTERIE

Au début de 1806, neuf nouveaux régiments de mousquetaires avaient été levés et, plus tard dans l'année, dix autres furent ajoutés. Le nombre de divisions a été porté à dix-huit.

 

CAVALERIE

La cavalerie était également renforcée. Six nouveaux régiments de dragons, les uhlans « Grand-duc Constantin », qui reçoivent la lance, et un nouveau régiment de hussards sont formés.

 

UNITÉS DE GARNISON

Avec la formation d’un nouveau bataillon, les régiments étaient numérotés de 1 à 22.

 

MILICE

La Russie fait ses premiers pas en vue d'organiser une milice. L'armée s'en remet aux nobles en leur qualité de propriétaires de leurs serfs. Les bataillons sont formés autour de cadres pris parmi les soldats à la retraite, mais ils sont mal armés. Sept conscriptions sont formées, dont trois mobilisées en février 1807. Les bataillons seront prêts mais n'auront jamais l'occasion de participerà l'action et seront dissous peu après. La plupart des autres unités de la milice subiront le même sort, à l'exception d'un bataillon de milice impériale, levé sur les terres du Tsar et ajouté à la garde impériale.

 

1807

 

En préparation d'une nouvelle campagne, d'autres unités sont formées :

a. Deux nouvelles divisions (19e et 20e) du Caucase ;

b. Des régiments de Jägers (27 à 32) ;

c. Un régiment de hussards et un régiment de uhlans ;

d. Deux brigades d'artillerie (19e et 20e) de Géorgie et du Caucase ;

e. À la fin de l'année, les 21e et 22e brigades et plus tard encore, la 23e brigade de Sibérie ;

f. Au cours de l'année, le bataillon de la milice de la garde est devenu le régiment finlandais (Jägers) à deux bataillons et une demi-compagnie d'artillerie, attachée à cette unité, entre dans le bataillon d'artillerie de la garde.

 

ARTILLERIE

Chaque brigade se compose désormais de 6 batteries lourdes (exception : la 19e et la 20e de Sibérie n'avaient pas d'artillerie lourde), 2 batteries légères, 1 batterie à cheval et 1 compagnie de pontonniers.

 

LA DIVISION

 

Bien que la structure des divisions différa quelque peu entre les unités, la division type comprenait une brigade de cavalerie, trois brigades d'infanterie, de l'artillerie et des Cosaques. La brigade de cavalerie alignait deux régiments de cavalerie lourde et un régiment de cavalerie légère. Les deux régiments lourds (cinq escadrons chacun) étaient soit deux régiments de dragons, soit un régiment de dragons et un régiment de cuirassiers. Le régiment de cavalerie légère était habituellement un régiment de hussards. Les brigades d'infanterie comprenaient un régiment de grenadiers, quatre à cinq régiments de mousquetaires et un à deux régiments de Jägers. L'artillerie se composait de deux batteries lourdes, de deux à trois batteries légères et d'une batterie d'artillerie à cheval. Il y avait généralement une compagnie de pionniers attachée à l'artillerie. Le contingent de Cosaques était généralement de deux régiments. La structure de la division n'était en aucun cas fixée après le début de la campagne. Fréquemment, les régiments de Jägers, les régiments de cavalerie légère et l’artillerie à cheval étaient détachés pour former des unités d'avant-garde indépendantes.

 

1808

 

Il n'y eu que des changements mineurs cette année-là. Les 23e et 24e divisions furent levées à Orenbourg et en Sibérie, et un nouveau régiment d'infanterie à partir d'unités tirées de la garnison de Dantzig. Le régiment des mousquetaires de Rostov fut rebaptisé « comte Arakcheyev » en l'honneur d'un confident du Tsar. Ces sera le seul homme ainsi honoré. Le régiment des Cosaques de Tchougouiev est converti en régiment de uhlans.

 

1809

 

GARDE

Deux régiments de ligne (Leib Grenadiers et Mousquetaires de Kexholm) sont affectés en permanence à la 1re Division (la Garde).

 

INFANTERIE

Deux nouvelles divisions, les 25e et 26e sont formées. La structure divisionnaire était fixée à trois brigades de deux régiments chacune. Cette organisation réglementaire sera respectée pour les divisions 1 à 23 mais les suivantes seront un peu plus faibles.

 

CAVALERIE

Le régiment de Uhlans Grand-duc Constantin est affecté à la cavalerie de la Garde. Ses dix escadrons sont utilisés pour former deux régiments à cinq escadrons chacun, un de uhlans et un de dragons.

 

TROUPES DE GARNISON

Deux nouveaux régiments de garnison sont formés à partir des bataillons existants, ce qui donne un total de 64 régiments de garnison. L'artillerie de garnison fut formée de neuf conscriptions de six à neuf compagnies chacune, soit un total de 69 compagnies. Une quatrième compagnie est jointe au bataillon de garnison de la Garde.

 

COSAQUES

Les Cosaques de Crimée sont formés en quatre régiments de cinq sotnias chacun plus deux batteries d'artillerie à cheval. Les Cosaques de Sibérie fournissent dix régiments de cavalerie et deux batteries d'artillerie à cheval.

 

1810-1811

 

En juin 1810, l'armée russe comprend :

 

GARDE

3 régiments d'infanterie

(chacun à 3 bataillons sauf un qui en avait 4, avec 764 hommes par bataillon)

1 régiment de Jägers

1 bataillon de Jägers de Finlande

2 régiments de cuirassiers

1 régiment de dragons

1 régiment de hussards

1 régiment de uhlan (escadrons à 159 hommes)

1 régiment de Cosaques

1 bataillon d'artillerie

1 compagnie d'artillerie à cheval

1 bataillon de garnison

 

INFANTERIE

13 régiments de grenadiers

96 régiments d'infanterie

(à 3 bataillons de 738 hommes chacun)

32 régiments de Jägers

 

CAVALERIE

6 régiments de cuirassiers

36 régiments de dragons

11 régiments de hussards (escadrons à 151 hommes)

5 régiments de uhlans

 

ARTILLERIE

25 brigades dont :

16 à 6 companies

7 à 5 companies

2 à 4 companies

(chaque compagnie comptant 240 hommes)

2 régiments de pionniers

 

GARDE

À la fin de 1811, le régiment de Lituanie (deux bataillons) est formé à partir du quatrième bataillon du régiment Preobrajenski (maintenant trois bataillons). L’artillerie de la Garde devient une brigade composée d’une batterie à cheval, de deux batteries lourdes et de deux batteries légères.

 

INFANTERIE

Cette période est marquée par une réorganisation à grande échelle des régiments d’infanterie. Chaque régiment comprend désormais trois bataillons à quatre compagnies chacun. Chaque compagnie est subdivisée en deux sections.

 

Les régiments de grenadiers (y compris la Garde) passent à trois bataillons de fusiliers, chaque bataillon comprenant une compagnie de grenadiers et trois compagnies de fusiliers. La compagnie de grenadiers est composée d'un peloton de grenadiers et d'un peloton de tirailleurs, bien que dans la pratique, il n'y ait guère de différence réelle entre ces deux pelotons. Le régiment d'Arakcheyev devient régiment de grenadiers.

 

Les régiments de mousquetaires sont renommés régiments d'infanterie et organisés selon les mêmes lignes que les régiments de grenadiers, sauf que le terme mousquetaires a remplacé celui de fusiliers.

 

Les régiments de Jägers se composent de trois bataillons de Jägers avec chaque bataillon comprenant une compagnie de Jägers-grenadiers et trois compagnies de Jägers. La compagnie de Jägers-grenadiers se compose d'un peloton Jägers-grenadiers et d'un peloton de Jägers-carabiniers. Le nombre des régiments de Jägers est porté à 50 en transformant quatorze régiments d'infanterie en régiments de Jägers et en levant de nouveaux régiments. En 1811, dix nouveaux régiments d'infanterie et trois régiments de Jägers sont formés en convertissant des régiments de garnison. 

 

À l'exception des régiments de la Garde, les deuxièmes bataillons de tous les régiments d'infanterie étaient désignés comme dépôt du régiment et ne servaient normalement pas sur le terrain. Les compagnies de grenadiers de ces bataillons étaient regroupées en bataillons de « Grenadiers réunis », chaque bataillon étant composé de quatre compagnies. Ces bataillons étaient généralement embrigadés dans des formations de réserve.

 

La 27e division est formée et encore plus tard en 1811, les 28e et 29e divisions sont créées à partir des garnisons d'Orenbourg et de Sibérie.

 

CAVALERIE

En 1810, les régiments de cavalerie sont regroupés en huit divisions de cavalerie indépendantes, 2 divisions de cuirassiers et une division de cavalerie de la Garde. En 1811, deux nouveaux régiments de cuirassiers sont formés.

 

ARTILLERIE

En 1811, l'artillerie à pied est organisée en 26 brigades. En général, chacune comprend 1 batterie lourde, 2 batteries légères, 6 batteries de réserve, 4 compagnies de dépôt. Les compagnies à cheval et les pontonniers deviennent indépendants. Ceux-ci opèrent désormais en compagnies indépendantes.

 

TROUPES DE GARNISON

En 1810, 105 bataillons de garnison sont répartis dans 25 divisions, dont quatorze à six régiments d’infanterie, deux régiments de cavalerie lourde et un de cavalerie légère. Trois divisions avaient huit régiments d'infanterie et pas de cavalerie. À l'exception de la division de la Garde, les autres étaient organisées de la même manière mais avec moins de régiments. Ces divisions furent distribuées entre trois armées, cinq divisions et trois divisions restant indépendantes.

 

En 1811, 52 bataillons de garnison sont dissous. Les meilleures de ces unités forment dix nouveaux régiments d'infanterie et trois régiments de Jägers. 26 régiments demeurent. Ils comprennent maintenant jusqu'à six bataillons chacun. Les autres unités dissoutes sont utilisées pour créer 46 nouvelles compagnies des forces intérieures et jointes aux 46 du corps des forces gouvernorales forment 46 demi-bataillons. De ces bataillons, huit conscriptions se composent de deux à quatre brigades chacune. Chaque brigade est composée de deux à trois demi-bataillons. Les fonctions de garnison sont dorénavant confiées à 35 unités d'invalides mobilisées.

 

COSAQUES

Deux nouveaux régiments sont levés, l'un chez les Kalmouks et l'autre chez les Bashkirs.

 

INFANTERIE DE MARINE

Quatre régiments sont levés en 1811. Les trois premiers entrent dans la 25e division, le quatrième dans la 28ème division.

 

1812

 

La Russie finit par trouver sa participation au système continental ruineuse pour son économie et elle s'en retire en 1811. C'est ce que prévoyait l'Angleterre depuis 1807. Cette action équivalait à une déclaration de guerre. Malheureusement, la Russie était toujours engagée dans une de ses guerres perpétuelles avec la Turquie, qui mobilisait des forces considérables dans le Sud. A cette époque, son armée alignait les unités suivantes :

 

14 régiments de grenadiers

96 régiments d'infanterie

50 régiments de Jägers

97 bataillons de garnison

8 régiments de cuirassiers

36 régiments de dragons

5 régiments de uhlans

11 régiments de hussards

Total : 498 battalions et 409 escadrons.

 

ÉCHELONS SUPÉRIEURS

Au début de 1812, le commandant en chef des armées Barclay de Tolly décida l'abandon du concept de divisions mixtes, en vogue à l'époque, pour lui substituer une structure similaire au modèle français. Le corps d'armée faisait son entrée. Au début de la campagne, le concept du corps n’est que vaguement observé. En général, chaque corps contenait les unités suivantes :

 

2 divisions d'infanterie

1 division ou brigade de cavalerie

2 brigades d'artillerie à pied

1 batterie d'artillerie à cheval.

 

L’identification des division changea conformément à la réorganisation de 1812. La division de la Garde ne figurait plus parmi les divisions de ligne, libérant ainsi le numéro 1. Les divisions de grenadiers étaient désormais désignées 1ère et 2e, l’ancienne 2e division devenant la 11e. L'ancienne 11e division était à son tour fractionnée. Les 23e et 24e divisions sont combinées pour devenir la 23e division. La 25e division devient la 24e, etc.

 

Au cours de l'année, de nouvelles divisions sont ajoutées à l'ordre de bataille. Trois divisions de grenadiers réunis sont constituées à partir des compagnies de grenadiers du 2e bataillon (dépôt) des régiments d'infanterie. Les dépôts des 6 régiments d'une division d'infanterie contribuent à former 1 compagnie pour créer 2 bataillons, chacun à 3 compagnies. Ces bataillons seront ensuite affectés aux brigades des divisions des grenadiers réunis. Il convient de noter que ces hommes représentaient simplement les meilleurs hommes disponibles dans les dépôts à l’époque et étaient donc appelés "grenadiers".

 

Plus tard, le reste de ces dépôts, bataillons de garnison et troupes intérieures ont été utilisés pour créer davantage de divisions. Peu après l'invasion française, le nombre des divisions d'infanterie est passé à 36 et celui de cavalerie à 12. Ces nouvelles divisions ont été utilisées pour former deux corps de réserve et pour servir de garnisons. À la fin de 1812, le nombre des divisions d'infanterie sera de 47. Une division typique, la 32e, était composée des bataillons de dépôt des 1ère, 11e et 23e divisions. Chaque bataillon comptait environ 300 hommes.

 

GARDE

Deux nouvelles unités d'infanterie seront ajoutées en cours d'année :

a. Les équipages de la Garde, unité à l'imitation des Marins de la Garde de Napoléon. Une demi-compagnie d'artillerie lui était attachée.

b. Sapeurs, unité à quatre compagnies dont deux de mineurs et deux de sapeurs.

c. Une quatrième compagnie est ajoutée au bataillon de garnison.

 

INFANTERIE

Chaque division d'infanterie aligne maintenant trois brigades dont deux d'infanterie et une troisième de Jägers. Les régiments de grenadiers sont rassemblés dans deux divisions de grenadiers à trois brigades similaires chacune. Toutes les brigades sont généralement à deux régiments. Deux autres régiments de grenadiers qui étaient laissés sans affectation seront ensuite intégrés à la Garde.

 

CAVALERIE

La cavalerie est réorganisée en 2 divisions de cuirassiers, 8 divisions de cavalerie (contenant quatre régiments de dragons et deux de hussards ou uhlans), et 4 régiments de dragons non affectés aux divisions.

 

Les régiments de cavalerie avaient été quelque peu réorganisés. Les régiments lourds comprenaient désormais quatre escadrons de campagne et un escadron de dépôt, les régiments de cavalerie légère huit escadrons de campagne et deux escadrons de dépôt. Mais cette mesure ne durera pas, car au cours de l'année, la constitution des régiments de cavalerie de ligne sera fixée à six escadrons de campagne et un escadron de dépôt.

 

Dix-huit régiments de dragons seront transformés en d'autres types de cavalerie. Le reste sera organisé en quatre divisions de quatre régiments, chacune laissant deux régiments sans affectation. Ces deux dernières unités sont restées indépendantes. Les autres régiments de dragons ont été convertis comme suit :

2 régiments sont devenus des cuirassiers ;

1 régiment est devenu des hussards ;

7 régiments sont devenus des uhlans ;

8 régiments deviennent chasseurs à cheval. Cette conversion était une renaissance d'un type de cavalerie qui avait disparu. Ces troupes étaient organisées en deux divisions à quatre régiments chacune qui opéraient en tant que corps.

 

ARTILLERIE

L'artillerie était désormais organisée en 27 brigades de campagne et 10 brigades de réserve. Chaque brigade de campagne contenait une ou deux batteries lourdes et généralement deux batteries légères.

 

La restructuration de l'artillerie laissait :

44 batteries lourdes à huit canons de 12 lb, quatre licornes de 18 lb ;

58 batteries légères à huit canons de 6 lb, quatre licornes de 9 lb ;

22 batteries à cheval composées de douze canons de 6 lb.

 

Chaque compagnie d'artillerie comprenait 220 hommes.

  

COSAQUES

Les Cosaques du Kamtchatka sont transformés en un régiment à cheval et un régiment à pied. Les Cosaques d'Ukraine forment quatre régiments de huit sotnias chacun.

 

MILICE (OPOLTCHENIE)

En juillet 1812, une levée en masse est décrétée. Elle conduit à la formation d'un grand nombre d'unités de milices mal habillées et armées, provenant des régions suivantes :

 

Moscou : 3 régiments de Jägers, 5 régiments de Cosaques à pied, 1 régiment de Cosaques à cheval, 1 régiment de hussards (qui passera dans la ligne en 1813)

Twer : 5 régiments de Cosaques à pied, 1 régiment de Cosaques à cheval

Jaroslav : 5 régiments de Cosaques à pied, 1 régiment de Cosaques à cheval

Riazan : 2 régiments de Jägers, 4 régiments de Cosaques à pied, 1 régiment de Cosaques à cheval

Toula : 2 régiments de Jägers, 4 régiments de Cosaques à pied, 2 régiments de Cosaques à cheval

Kaluga : 1 régiments de Jägers, 6 régiments de Cosaques à pied, 1 régiment de Cosaques à cheval

Vladimir : 6 régiments de Cosaques à pied

St. Petersbourg : 15 régiments de Cosaques à pied

Novgorod : 12 régiments de Cosaques à pied

Njegorod : 5 régiments de Cosaques à pied, 1 régiment de Cosaques à cheval

Kostroma : 4 régiments et 1 bataillon de Cosaques à pied, 1 régiment de Cosaques à cheval

Simbirsk : 4 régiments de Cosaques à pied, 1 régiment de Cosaques à cheval

Don : 26 régiment de Cosaques à cheval, 1/2 batterie d'artillerie à cheval

Orenbourg : 24 régiments de Cosaques à cheval

Petite Russie : 9 régiments de Cosaques à cheval

 

Kherson : 1 escadron de Skarjinsky

Vologda : Cosaques et tirailleurs volontaires

Olonetz : idem

 

TROUPES DE GARNISON

Quatre nouvelles compagnies d'artillerie de garnison sont créées dans la nouvelle conscription du Danube en territoire acquis des Turcs.

 

LA LÉGION RUSSO-ALLEMANDE

Lorsque le duché d'Oldenburg fut saisi par Napoléon en 1810, le duc Pierre s'enfuit en Russie puisque que sa femme était une sœur du tsar. Là, il commença la formation d'une Légion recrutée parmi des Allemands ayant fui la domination française et des prisonniers de guerre de nationalités variées pris en Russie. Elle se composait de :

 

7 bataillons d'infanterie,

1 bataillon de Jägers,

2 régiments de hussards,

2 batteries à cheval.

 

Toutes les unités étaient organisées sur le modèle russe.

 

1813

 

GARDE

L'infanterie était maintenant organisée en deux divisions :

 

1ère division

1ère brigade : régiments Preobrajenski et Semenovski

2e brigade: régiments Ismailovski, Jägers (garde de la vie) et Équipages

 

2ème division

1ère brigade : régiments Lituanie et Leib Grenadiers

2e brigade: régiments des grenadiers de Pavlov, Finlande (Jägers) et Sapeurs

 

Les trois premiers régiments de chacune de ces divisions furent qualifiés de « lourds ». Un régiment de cuirassiers de la garde devint Gardes du Corps.Trois batteries d'artillerie rejoignirent la Garde, une lourde, une légère et une à cheval.

 

INFANTERIE

Deux régiments de grenadiers entrèrent dans la garde (Leib et Pavlov) et deux nouveaux régiments d'infanterie furent convertis en grenadiers pour les remplacer.

 

COSAQUES

Les Cosaques Don levèrent une troisième batterie à cheval.

 

1814

 

GARDE

Le régiment des chasseurs à cheval est formé à Versailles après l'abdication de Napoléon. Deux nouvelles batteries d'artillerie à cheval sont ajoutées.

 

INFANTERIE

Six régiments de Jägers devinrent des « Jägers-Grenadiers » formant trois brigades. Les régiments de grenadiers étaient répartis en trois divisions de trois brigades chacune. L'une de ces brigades était un régiment de Jägers-grenadiers.

 

CAVALERIE

Trois corps de cavalerie furent formés formés, composés chacun de quatre régiments uhlans et d'un régiment de cuirassiers. Les régiments de hussards étaient organisés en trois divisions.

 

ARTILLERIE

L'artillerie à pied comptait désormais 28 brigades avec une brigade assignée à chaque division d'infanterie. En outre, il y avait 22 batteries à cheval et onze batteries légères indépendantes. Des batteries lourdes étaient stationnées en Géorgie et une lourde et une légère sur la frontière d’Orenbourg. Les pontoniers comprenaient 24 compagnies dont huit seulement étaient équipées de ponts.

 

MILICE

Presque toutes les unités ont été dissoutes en octobre.

 

1815

 

GARDE

Un nouvel escadron de cosaques de la mer Noire est levé.

 

 


05/08/2018
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