L'ÂGE DES AIGLES (FIRE & FURY NAPOLEONICS)

L'ÂGE DES AIGLES (FIRE & FURY NAPOLEONICS)

Charges et contre-charges d'opportunité : pour ou contre ?

Mark Driessen :

 

Messieurs, nous pouvons mal interpréter les choses. Pouvez-vous nous aider à résoudre ces anomalies constatées :

1. Pendant sa phase de mouvement, une brigade d'infanterie en colonne de manoeuvre expose son flanc au front d'une brigade de cavalerie ennemie à seulement 2" de distance, alors qu'elle charge une brigade d'infanterie ennemie à 7" de distance. Mais comme la cavalerie ne peut que contre-charger de la cavalerie, il lui est interdit de réagir. Il me semble que tout commandant de cavalerie digne de ce nom aurait attaqué une brigade d'infanterie lui exposant son flanc alors qu'elle passe devant son front.

2. En terrain découvert, une batterie à pied ennemie est attachée au flanc d'une brigade de cavalerie. Une brigade d'infanterie charge la batterie. La brigade de cavalerie à laquelle elle est attachée ne peut pas contre-charger, étant donné que les attaquants sont de l'infanterie et non de la cavalerie, seule contre-chargeable, ni défendre sa batterie attachée puisque l'infanterie ne pouvant pas charger de la cavalerie non désorganisée, celle-ci ne pourrait s'interposer. Il me semble que la cavalerie contre-chargerait n'importe quelle infanterie se rapprochant de son artillerie attachée, une tactique commune à cette époque.

3. Deux unités de cavalerie sont positionnées côte à côte. Les deux unités à distance égale souhaitent contre-charger une unité de cavalerie ennemie qui charge dans leur direction. Mais le commandant de l'unité de cavalerie ennemie qui charge leur conteste le droit de contre-charger, au motif qu'il a seulement l'intention d'attaquer l'une d'entre elles. Il semble que les deux unités de cavalerie devraient pouvoir contre-charger puisque l'attaquant est sur leur front.

Une solution possible à ces trois problèmes pourrait être de permettre à la cavalerie non désorganisée de contre-charger les unités ennemies, qu'elles soit d'infanterie ou de cavalerie, se trouvant à moins de 5" de son front.

 

Phil Callcott :

À mon humble avis

Réponse au cas 1. L'infanterie sera chargée par la cavalerie dans son Segment suivant, et là, ce sera permis. C'est en ce sens que le tour est divisé en deux Segments dans lesquels les seules réactions immédiates autorisés sont les tirs défensifs et les contre-charges de cavalerie.

Réponse au cas 2. La réponse est dans le mot "attaché". À tous égards, les deux unités attachées forment un tout, et vous ne pouvez pas choisir de charger seulement la batterie d'artillerie, qui fait partie intégrante de ce tout.

Réponse au cas 3. Ces deux « unités » sont des brigades avec des structures de commandement distinctes. En l'absence de communication radio, on ne peut s'attendre à ce qu'elles coordonnent rapidement une contre-attaque groupée. Comme dans le cas 1 ci-dessus, une brigade va être lente à réagir à la menace et se faire charger dans la phase suivante, j'espère...

 

Mark D. Pawelski :

Le mot clé dans vos questions est "brigade". Alors que ce flanc exposé peut être enfoncé par un colonel réactif, il est plus difficile de coordonner l'ensemble d'une brigade pour lancer une charge de cavalerie à temps.

 

Drew Jarman :

Dans ADA, 2" c'est 280 mètres. Un brigadier de cavalerie pouvait parler, ou plutôt crier, de loin à un colonel quelque part à l'arrière, c'est vrai, mais en général sur un champ de bataille il fallait se tenir côte-à-côte et se parler en hurlant si l'on voulait être entendu. Il peut aussi avoir reçu l'ordres de tenir sa position pour empêcher un débordement ennemi par exemple. Si sa mission lui semble importante, est-ce qu'il risquerait sa brigade dans une charge imprudente juste pour un peu de gloire ? C'est tout celà que sous-tend l'interdiction de contre-charger n'importe qui passant à portée.

 

Bill Haggart :

Je suis vos échanges depuis le début, et je ne sais pas pourquoi les arguments ci-dessus, qui vont dans le même sens que ceux d'avant, s'appliqueraient à toutes cible d'infanterie, mais pas de cavalerie. Faire charger une brigade de cavalerie pour profiter d'une opportunité n'était pas plus difficile que de faire charger un simple régiment de cavalerie. Même processus dans les deux cas. Si la brigade est en formation, elle charge au commandement. Est-ce que charger le flanc d'une colonne ou d'une ligne qui passe ou vient vers vous est plus compliqué ? Est-ce plus téméraire que de contre-charger une colonne de cavalerie ? Je pense que nous essayons d'appliquer une règle au pied de la lettre, plutôt que de se demander comment la cavalerie opérait, et ce qu'un général de brigade de cavalerie ferait dans une situation similaire sur un champ de bataille napoléonien.

 

Drew Jarman :

Peut-être parce que le mouvement intervenant en 30 minutes, et que les distances franchissables aux formations d'infanterie sont faibles par rapport à leur vitesse de marche réelle, nous devons comprendre que dès que la cavalerie commencera à bouger dans sa direction, la brigade d'infanterie s'arrêtera pour se former en carrés, réaction la plus appropriée dans une telle situation. Alors ça se transformera en une confrontation mexicaine, où chacun se regarde en chiens de faïence, puisque la cavalerie sait que charger serait inutile. Il s'agit d'engager l'infanterie par surprise. Mais si l'infanterie est asez loin de la cavalerie, elle aura tout son temps pour réagir si elle la voit bouger, vous ne croyez pas ?

 

Wilbur Gray, auteur :

En fait, bien qu'il y ait des raisons historiques valables de faire de cette façon, une autre était simplement de ne pas encombrer le système avec autant de règles supplémentaires au risque d'en tuer l'élégante simplicité.

 

Mark D. Pawelski :

Cependant, la situation telle que décrite n'a été autorisée qu'une seule fois (dans la 1ère édition), à savoir qu'une brigade d'infanterie pouvait former volontairement un carré si la cavalerie se trouvait à moins de 5" et sur son flanc.

 

Mark Driessen :

Excellents commentaires de certaines personnes très réfléchies. Je suis d'accord avec l'auteur en ce que la solution ne doit pas perturber les mécanismes du jeu. Je suis également d'accord avec les commentaires de Bill selon lesquels la capacité de contre-charger de la cavalerie n'est pas différente de la capacité de contre-charger de l'infanterie. Drew a abordé ce sujet, mais je crois que le problème est mal interprété en traitant la contre-charge comme un mouvement et non comme une réaction. La contre-charge ne commence pas tant que l'attaquant n'a pas atteint une distance susceptible de déclencher une réaction. C'est ma règle maison que je propose :

1. Une contre-charge de cavalerie est une réaction qui ne commence pas avant que l'attaquant ne soit arrivé à 2" sur son front. La distance de 2" est conforme à la règle selon laquelle une unité de cavalerie doit être capable de se déplacer de 2" vers l'avant pour initier une contre-charge. Ces 2" représentent 280 mètres, distance à laquelle la cavalerie se reconnaît menacée par un ennemi qui avance vers elle.

2. Une contre-charge de cavalerie peut être lancée contre toute cavalerie, infanterie ou artillerie ennemie arrivant à la distance de 2".

Cette proposition permettra à la cavalerie de protéger l'artillerie attachée ou proche. La restriction à 2'' pour contre-charger garantit que les tirailleurs ennemis ne déclencheront pas de contre-charge réactive. La restriction de 2" annulera également les inquiétudes de certains quant à la formation en carrés, puisque l'infanterie attaquée par la cavalerie à 2" de distance ne peut pas former de carrés.

 

Mike Leese :

Si vous revenez à une règle du niveau bataillon de 1976 en mouvement simultané, il y avait une position pendant le mouvement appelée la « distance de séparation » minimale. Pour l'infanterie elle était de 2" et pour la cavalerie de 6". Le tour valait 2,5 minutes, l'échelle au sol était 1" = 20 mètres et la vitesse de la de cavalerie lourde était de 10". C'était pour du 25mm. Les figurines de 20 cavaliers lourds occupaient un front de 15" (bases de 0.75" de large).

Maintenant, le problème dont nous parlons ici est exactement le même. Quelqu'un fait un mouvement stupide et il le découpe en fractions de mouvement, ajoutant des heures à la partie. Regardons plutôt ce que nous faisons avec la règle telles qu'elle est :

1) Est-ce que le mouvement est réellement autorisé par la règle, à savoir qu'une brigade de cavalerie peut se déplacer en passant devant le front d'une autre brigade de cavalerie ? (O / N)

2) Si oui, alors cette autre brigade de cavalerie peut-elle charger en soutin d'une brigade amie ou contre-attaquer une unité ennemie ? (O / N)

3) Si non, alors ceci, je pense, est une question de moral, à savoir "être pris en flanc ou changer de formation".

J'ai été surpris par cela comme l'était Phil. C'est là que vous vous concentrez sur la cible et oubliez de vous souvenir du code routier des piétons : "Arrêtez-vous, regardez, écoutez et réfléchissez". Cependant, l'appliquer en jouant à ADA peut s'avérer très utile.

 

Wilbur Gray :

Voici mes commentaires. BOFF n'avait rien prévu de ce genre, mais pour moi, la contre-charge semblait être un casse-tête car je n'imagine pas qu'un commandant de cavalerie pris pour cible se laisserait charger sans réagir, à moins de circonstances très exceptionnelles. Ce que vous proposez maintenant est quelque chose que l'on appelait autrefois "charge d'opportunité". Voici quelques réflexions à ce sujet :

1. Le commandant de corps prend des décisions et déplace ses brigades.

2. Cependant, historiquement, les charges d'opportunité n'étaient pas automatiques. Le corps de dragons de Grouchy à Friedland par exemple, reste tranquille alors que toute l'armée russe vaincue se replie en passant directement devant lui avec la rivière Alle infranchissable sur son autre flanc. Se défendanrt de n'avoir rien fait en l'absence d'ordres (Napoléon aurait dû s'en souvenir en 1815), Grouchy s'est contenté de rester sur place, peut-être même en faisant un "au revoir" de la main. Quand il reçu enfin un ordre pour charger en vitesse et tailler les Russes en pièces, il était trop tard.

3. Nous pourrions introduire un test immédiat et hors séquence sur la Table des mouvements, à titre de prérequis à la charge d'opportunité, avec un DRM négatif.

4. Si nous autorisons les charges d'opportunité, devons-nous les autoriser pour les unités engageant la charge initiale, ou autoriser également des contre-charges d'opportunité sur les charges d'opportunité initiales ?

Après quelques tests, j'ai simplement décidé que l'impact et l'intérêt historique pour le jeu étaient assez faibles comparés à la complexité ajoutée. C'est pourquoi j'ai regretté d'avoir ajouté une modification des conditions de charge dans la 2e édition.

 

Doug Boggess :

Nous avons joué Iena 1806 le week-end dernier. Les hussards saxons ont chargé dans le milieu de l'armée française qui se portait en avant, ont battu une unité de cavalerie plus nombreuse, et sont restés là, en désordre, jusqu'à ce que l'artillerie française ne les ait entièrement détruits. Mais au sujet de la discussion, l'infanterie d'Augereau traversa des bois pour engager l'infanterie saxonne, la repoussa, s'empara du terrain abandonné, sortit des bois à portée de deux autres unités de cavalerie saxonne, auxquelles leur score sur la table de mouvement tactique n'autorisa qu'une demi-vitesse. Elles ne pouvaient/ne voulaient pas charger l'infanterie française. Pour citer un vieil ami : "C'est la vie !"

 

Hazelbark2005 :

Entièrement d'accord avec vous. Je pense que nous oublions souvent combien les structures de commandement étaient totalitaires dans toutes les armées durant cette période, et il y a de nombreux exemples d'ordres suivis à la lettre. Je veux dire que même certains de nos favoris étaient très prudents quand il y avait un plus haut gradé à proximité. Beaucoup de maréchaux ont gagné leur baton pour des actions très tactiques et héroïques. Commander la charge à une division entière est une décision grave et risquée. Surtout quand le patron voulait vous garder au repos pour poursuivre plus tard un ennemi.

 

Grech David :

Notre expérience lors d'une partie sur les Quatre Bras : Ma division de cavalerie française tourna le flanc gauche allié avec sa batterie à cheval déployée derrière le ruisseau, les deux brigades de cavalerie sur chaque flanc mais non attachées. Une brigade de cavalerie ennemie chargea à travers le ruisseau sans être gênée par les deux brigades de cavalerie flanquantes, fut mise en désordre mais parvint facilement à vaincre la batterie fraîche écrasée par le nombre. Et ensuite fit une percée sur la brigade de cavalerie à l'arrêt et débordée. Au moins, une batterie à cheval derrière un ruisseau devrait avoir la possibilité d'atteler et fuir !

 

Mark Driessen :

Je suis très intrigué par les commentaires provocateurs de Bill Gray qui suscitent la réflexion. Je ne peux pas penser à des charges d'opportunité menées par des divisionnaires ou des chefs de grades inférieurs, même si je suis certain qu'elles se sont prduites. Parmi les contre-charges de cavalerie les plus mémorables, il y a Rapp à Austerlitz ou les Lanciers de la Garde défendant la Grande Batterie contre Uxbridge à Waterloo. Beaucoup de wargames que j'ai joués permettent des contre-charges de cavalerie (par exemple Black Powder ou Napoleon's Battles, qui permettent de retarder le mouvement d'une unité de cavalerie puis de la bouger en réaction dans le segment adverse, à condition qu'elle ne bouge pas pendant son propre segment. J'aime vraiment votre suggestion d'envisager de soumettre la cavalerie avant une contrecharge à un teste sur la Table des mouvements avec un -3 pour représenter la témérité du commandant qui donne l'ordre.

 

Mike Leese :

La meilleure chose à faire est de jouer comme vous le voulez. Cependant, je m'en tiendrai pour ma part aux règles. C'est plus simple.

 

James C O'Neil Jr :

Beaucoup de points très valables rélevés. Je doute que l'affaire Grouchy soit la plus historique. Il faudrait un chef avec beaucoup d'initiative et de confiance en lui pour comprendre les intentions de ses commandants quand ils chargent sans ordre. Je peux voir un général Lannes ou LaSalle le faire, mais pas beaucoup d'autres. Pour moi, je limiterais la capacité de charge/contre-charge d'opportunité aux chefs de cavalerie avec au moins + 1 de DRM d'initiative. Cela, bien sûr, favorise davantage les Français, comme s'ils avaient besoin d'encore plus d'avantages !

 



21/05/2018
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